02 septembre 2009

Les vendanges au domaine Cazes

Je reçois ce matin ce communiqué de mon amie Christine Ontivero; celui-ci remet fort opportunément de l'ordre dans les annonces de début de vendanges qui s'accumulent dans ma boîte de mail; genre "ça y est, c'est parti"; ou encore "on va commencer". En Roussillon, les vendanges ont démarré il y a trois semaines...

Les vendanges ont commencé au domaine Cazes depuis le 11 août. “L’année la plus précoce que nous ayons jamais eue depuis les 20 dernières années et, surtout, la plus faible en quantité au cours des 10 dernières années, soit moins 40 %” précise Emmanuel Cazes.


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Emmanuel Cazes


La vigne n’a de cesse, depuis l'hiver 2006/2007 de souffrir de la sécheresse. On peut s’étonner de ce propos puisqu’il a beaucoup plu en Roussillon cet hiver et ce printemps mais, comme l’explique Emmanuel Cazes, “la vigne prépare son initiation florale au mois de mai de l’année qui précède la récolte. Or, en mai 2008, les terres catalanes manquaient d’eau comme cela a été le cas en 2007, 2006, 2005 et 2003”. Trop d’années consécutives sans eau conduisent à une baisse énorme en quantité.

En qualité, Emmanuel Cazes est plutôt satisfait. Vu qu’il a pu commencer à cueillir tôt, il y a beaucoup de fraîcheur dans les “bébés” vins actuellement en cuves. Mais, souligne-t-il, “nous venons de vivre 15 jours de canicule avec des températures à 35° le jour et 28° la nuit. Donc, les raisins ont tendance à se flétrir. On va donc devoir cueillir les fruits restant encore sur pied plus tôt que nous l’aurions souhaité pour limiter cette perte en liquide déjà très importante”.
Les raisins qui s’en sont le mieux sortis : les autochtones. En revanche, les cabernets, chardonnays et autres raisins “venus d’ailleurs” ont beaucoup souffert. Preuve que les anciens ne s’étaient pas trompés avec le choix de plants comme le macabeu, le grenache ou le carignan, cépages sudistes par excellence qui ne craignent pas le soleil.

07:26 Écrit par Hervé Lalau dans Roussillon | Tags : vendanges | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 juin 2009

Un vin qui me parle

Un jour, on tombe sur un vin qui vous "parle" tout particulièrement. Un vin avec lequel vous avez une véritable "conversation", comme dit Hugh Johnson.

Oh, bien sûr, il faut se garder d'être trop subjectif. Mais je crois avoir déjà eu l'occasion de vous le dire: la dégustation prétenduement professionnelle ne peut s'abstraire de toute subjectivité.

Bref, je viens de boire un tel vin. J'ai bien dit "boire", pas seulement déguster, et c'est une belle différence. Dans la vie, il y a des choses et des gens qu'on admire ou qu'on respecte; il y en a d'autres avec lesquels on est vraiment en phase.

 

mas amiel

Notre Terre

 

Ce vin, c'est un des Côtes du Roussillon Villages du Mas Amiel, le "Notre Terre 2007".

A lire la fiche technique, ce vin ne part pas de zéro: les coteaux sur schistes du Mas Amiel, on fait difficilement mieux sur Maury. Côté cépages c'est un assemblage bien local (50% grenache,  30% syrah, 20% carignan). Je fais aussi confiance à Olivier Decelle et à son équipe pour la vinif et l'élevage  (ce dernier, assez pointu: 40% du vin va en en bois, 60% en cuve béton).

Mais ça n'explique pas tout; et notamment la séduction du fruit croquant (cassis) et des épices. Ce qui soutient ce vin, c'est sa belle fraîcheur, qui renforce encore son aspect gourmand, le prolonge. Et fait passer l'alcool à l'arrière plan (14,5°, en tout cas officiellement). Les tannins sont suaves, la finale revient sur un petit fruit acidulé qui vous tapisse longtemps la bouche.

"Parce que c'était lui, parce que c'était moi" (Etienne de La Boétie).

06:18 Écrit par Hervé Lalau dans Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |