24 juin 2010

Bus & rebuts (encore)

Et me revoici avec un beau "rebut" de la dernière dégustation IVV, la Cuvée des Schistes 2007 du Château de Caladroy, à Belesta (Côtes du Roussillon Villages). Rebut, car non retenu par le jury, mais rebu chez moi en tout petit comité - ma femme et moi.

Cela commence de manière assez explosive, avec un cocktail du genre Molotov de cassis, de mûre et de zan. La bouche, elle aussi, paraît très vive; la puissance du vin est bien contenue, toutefois, par des tannins très suaves. Le vin est plein de sève, franc, droit  - "Caladroy dans ses bottes", dirons-nous; en finale, le cassis revient, mêlé de coriandre et de réglisse.

Calatroy

L'objet du délice

Cette cuvée assemble syrah, carignan, grenache noir et mourvèdre. 10% du vin a été élevé en fûts usagés, le reste n'a vu que la cuve.

Médaille d'Or au Concours Général Agricole de Paris 2009.

Médaille d'Or de mon petit concours personnel également. Dieu que le Roussillon peut offrir de beuax rapporets qualité-plaisir-prix...

07:52 Écrit par Hervé Lalau dans Roussillon | Tags : caladroy | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 juin 2010

Bu et rebuts!

J'aime bien les dégustations chez In Vino Veritas.  Il y a l'ambiance, d'abord. Quand Gérard prend son violon, Philippe son accordéon, Marc sa guimbarde, Bernard son tuba, j'embouche mon pipeau, et ça swingue comme à Bayreuth.

Et puis, on tombe parfois sur de vraies grandes bouteilles.

Mais surtout, il y a les rebuts. Je veux dire, les bouteilles qu'on ne sélectionne pas, qu'on ne commentera pas dans le magazine, et qu'on peut rapporter chez soi, pour peu qu'on trouve encore un bouchon.

Y en a même qui disent qu'ils baissent leur notes pour être sûrs de pouvoir ramener les dites bouteilles, mais ça, ce sont des menteries.

Bref, une de ces bouteilles m'est tombée entre les mains lors de la dernière session de dégustation des Roussillon, à savoir: le Marquis de la Houllière, millésime 2007.

Marquis Houillière

 

Bon, ce Marquis a avalé son extrait de naissance depuis pas mal de temps, c'est juste le nom d'une cuvée de la coopérative des Vignobles du Rivesaltais. Malgré son nom, pas de charbon dans le sol, mais plutôt de l'argile, du calcaire et des galets roulés.

Côté cépages, c'est du classique, Syrah, Grenache Noir, Carignan et Mourvèdre. Côté vinification aussi, pour 70% du vin, en macération traditionnelle - mais 30% subissent une macération carbonique. Le tout est élevé en fôt de chêne.

Rien de surprennant au nez, des petits fruits rouges, assez frais, cela ne fait jamais de tort.

Et on les retrouve en bouche agrémentés de poivre et de coriandre, ainsi que d'une touche de sous bois.Les tannins sont fins, la finale moyennement longue.

Là encore, rien d'explosif ni de remarquable. Alors pourquoi est-ce que je vous en parle?

Sans doute parce qu'il est harmonieux, élégant, et que ce sont là deux vertus que j'ai envie de remettre à l'honneur. La peste des vins baraqués, des vins arrogants, des vins nonchalants, des vins qui friment, des vins qui n'ont pas la fierté du pays - dans mon équipe de France des vins, je n'en veux plus. Vive les vins buvables, gouleyants, aimables... et qui marquent!

En football, c'est un peu différent: les Mexicains ont les buts, et nous, on a les rebuts...

 

07:18 Écrit par Hervé Lalau dans Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |