11 octobre 2011

La France viticole est belle... et notamment la Savoie

"La France est belle".

Ce titre aperçu sur le blog du Grand Jury me fait penser à Jean Ferrat - Ma France. Une chanson où l'Ardéchois moustachu nous dit son amour d'un pays quasi imaginaire, car débarrassé de ses démons. Ceux de l'époque, je veux dire. Parce qu'on pourrait sans doute en trouver de nouveaux, ceux-là même qui se cachent sous notre prétendue modernité.

Mais ce titre me fait surtout penser à la beauté des paysages du vignoble savoyard traversés voici quelques jours.

Comme peignées par des géants, les vignes suivent les ondulations de la plaine, ou partent à l'assaut des reliefs escarpés. C'est devant ce genre de tableau qu'on se dit que la viticulture est une noble activité, méritoire, utile, esthétique.

Rien que pour vous yeux, une petite sélection. Vous imaginez ici des champs de maïs?

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Abymes/Apremont

IMG_0547.JPGChignin

L1040626.JPGChignin (vu des Tours)

L1040632.JPGMonterminod (vu du château)


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Jongieux

Photos Hervé Lalau (c)

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Savoie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

03 octobre 2011

La symphonie savoyarde du jeune Berlioz

Je rentre de Chambéry où j'ai passé deux jours, histoire de faire un peu mieux connaissance avec un des vignobles les plus discrets de France, celui de Savoie. Des cépages indigènes quasi inconnus ailleurs, des vignobles à taille humaine, des particularismes locaux, une histoire millénaire, combien de raisons vous faut-il pour pousser un peu plus loin que le jaja qu'on vous sert dans les stations de ski ?

savoie,vin,vignoble,berlior,crayChignin au soleil couchant (photo H. Lalau)

 

Première démonstration avec les rouges du Cellier des Cray, à Chignin.

Le vigneron, Adrien Berlioz (oui, comme le musicien), est jeune, il en est à son cinquième millésime, mais il a vite fait ses gammes. Disons qu'il apprend en faisant et il apprend vite.

Berlioz.jpgAdrien Berlioz, un prénom à retenir (photo H. Lalau).

 

Néo-vigneron installé sur un peu plus de 5 ha, il est attaché à sa terre et à ses cépages locaux;  sa compagne est apicultrice, et tous deux  luttent pour préserver leur environnement.  Un prénom, une adresse à retenir.

Cellier des Cray Mondeuse (cuvée tradition) 2010

Griotte, poivre blanc, fumée lardé, entre gamay et syrah, léger, (12% d'alcool, oui, ça existe encore), joyeux, jolis tannins, 15,5/20

Cellier des Cray Cuvée Marie Clothilde 2010

Le vin est sans doute un peu moins flatteur au nez ( pivoine, gariguette et fruit noir, quand même), mais la bouche est vive, plus viandeuse, plus minérale aussi (presque crayeuse); belle finale sur les épices, le poivre, une pointe de coriandre; avec sa charpente solide comme une maison des Bauges, voici une mondeuse taillée pour la garde 15/20 (et sans doute plus encore demain)...

Adrien concocte aussi de belles cuvées de Chignin-Bergeron (du blanc, cépage roussanne), élevées en cuve ou en barrique. J'ai particulièrement apprécié la Cuvée Grand Zeph 2010 (100%), aux superbes notes de poire et d'abricot au nez, et au bel équilibre gras vivacité en bouche, avec une finale légérement saline. Là aussi, un vin qui ne perdra certainement pas à attendre un peu en cave - les roussannes sont souvent bues trop vite.

Rectificatif: tous les vins de Savoie ou presque sont bus trop vite. Soit parce qu'ils méritent mieux - ils y gagnent en complexité. Soit qu'ils ne méritent pas d'être bus du tout, mais ça heureusement, ce n'était pas l'objet de notre voyage...

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans France, Savoie | Tags : savoie, vin, vignoble, berlioz, cray, chignin, mondeuse | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |