06 novembre 2013

Latour en Fête ce dimanche

Je ne parle pas du GCC, mais de Latour de France (P-O), bien sûr!

Suite au succès de la première édition du 11 novembre 2012, les 13 vignerons de Latour de France, dont 12 en Bio, réunis en association remettent le couvert le dimanche 10 Novembre 2013.

Une journée festive et d'échange, de rencontres artistiques et de surprises. En allant de cave en cave en suivant le plan fournit à l'entrée après l'achat du verre de dégustation (5 €), au hasard des jolies ruelles du village ou en suivant les flèches. Vous découvrirez les vignerons, des artistes, des musiciens, du théâtre de rue et plusieurs stand de restauration de produits d'ici ou de pas très loin de qualité à petits prix... Sans oublier les dégustations (toujours avec modération, bien sûr). Des dégustations de jus de fruits seront proposées aux plus jeunes. Le soir, c'est le repas vigneron pour l'ensemble des vignerons participants, des amis et aussi pour les visiteurs qui souhaiteront faire durer cette journée, pour 25 € et uniquement sur réservation avant le 26 octobre, places très limitées... Les vignerons de Latour ouvriront leurs caves non seulement aux visiteurs mais aussi à des invités: vignerons voisins et amis, artistes peintres, photographes, d'huile d'olive ou de miel... Pour le public souhaitant dormir sur place un tarif spécial est proposé au camping de Latour dans les mobile home, 06 15 14 23 46.

Renseignements et réservations: Morgane Le Bars 06 28 28 43 23

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Roussillon | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

24 septembre 2013

Chez Coume Majou, "Maury c'est fini..."

"Et dire que c'était la vigne de son premier mutage"...(très librement adapté d'Hervé Vilard).

Pendant 5 ans, Luc Charlier (Domaine de Coume Majou) a fait du Maury dans un bout de cave qu'il louait sur place.

Et puis ceux qui l'hébergeaient ont préféré ne pas reconduire cet arrangement.

A partir de ce millésime, son Maury Jolo deviendra donc du Rivesaltes Grenat.

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Photo La Cave de Christine

Ce qui en dit long sur la fameuse typicité des appellations, dans les PO comme ailleurs.

Ce sont les mêmes raisins, les mêmes sols, le même vigneron qu'avant, oui, mais ça ne sera plus la même AOC. La même origine. Cherchez l'erreur!

Soit on a grugé les consommateurs pendant 5 ans, ce vin n'avait pas la bonne origine, soit c'est maintenant qu'on va les gruger.

J'attends le premier qui ose écrire que son Rivesaltes fait "très Rivesaltes". Ou qu'il a "moins de race qu'un Maury".

Rappelons que Rivesaltes, ce sont 3.435 ha de climats et de sols très divers - de Fitou à Céret en passant par Argelès, Ille-sur-Têt et Saint-Paul de Fenouillet. Des arènes granitiques (dans les Albères, tout à Sud, à 60 km de Maury), des calcaires au pied des Corbières, des molasses argileuses dans les Aspres et des cailloux près des fleuves. Et aussi des schistes et des marnes, comme à Maury. Forcément, puisque l'aire de Rivesaltes englobe l'aire de Maury, beaucoup plus compacte (331 ha).

Mais pourquoi diable Luc ne peut-il continuer à produire son Maury de Maury? Parce que depuis quelques années, pour avoir l'appellation Maury, il faut avoir sa cave dans le finage de Maury. Ca c'est finaud!

Celle de Luc est à Corneilla-la-Rivière, à 22 km de Downtown Maury. Et à une dizaine de la limite du fameux finage. Exit, donc, le Belge!

A qui profite ce clochermerle? L'idée était-elle de contrer le négoce, d'empêcher de vilains mercanti de venir piller les trésors de Maury? Primo, le risque était assez faible, vu la difficulté que les VDN ont à s'écouler, ces derniers temps. Secundo, Luc n'est pas négociant!

Et puis, en quoi cette obligation rend-elle les vins de Maury meilleurs, en quoi est-ce qu'elle garantit mieux leur origine et leur typicité? Je vous répond: en rien. Jusqu'à preuve du contraire, c'est le raisin qui fait le vin, pas l'emplacement de la cuve. Alors comment l'INAO peut-elle entériner ce genre de restrictions - qui ne sont rien d'autre que des entraves à la libre circulation des marchandises.

Pire: cette obligation aboutit donc à faire d'un vrai Maury un Rivesaltes.

C'est pathétique. Ne vaudrait-il pas mieux, pour les têtes pensantes de l'AOC Maury, veiller à une meilleure maîtrise de la qualité de la matière première et des prix pratiqués? 

A l'évidence, certaines promotions constatées dans la grande distribution régionale font craindre, soit que certains opérateurs pratiquent la revente à perte, soit qu'ils s'arrangent avec le cahier de charges, ce qui serait autrement plus ennuyeux que le problème du lieu d'encuvage.

Oui mais, vérifier l'emplacement du chai, c'est beaucoup plus facile.

Et puis ce n'est pas un Belge qui va nous faire la leçon!

Qu'on ne s'y trompe pas, j'adore le Roussillon, ses vins et ses autochtones. Mais pas d'un amour aveugle, tout de même!