02 octobre 2012

Pour l'été indien, pensez Armagnac!

J'aime l'Armagnac - j'ai passé de belles vacances dans la région, ou pas très loin. En outre, même si je ne suis pas une grand amateur d'eaux de vie, il y a dans celle-ci des arômes qui me transportent - chez moi, l'eau de vie, c'est d'abord le nez. Et puis, généralement, à Condom, à Eauze et environs, les produceurs sont sympas, proches du produit. Toujours est-il que quand le Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac m'envoie un communiqué, j'ai assez envie de vous en faire profiter. Voila, c'est fait:
 
Pour la troisième année, le BNIA s’associe à Châteaux & Hôtels Collection pour proposer une semaine de découverte et de gourmandise autour  de l’Armagnac. Pendant une semaine, les établissements Châteaux & Hôtels Collection, guidés par le BNIA, proposent à leurs convives de découvrir, ou de redécouvrir, les arômes de l’eau-de-vie Gasconne sous toutes ses formes !
 
Le cocktail exclusif Châteaux & Hôtels Collection à l’Armagnac

« L’été indien », tel est le nom du cocktail tout spécialement créé pour les établissements de la marque leader de l’hôtellerie de charme et de la restauration gourmande en Europe. Invitation non dissimulée à prolonger l’ambiance estivale, ce cocktail fruité a une petite touche « Sud‑Ouest » apportée par la rondeur de l’Armagnac. 
 
Pour une coupe de «L’été indien» :

• 1 cl d’Armagnac VSOP 

• 1 cl de jus d’orange pur jus

• 1 cl de crème de pêches 

• 7 cl de champagne brut bien frais
 
Progression : dans un shaker rempli de glaçons, verser le jus d’orange, la crème de pêche et l’Armagnac, remuer. Servir dans une coupe à champagne et terminer avec du champagne.

Armagnac et Gastronomie un accord naturel

L’Armagnac est depuis toujours symbole de gastronomie. Les 50 chefs Châteaux & Hôtels Collection participants cette année ont souhaité faire découvrir l’Armagnac sous toutes ses facettes : dans sa forme traditionnelle d’après-repas, en alliance avec un dessert ou un fromage ou encore pour sublimer un plat.
 
Le jeu-concours 2012

Le partenariat entre le BNIA et Châteaux & Hôtels Collection donne lieu cette année encore à un jeu-concours exceptionnel. Un week-end en Armagnac est à gagner pour découvrir la distillation, mais aussi des cadeaux pour prolonger la découverte de l’Armagnac ou encore des repas dans les établissements Châteaux & Hôtels Collection. 
 
Retrouvez le jeu, les informations sur l’opération, et les établissements participants sur www.chateauxhotels.com ou www.armagnac.fr
 

00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

08 août 2012

"Anything but Braucol"

Gaillac tient une place particulière dans mon affectif vineux.

À l'ère du marketing utile et de l'hyperspécialisation, de l'image forte... des gens qui se donnent la peine de produire à la fois du blanc sec, du blanc liquoreux, du rouge et même de l'effervescent ne peuvent être foncièrement mauvais. Surtout quand ils s'obstinent à utiliser pour ce faire des cépages autochtones aussi peu connus que le braucol ou l'ondenc.

Ce n'est pas demain, à New York et à Pékin, qu'on entendra dans les salons une phrase du genre: "anything but braucol, my dear".

Mais qu'est-ce qui fait le succès d'un cépage au plan international, au fait?

L'effet d'imitation, surtout. Si le chardonnay est tellement planté dans le nouveau monde, c'est que tous les producteurs rêvent de faire aussi bien, voire mieux, que les Bourguignons, quitte à utiliser les mêmes barriques, et parfois même, les mêmes oenologues. Si le cabernet et le merlot sont aujourd'hui présents depuis Adélaïde jusqu'à Modesto en passant par Meknès, Talca ou Stellenbosch, c'est que chaque vigneron croit pouvoir faire aussi bien qu'un grand cru de Bordeaux, et pour moins cher. Ce en quoi ils n'ont pas toujiurs tort, mais c'est un autre débat.

Mon Braucol (alias fer servadou) n'a pas cette attractivité, parce que Gaillac manque de notoriété. Aucun banquier international n'y fait faire son vin, aucun artiste de renom n'en décore les étiquettes. Aucun classement de 1855 ne vient justifier des écarts de prix injustifiables. Aucune de ses parcelles ne se réclame du nom de cru, qu'il soit bourgeois, premier, grand ou classé.

Clément Termes.jpg

Château Clément Termes 2010 (Photo H. Lalau)

C'est bien dommage. Quoique.

Pour les vrais amoureux du vin, les vrais curieux, ceux qui vont au delà de l'étiquette, voilà le vrai Eldorado, la vraie terre de mission. A Gaillac, les prix sont tout petits, les produits variés, ils fleurent l'authenticité comme les grands crus classés fleurent la haute finance ou la fin de carrière, même les Chinois n'ont pas encore songé à les singer, c'est vous dire!

Seul bémol, à mes yeux: l'aire d'appellation est trop vaste, les sols trop divers, il y a à Gaillac de quoi faire 3 ou 4 belles appellations, au sens du lien au terroir. Cette aire a d'ailleurs été considérablement agrandie en 1970, par rapport au décret initial des années 30, un exemple parmi bien d'autres de dévoiement de la notion d'appellation.

C'est d'autant plus dommage que Gaillac à l'histoire pour elle: comme le rappelle Pierre Casamayor, Gaillac est la zone viticole la plus ancienne de France après celles de la Narbonnaise. Plus ancienne que Bordeaux.
Et du côté des effervescents, n'en déplaise à Limoux et à Die, Gaillac pourrait bien aussi prétendre au titre de plus vieille bulle de France...

Je n'ai visité la région qu'une fois, au début de ma carrière, et encore n'était-ce qu'une étape au cours d'un périple qui me menait de Cahors à Fronton en passant par Buzet - invité par l'Association des Vins du Sud Ouest.

Je me rappelle tout de même très bien de deux producteurs: la Cave Coopérative de Labastide de Lévis, et le Château Clément Termes.
Voici peu, j'ai eu l'occasion de déguster deux vins de ces producteurs; le Gaillac Perlé de la première, et le Gaillac rouge du deuxième.
Ils me confirment dans ma bonne opinion. Le rouge de Clément Termes 2010 est parfait à boire aujourd'hui, mais peut encore attendre. J'ai adoré ses petites notes de mûre et de violette, sa structure ferme et suave à la fois.  Sa longueur, aussi. C'est racé, et c'est bien élevé. C'est typé, mais pas rustre. Que demander de plus?

Alors vous aussi, profitez-en! Un jour, peut-être, Clément Termes sera Grand Cru Classé. Hors de prix. Contingenté. Vous devrez supplier pour obtenir votre allocation.

Et puis un jour, encore, il sera has been.

Puis-je ne jamais voir ces jours-là!

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Tags : gaillac, clément termes, braucol | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |