24 juillet 2013

Un beau Côte Rôtie, ça se mérite!

Dans la liste des Côte Rôtie dégustés chez In Vino Veritas au début du mois, il y en a un que j'ai ramené chez moi.

Parce que je l'avais aimé en bouche, certes, mais que son nez, plutôt qu'un cap, que dis-je, une péninsule... m'avait paru plutôt discret.

En la matière, de deux choses l'une, ça passe ou ça casse. Ou bien le vin se révèle après quelques moments d'aération, ou bien il s'applatit.

Si je vous en parle, vous vous doutez bien que c'est parce qu'il fait partie de la première catégorie.

Mais je ne vous l'ai pas encore officiellement présenté, comme disent nos amis british.

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Il s'agit du 2010 de Jean Michel Gerin, Cuvée "La Viallière". Un lieu de dit d'1,75ha replanté en 2003, dont ce 2010 est le deuxième millésime commercialisé.

Côté côte, si va me passez l'expression, Gerin est servi - entre 40 et 60%. C'est bien pour l'ensoleillement et la maturité des syrahs. C'est moins bien pour les travaux à la vigne.

Mais revenons à la dégustation. Une fois chez moi, le vin s'était bien ouvert - cerise mûre, groseille, gariguette, une petite note fumée aussi qui fait la jonction avec la bouche. Celle-ci est ample, épicée. Le bois est présent, mais pas proéminent - il s'agit de bois neuf, mais de demi-muids, dont on sait d'expérience qu'ils marquent un peu moins le vin que les petites barriques. L'ensemble séduit par son fruité, et par un côté aérien.

Pour les pros: vendange égrappée, 4 semaines de macération.

Pour les autres: grand vin de plaisir (une fois bien aéré).

00:42 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : côte rôtie, rhône, gerin | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

16 juillet 2013

A Chusclan, l'Enfer est pavé... de bonnes fragrances

Et plus particulièrement, la Combe d'Enfer!

C'est le nom d'une cuvée du Château de Signac, à Chusclan.

Pour ceux à qui ce nom ne dit trop rien (les malheureux!), nous sommes dans les Côtes du Rhône, et je dirais même plus, dans les Côtes du Rhône Villages.

Particularité de ce Village-ci: il est situé du côté gardois, à l'Ouest du Rhône, donc. Il se répartit sur 4 communes (dont Bagnols-sur-Cèze), pour une surface de 259 ha.

Le Château de Signac est justement situé sur le territoire de Bagnols, sous la dent de Signac, promontoire rocheux qui domine la vallée de la Cèze. Cette dent apparaît d'ailleurs, stylisée, sur les étiquettes des vins.

Vous l'ai-je déjà dit? A tort ou à raison, je pense que les beaux endroits sont les plus favorables à la création de beaux vins. Si ce n'est de par leurs sols, peut-être de par le respect qu'ils imposent au vigneron. Peut-être aussi parce que le beau appelle le beau.

De réputation très ancienne (on en trouve déjà mention au 17ème siècle), le domaine est depuis 1989 dans les mains d'une famille suisse, les Amez-Droz (dont Jean-Marc, ancien directeur de Provins, la grande coopérative valaisanne qui sait allier volume et cuvées de qualité). Il compte aujourd'hui 38ha.

Que vient faire l'Enfer dans tout ça? Serait-ce la chaleur qui, sur les pentes de ce petit vallon, évoque la fournaise infernale?

De cet enfer-là sortent en tout cas plus que de bonnes intentions, de jolis fruits rouges et noirs  très mûrs (cassis, framboise), et puis des épices que, sans surprise, on rattachera à la garrigue. Serpolet, romarin, laurier, origan, faites votre choix, le marché est ouvert! Ajoutez quelques notes de gibier et de truffe, en bouche (sans doute l'apport des quelque 20% de Mourvèdre), du cuir (serait-ce Dame Syrah?), et puis quelques fleurs (la Counoise, peut-être), vous avez là la silhouette d'un joli Sudiste, qui a bel et bien la beauté du diable, cette séduction qui exige qu'on en reprenne.

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Mais comme la ligne sur l'étiquette, qui ne fait qu'ébaucher la Dent de Signac, les mots rendent mal la profondeur du vin, sa texture mêlant fluidité et solidité. Sa longueur sur l'élégance.

Pour ça, à vous de jouer!

Un petit conseil, tout de même: sortez le de la cave au dernier moment. Inutile de laisser chauffer l'Enfer. D'autant qu'il titre 14,5° (et des brouettes).

 

00:21 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : chusclan, côtes du rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |