24 novembre 2011

Smith Haut Lacuisse

Le domaine se trouve à mi-distance entre Rayas et Haut Brion. Ceci, pour vous situer la qualité du terroir.

Il est planté de vieux Carignans. C'est vous dire la qualité de jus.

Il est récolté par mon copain Michel Smith et ses potes.  C'est vous dire comme j'ai salivé! Il m'en a donné une bouteille quand je l'ai vu à Epernay, un peu comme on dit un secret. Il faut dire aussi que ça fait deux ans que je le tannes avec ça. Depuis qu'il m'a parlé de ce projet de passer de la plume au sécateur, pour changer...

Et dans la bouteille? Et bien c'est tout Michel. Un peu rentre-dedans, un peu bougon, mais tout à fait honnête.

Un mélange de sauvagerie et d'élégance. De la vivacité, de la profondeur. Authentique, un peu roublard, mais sans chichis. De la cuisse. Le carignan de chez carignan, quoi!

Bon, ça va, comme ça, Michel? Je dois aussi parler de tes arômes? Réglisse, vieux cuir, fumée...

Et de ta texture? Eumm. Les comparaisons, les allégories, c'est sympa, mais ça vous emmène parfois un peu loin...

Alors disons que ton vin, il a des épaules. Et même des côtes qui dépassent du veston. Mais en finale, il a la rondeur de ton inséparable chapeau.

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Puch (not Puke)

Au fait, j'oubliais, ça s'appelle le Puch. Comme Puch Ellington. C'est Roussillanais, bien sûr. Et c'est vinifié avec la complicité du domaine des Demoiselles (charmantes, d'ailleurs, si j'en juge par celle que j'ai vu à Lille). Gros filou, va!

A propos, la donzelle m'a dit que c'était le meilleur millésime depuis la création de la cuvée. C'est un 2010. J'ai eu de la chance, d'après elle, le précédent était  moins expressif.

Vous voudriez bien en acheter, maintenant, dîtes, de ce Puch 2010?  Eh bien ça va pas être possible. C'est comme la gnôle du père de Marc Imbert, à Torraccia, c'est juste pour les amis. A la rigueur, pour les gendarmes de passage... Ou les voleurs de poules...

Alors moi aussi, ce petit billet sans queue ni texte, sans rime ni raisin, c'est pour les amis.

Allez salut Michel, et porte-toi bien! Boire ton vin, c'est un peu comme parler avec toi. La distance ne fait rien à l'affaire, quand on est bon, on est bon.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Roussillon | Tags : smith, roussillon, carignan | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

30 septembre 2011

69.970 exploitations viticoles en France

C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.

Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.

Deux petits commentaires de mon cru:

1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.

2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.

Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.

La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.

J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.