13 avril 2012

Le quiz du quartzite

Regardez bien ce bloc de quartzite du Villafranchien ramassé à Tavel, la semaine dernière. Et dites-moi à quoi sont dues ses facettes régulières (qu'on ne trouve guère à Châteauneuf du Pape, par exemple).

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Réponse 1: Tavel accueillait au Paléolithique une assez forte concentration d'hominidés, qui utilisaient les galets taillés comme pointes de sagaies.

Réponse 2: C'est le vent qui a érodé les galets, on appelle ça l'éolisation. A Châteauneuf du Pape, aujourd'hui de l'autre côté du Rhône, les galets étaient protégés par des sédiments et n'ont pas connu ce phénomène.

Réponse 3: Les galets roulés ont été apportés des Alpes au 8ème siècle avant notre ère, par des marchands étrusco-lombards. On prêtait à l'époque aux galets des vertus magiques en matière de fertilité. Le lieu de vente était Châteauneuf du Pape, les invendus (généralement les pièces les moins rondes) étaient abandonnées à Tavel.

A gagner: 350 kg de quartzite (que vous irez chercher vous-même sur place - et dites bien que vous venez de la part du Professeur Truc).

 

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Le quiz, Rhône | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

06 avril 2012

Rosé: sans distinction de couleur ni de race...

Je suis tout juste de retour de Tavel, dont les rosés s'apparentent plus à des rouges clairs qu'à des blancs tachés, comme c'est la tendance actuelle. Et quel qu'en soit le prix commercial, je pense que c'est à porter au crédit de Tavel que de vouloir maintenir le cap et sauvagarder une différence séculaire. Goûtez un Château d'Aquéria, un Prieuré de Montézargues, un Domaine des Carabiniers, un  Château Trinquevedel, un Château de Manissy, vous comprendrez...

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La belle robe profonde du Tavel...

Aussi la mésaventure du rosé de La Bégude me chagrine-t-elle au plus haut point. Voici qu'on refuse au rosé de ce cru l'AOC Bandol à cause de sa couleur trop sombre.

Mais que font le CRAN, la LICRA, SOS Racisme? Et à quoi rime de décourager ainsi de bons vignerons, alors que tant d'autres écoulent leur daube en toute impunité - peut-être même décolorent-ils leurs vins. Comme si la teinte faisait toute la différence...

Mais je laisse la parole à Guillaume et à Soledad Tari, les vignerons:

«C’est avec une pointe de tristesse que nous avons rempli le formulaire de déclassement de notre vin rosé de l’appellation Bandol. Certainement lassés d’être éconduits, on peut dire que c’est un peu l’histoire d’une déception amoureuse...

Depuis plusieurs années, l’obtention de l’agrément de notre rosé était devenue un parcours du combattant, obtenu in extremis après de nombreuses procédures administratives et d’interminables débats sur ce que doit être un rosé de Bandol. En effet, difficile de maintenir l’anonymat de nos vins couleur corail, parfaitement identifiables lors des dégustations d’agrément, au sein de rosés dont la transparence ne fait que s’exacerber, conformément à la mode actuelle. Étant vignerons depuis cinq générations, la mode nous importe peu.

Nos vins nous ressemblent, mais sont surtout le reflet de leur terroir, du climat, du millésime, sans artifice. Ce rosé nous semblait être une expression parmi tant d’autres de cette belle appellation. À ce titre, notre précédent millésime 2010, épuisé deux mois après sa mise en bouteille, avait d’ailleurs été refusé plusieurs fois à l’agrément et avait finalement pu se nommer Bandol, mais soumis à un avertissement. Un peu déconcertant quand on sait que nous sommes parmi ceux qui utilisent en plus forte proportion le mourvèdre, grand cépage de ce lieu, dans nos assemblages.

N’ayant plus très envie d’être collés, ce n’est plus de notre âge, refusés une nouvelle fois pour non appartenance à la famille des vins de Bandol, nous lui avons trouvé une nouvelle famille: Vins de France

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Provence, Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |