09 janvier 2012

Le Préfet du Lot aime le Cahors Malbec... moi aussi

Je reçois ce matin le Flash Info de l’UIVC daté du 8 janvier 2012

On peut y lire que lors de la traditionnelle cérémonie des voeux, M. Le Préfet du Lot, Bernard Gonzalez, a réservé une place de choix au vin de Cahors et à la stratégie Cahors Malbec, menée ces dernières années par l'Interprofession.
 
Nos confrères de La Dépêche du Lot n'en sont pas revenus: "Le préfet avait choisi décorer le salon rouge de la préfecture aux couleurs du Cahors Malbec, à l’occasion de ses voeux aux forces vives lotoises. Dégustation à la clé. L’Interprofession lui a remis la médaille de grand ambassadeur".

Plus surprenant encore: L’initiative est venue du préfet lui-même, comme il l'explique. «Depuis six mois dans le département, je constate et j’ai mesuré les efforts consentis par l’interprofession qui se bat à l’international dans un contexte difficile. J’ai voulu mettre l’interprofession et le vin de Cahors à l’honneur. La viticulture est un élément fédérateur dans le Lot. Elle doit être portée par les forces vives du département. Il en va dans l’interprofession comme dans un peloton cycliste: ceux qui sont devant prennent le vent mais ouvrent la voie pour les autres».

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Légende... et réalité des marchés!

 

Saluons l'engagement d'un représentant de L'Etat en faveur de la viticulture, si rare ces derniers temps dans la France officielle, avec sa règle des 2 H (hygiéniste et hypocrite).

Saluons aussi sa clairvoyance. La démarche du Cahors Malbec, qui remet à l'honneur le berceau du Black Wine dans le contexte actuel des marchés internationaux, sans rien lui enlever de sa spécificité, est autrement plus claire que celle qui consiste à vouloir à toute force associer Cahors aux autres vins du Sud Ouest, depuis Irouléguy jusqu'à Gaillac en passant par Madiran, Fronton, Entraygues et Brulhois. Voila des appellations fort respectables, au demeurant, mais avec lesquelles Cahors n'a rien à partager si ce n'est de vagues espoirs de subventions régionales.

La promotion commune, c'est bien sur le papier, mais encore faut-il avoir quelque chose à promouvoir en commun.

Cahors a son identité, c'est elle qui doit être mise en avant, et l'axe du Malbec lui convient beaucoup mieux qu'un relatif anonymat au sein d'une "mêlée Sud-Ouest".

Vanter le Cahors aux clients Américains, Canadiens, Chinois ou Indiens en leur parlant du "Malbec en version originale", voila qui a autrement plus d'impact que de vouloir les initier à la nébuleuse polymorphe des appellations de Guyenne, de Gascogne et des cantons environnants...

Quand les politiques, qu'ils soient régionaux ou nationaux, cesseront de penser administratif pour entrer dans l'ère du pratique, la France valorisera mieux ses atouts.

Enfin, c'est mon humble avis.


Plus d'info: UIVC, +33  5 65 23 82 35
 

00:30 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Tags : vin, vignoble, cahors | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 janvier 2012

Empyrée 2002

En grec, l'empyrée est la plus élevée des quatre sphères célestes, celle du sublime, celle des feux éternels, alias les étoiles...

N'est-ce pas ce qui convient à ce début d'année, dont on ne sait pas encore ce qu'elle nous réservent, les étoiles?

Maintenant que vous savez tout ça (et moi aussi), revenons au vin - ce nom désigne en effet la grande cuvée du Domaine du Bout du Lieu, à Saint Vincent Rive d'Olt. "Un Cahors rare", comme le précisent les élaborateurs, la famille Dimani.

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L'Empyrée 2002

Voyons ça de plus près. Les vignes sont situées à Luzech et à Parnac, de part et d'autre du Lot, qui, à ce endroit, n'en finit pas de faire des boucles. Logiquement, les sols sont de type alluvionaire, on trouve notamment des graves et des argiles rouges.

Côté cépages, c'est simple: 100% Malbec, vignes de 30 ans. Tiens, il y a 30 ans, l'AOC Cahors avait juste 10 ans, c'était encore un sacré pari.

Côté élevage, les Dimani ont choisi l'option longue: 22 mois de fûts neufs (enfin, neufs, ils ne le sont au début!). Vous avez déjà peur? Moi aussi, retrospectivement. Et bien nous avons tort!

Car ce long séjour sous bois fût a gardé intact le fruit noir; ce qui domine, au nez, cependant, ce sont les herbes et épices - poivre, thym, réglisse; du boisé, oui, il y en a, mais c'est plus un "toque", une touche, comme disent nos mais espagnols - une touche grillée, en l'occurrence. La bouche est à la fois serrée - les tannins sont bien présents - et fraîche, vive, élégante. Il y a un je ne sais quoi de fluide et même d'aérien dans ce vin pourtant si dense. Je pense que ça tient à l'acidité.

Spécialement pour mon ami David Cobbold, cette allégorie moto: on sent qu'on a de la puissance entre les cuisses (si j'ose m'exprimer ainsi), mais ça ronronne comme un petit chat, et c'est soyeux comme la selle en astrakan qu'il a toujoyrs rêvé de mettre sur sa Ducati (euhm).

La pintade de Noël a apprécié, en tout cas.

Il est urgent, messieurs-dames, de redécouvrir Cahors! Ou de le découvrir, en ce qui concerne ce domaine, dont je n'avais jamais entendu parler...

 

09:55 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Tags : sud ouest, cahors, vin, vignoble, empyrée | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |