28 novembre 2007

Slovénie, Côté Est

Slovénie (n.fém.) : petit pays d’Europe centrale, issu de l’ancienne Yougoslavie. 2 millions d’habitants (les Slovènes). Capitale : Ljubljana. Vignoble? Voyons ça de plus près...

 

Un peu d'histoire-géo

En Slovénie, dans les années 1990, quelques pionniers ont ressuscité une tradition viticole déjà bien installée sous l’empire austro-hongrois, mais tombée en jachère après la dernière guerre, quand les coopératives d’état ne produisaient plus guère que deux vins, le rouge et le blanc...
Une deuxième génération prend à présent le relais, plus à l’écoute des marchés étrangers. Ce qui est à la fois un bien (la qualité s’est bien améliorée), mais aussi un danger celui de l’uniformité.
Alors que la Slovénie a des atouts à faire valoir: ses terroirs (Jeruzalem-Kog est un bon exemple) et son tissu de vignerons familiaux.

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La marquetterie des vignes de Jeruzalem-Kog (Photo H. Lalau)

Situés entre Alpes et Méditerranée, les vignobles slovènes sont divers et disséminés. Les aléas climatiques sont importants, la production pouvant varier de 50% d’une année sur l’autre, le vignoble a été fortement réduit au 20ème siècle:  il est passé de 38.000 ha avant-guerre à environ 25.000 hectares. La production se situe entre 700.000 et 900.000 hectolitres par an, ce qui nous donne un rendement de l’ordre de 28 à 36 hl/hl. La consommation per capita est de 45 litres par an. Les cépages sont majoritairement ceux du monde germanique, complétés par les internationaux

Les zones orientales du pays, qui nous concernent cette fois, sont principalement dévolues aux cépages blancs (notamment le traminer, le sipon, le lazli rizling et les muscats); la tradition ancestrale les destinaient aux vins doux ou demi-doux ; la nouvelle génération s’est tournée vers les vins secs, conservant les cépages locaux, et y ajoutant le sauvignon et le chardonnay.
Les rouges avaient totalement disparu (principalement pinot noir), victimes de la spécialisation forcée initiée par le régime titiste mais sont replantés.

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Chez Valdhuber, sur la frontière autrichienne (Photo H. Lalau) 

 

Impressions d’ensemble

-Sipon (furmint) et sauvignon paraissent les cépages les plus adaptés pour les blancs secs, le traminer et, dans une moindre mesure, le lazki rizling (le welsch riesling des Autrichiens), pour les doux.
-La plupart des producteurs visités élaborent des produits propres – un «minimum commercial» qui va sans dire, mais qui n’est pas toujours obtenu, même dans les pays dits «développés». Certains manquent cependant de typicité
-L’éventail des productions est assez large, entre vins industriels, vins marketing et vins d’auteur, voire vins expérimentaux. C’est là un atout important, car cela devrait permettre de répondre à des demandes très variées.
-Les vignerons sont généralement assez ouverts sur l’extérieur, des échanges avec des collègues autrichiens ou italiens ne sont pas ares, l’avis de la presse étrangère est recherché. Ce qui n’empêche pas une majorité d’entre eux d’être fiers de leurs terroirs.

-Leurs Appellations sont malheureusement quasi inconnues hors du pays. La tradition très germanique de mettre en avant le nom du cépage n’aide pas à l’identification de l’origine exacte, pas plus que les typographies gothico-slaves souvent encore utilisées sur les étiquettes.
-L’Est du Pays est réparti en deux sous ensembles viticoles.
Le Podravje (9.800 ha), est situé au Nord Est et regroupe six appellations : Maribor, Radgona-Kapela, Srednje Slovenske Gorice, Haloze, Ljutomer-Ormoz (avec Jeruzalem-Kog) et Prekmurske Gorice.
Le Posavje (8.700 ha), le borde au Sud et regroupe 4 appellations: Dolenjska, Bela Krajina, Bizeljsko-Sremic, et Smarje-Virstajn. C’est là que l’on trouve le plus de vins d’assemblages.

-Au-delà du savoir-faire de chaque vigneron, qui varie ici comme ailleurs, la principale question à résoudre est celle de la bonne adaptation des cépages aux différents terroirs, sols et micro-climats (d’autant plus variables qu’il s’agit souvent de vignobles de pente).
-Par ailleurs, les gammes sont souvent trop larges: les Slovènes seraient bien inspirés de se focaliser sur leurs points forts. A savoir, les secs (surtout de sipon et de sauvignon) et les doux, en «oubliant» les demi-doux. On se méfiera aussi de l’abus de barrique.

Dans l’ensemble, cependant, les blancs slovènes devraient plaire dans tous les pays qui partagent une même vision du vin, celle d'un compagnon du repas.


Quelques adresses incontournables : Stampar, Dveri Pax, Joannes, Pravino, Miro, Krainz et Skoranja.

Plus d'information: Bruno Gaberšek, Združenje družinskih vinogradnikov-vinarjev Slovenije, zdruzenjedvvs@gmail.com 

 

Le sujet vous intéresse? Vous devriez retrouver bientôt mes notes de dégustation dans le magazine In Vino Veritas...

06:53 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 novembre 2007

Etrennes slovènes

Je reviens de Slovénie, petit vignoble méconnu d'Europe centrale.

En avant goût d'un article plus complet, je vous fais cadeau d'un panorama qui sent déjà Noël.

La photo est prise de Jeruzalem-Kog, petite appellation voisine de la frontière croate.

Jeruzalem

Photo H. Lalau (c)

08:46 Écrit par Hervé Lalau dans Slovénie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |