28 mai 2012

Au Château de la Gardine

Trois générations de Brunel se sont succédées ici pour bâtir la Gardine, un Château doublé d'un négoce. Je les connaissais pour leurs Châteauneuf rouges de bon aloi, je les ai découverts pour leurs blancs, et puis redécouverts en rouge avec quelques cuvées plus pointues. J'ai aussi apprécié la conversation de Patrick Brunel, homme affable et cultivé, et qui marie respect des traditions et expérimentation.

En plus, il a de ces phrases qui rassurent le dégustateur honnête: "Le bois? Oui, mais modérément. Je n'aime pas envoyer les copeaux a la tête du client!"

Gardine2.jpgChâteauneuf vu de la Gardine


Château Saint Roch Lirac blanc 2010

C'est une cuvée presque confidentielle (un 100% clairette), mais M. Brunel a tenu à nous la soumettre. Il a eu raison, car c'est un vin à la fois séduisant et sérieux. Des jolies notes de pêche blanche au nez, en bouche, de la finesse, et de la souplesse, fleurs d'acacia, et le tout s'achève une légère amertume, bienvenue pour relancer la bouche. 15/20

Château de la Gardine Blanc 2010
40% roussane, 40% bourboulenc, 30% clairette (sur lies et bâtonné)
Nez très expressif, fruit tropical, banane, fraîcheur, vivacité; mais rondeur du bois bien intégré. 15/20

Cuvée des Générations  blanc Cuvée Marie Léoncie 2009

100% roussane. Au nez, de la poire, du miel, un boisé très noble bien fondu; la bouche est onctueuse, presque crémeuse, avec des notes de nougat, de safran, de pain d'épice. Quel beau blanc! 16/20

 

châteauneuf-du-papePatrick Brunel nous montre ses marcottages


Châteauneuf du Pape
Château de la Gardine Rouge 2009

Nez de fraise et de groseille bien mûres, bouche ronde et très souple; notes de cacao. Tannins bien présents mais très souples.
65% grenache, 25% mourvèdre, le reste de syrah. Elevage en barriques usagées pendant 2 ans. 15/20


Châteauneuf du Pape Cuvée Peur Bleue 2009

Nez très aromatique, mûre, fleur fanée, eau de rose, suave, belle fraîcheur. Grenache-syrah-mourvèdre. 16/20
Le nom de la cuvée fait référence au fait qu'on n'utilise pas de soufre. Pour ce faire, comme dit M. Brunel, "Il faut utiliser des raisins de cinéma" et suivre les vinifs de très près.

châteauneuf-du-pape"Même pas peur"

Cuvée des Générations rouge 2009 "Gaston Philippe"

Nez étonnant, complexe, profond: mûre, caramel, toffee; en bouche, retour de la mûre, finale encore un peu dur le bois, (12 mois en barriques Demptos neuves) doit encore se fondre. 14,5/20

Cuvée L'Immortelle 2009

Rose, litchi au nez;  très belle bouche, tout en fraîcheur. Les Brunel ont su éviter le piège de la sur-extraction. Superbe. 17/20. Cuvée issue à 80% de grenache, élevée en foudre sans égrappage et vendue en primeur.

En résumé, une bonne adresse.

Plus d'info: contact@gardine.com





00:37 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Tags : châteauneuf-du-pape | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

30 avril 2012

Au Château d'Aquéria, sur les sables de Tavel

Tout juste de retour du Mondial du Rosé, à Cannes (très beau concours, je vous remercie), voici un petit clin d'oeil au "Premier Rosé de France", j'ai nommé Tavel, sous la forme d'un commentaire de dégustation du Château d'Aquéria 2010.

Sur les sables de Tavel, le berceau de l'appellation, déjà réputé du temps où l'on vantait les vins  de "La Côte du Rhône", Aquéria est une plongée dans l'histoire.

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Aquéria, le Château (Photo H. Lalau)

Le château du XVIIIème se présente dans un écrin arboré, un vrai jardin à l'italienne, où les petites haies, et les vieux buis en pots vernissés répondent aux cyprès. Le tout respire l’élégance.

Les vins ne sont pas en reste. Ni les vins. Le vignoble (66 hectares de vignes d'un âge moyen de 35 ans) est exploité en culture raisonnée. Il est aujourd’hui l’objet des soins jaloux de Bruno & Vincent de Bez, dignes héritiers de Paul de Bez, qui pendant 40 ans, aura mis toute son énergie à entretenir et à reconstituer ce vignoble d’exception.

Les Tavel ne cèdent pas aux chants des sirènes de l'évanescence, maintenant leur tradition de rosé à la fois éclatant et profond, entre framboise et cerise, pour reprendre les mentions du nauancier du Centre du Rosé.

Au nez le 2010 offre son panier de groseille  et de gariguette, accompagnées de poivre; l'impression gourmande se poursuit en bouche; c'est friand, gras, puissant, structuré. La finale retourne vers les épices, le thym, l'origan, et l'orange amère. C'est long, ample, on a affaire, non à un un simple rosé de soif, mais à un vrai vin de repas, qui va évoluer dans votre verre et vous charmer par sa conversation.

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Aquéria, les vignes (Photo H. Lalau)

Assemblage: environ  50% de Grenache noir, 10% de Syrah et de Mourvèdre, un peu moins de Cinsault et Clairette, 5 à 6% de Bourboulenc et 2% de Piquepoul. Vendange éraflée; fermentation, élevage en cuve. 

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |