26 juin 2008

Haute Coutume

La dégustation est un art étrange, une alchimie où tous les vins ne se révèlent pas en même temps ni avec la même intensité.

Hier soir, lors d'une séance de sélection de "nouveautés", chez In Vino Veritas, je suis passé tout à fait à côté d'un vin que pourtant j'apprécie habituellement: un des vins de la série Haute Coutume, des Vignerons Catalans.

Pour rappel, il s'agit d'une petite gamme de Côtes du Roussillon Villages qui vise à magnifier des terroirs bien identifiés (gneiss, schistes, calcaires, quartz, granits...). Un peu de pédagogie liquide, en somme, pour une région qui a de quoi faire le bonheur de tout géologue amateur par la diversité de ses sols. Surtout, cette idée de génie aboutit généralement à de beaux produits - pas toujours de grande garde, mais bien typés.

Le pire, c'est que ce vin, le Granit de Caramany 2006 (un terroir d'altitude du Nord du Roussillon), je l'avais encore apprécié lors d'une dégustation récente à Huizingen. Mais là, hier soir, je l'ai trouvé fermé au nez, faible en bouche, limite doucereux. Bref, je ne l'ai pas retenu. Une fois les chaussettes noires retirées (car nous dégustons toujours à l'aveugle), ma surprise a été grande. Ma déception aussi.

Par acquis de conscience, à la toute fin de la séance, une demie-heure plus tard, j'ai voulu me faire une seconde opinion. Et là, paf, j'ai pris le vin en pleine figure: nez explosif de cerise noire et de réglisse, bouche veloutée, beaucoup plus expressive, beaucoup plus minérale aussi, tannins suaves, ce n'était plus le même vin. Et quelle longueur sous la réglisse...

La morale de cette histoire: aérons les vins, posons nous la question de l'ordre dans lequel nous les dégustons (mon Caramany a sans doute souffert de passer après un autre vin très riche), et surtout, laissons leur une deuxième chance...

 

 Caramany2

 

08:16 Écrit par Hervé Lalau dans Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |