30 décembre 2013

Gigondas Domaine des Bosquets Le Lieu Dit 2010

Héritière de Gabriel Meffre, la famille Bréchet exploite notamment le Château de Vaudieu à Châteauneuf du Pape... et  un domaine à Gigondas. Très exactement, au "Lieu dit Les Bosquets", terroir viticole depuis 1376 au moins, archives faisant foi. Nous sommes au Sud-Ouest du village, en allant vers Vacqueyras; à l'Ouest des fameuses Dentelles. Et dans un écrin de forêt méditerranéenne, comme le montre bien la jolie carte du Cru Gigondas.

Côté sols, c'est assez varié; le Domaine des Bosquets chevauche des argiles bleues, des sables et du calcaire. Pas mal de quaternaire, de tertiaire et même un zeste de secondaire. Gigondas est un mille-feuilles, sa carte géologique un patchwork et mon ami Georges Truc l'explique bien mieux que moi. Lui dira d'où vient cette diversité, la faille de Nîmes, le brassage tectonique, la sédimentation; et puis ce que la plante puise vraiment dans la roche. Moi, je ne suis que le dégustateur, le passeur de goûts. Je ne fais pas le modeste: c'est vraiment comme ça que je le sens. Au géologue les alluvions, à moi les allusions.

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Le "Lieu dit", c'est la belle cuvée de garde des Bréchet, dont ils tirent quelque chose comme 3.000 bouteilles chaque année (beaucoup de grenache et un soupçon de syrah). J'en ai ouvert une, de 2010, à Noël.
D'emblée, les épices m'ont sauté au nez - poivre, herbes de la garrigue; et puis aussi le bois... du bosquet! Mais un bois maîtrisé.
En bouche, j'ai aimé les tannins suaves, la richesse, la texture à la fois épaisse et veloutée, le côté cacao et puis la finale gourmande, qui livre une belle compote de fruits rouges - ce n'est pas ce qui manque en ce beau pays de Vaucluse!

Bref, un vin généreux, pas seulement au sens de l'alcool, mais parce qu'il vous en donne beaucoup. Ma poularde a apprécié. Son gras, le Gigondas l'a dissous, et le gras à dix sous, comme disait le regretté Bourvil, c'est pas cher.

Non, un beau Gigondas n'est jamais cher. Il est riche, nuance!

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Tiens, j'aime bien le petit logo des domaines de la famille; on peut y voir trois rameaux d'oliviers et une vigne, avec sa feuille, sa vrille et ses raisins, le tout sur un même pied. Belle allégorie de la diversité culturale de ce petit coin de romanité; ou alors, d'une famille puisant sa force dans une même terre.

Plus d'info: Famille Bréchet, Chemin des Bosquets, F-84190 Gigondas
Tél : +33 4 90 65 80 45

08:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 novembre 2013

11 novembre le coeur au chaud avec la Cuvée du Papet

Pour ce 11 novembre, alors que les premiers frimas blanchissent la campagne belge, et que se déroulent les commémorations de l'Armistice, j'ai eu besoin d'un petit remontant. Ou plutôt, j'ai eu besoin de commémorer quelque chose, moi aussi: une amitié.

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Clos du Mont- Olivet Cuvée du Papet 2006. Photo (c) H. Lalau

Thierry Sabon est vigneron au Clos du Mont-Olivet, à Châteauneuf du Pape, mais je l'ai rencontré à Stellenbosch. Nous étions tous les deux jurés au concours Michelangelo.

Le plus amusant, c'est que c'est là, dans un restaurant de la vieille ville, que j'ai pu déguster pour la première fois son vin - il en avait amené deux bouteilles. Après une petite semaine au régime sud-africain (pas désagréable, certes), j'étais content de reboire français. Et puis sa Cuvée du Papet 2005 était vraiment superbe.

J'ai revu Thierry chez lui, en 2012, et j'ai visité les vignes familiales; le Mont Olivet se trouve sur le parcours de la promenade fléchée (incontournable, si vous passez dans la région). C'est un bien bel endroit, et vous savez que je suis persuadé que les grands vins aiment les beaux endroits.

Ce midi, j'ai débouché la petite soeur de la bouteille dégustée à Stellenbosch, sa Cuvée du Papet 2006. Un cadeau de Thierry.

Tiens, je me demande si le Papet avait "fait 14-18", comme disaient sobrement les anciens combattants.

Rien de martial dans ce vin, en tout cas. La puissance, oui, mais pas l'agressivité. Une attaque franche, sur les épices et la réglisse, bien grenache; mais on n'est pas dans les tranchées, plutôt sur un coussin moelleux de velours pourpre, posé sur un beau chesterfield en cuir. Un peu de tabac blond me chatouille les papilles - on se croirait dans un vieux club anglais.

J'arrête là, c'est une grande bouteille, déjà bien belle à boire. Mais avec encore du potentiel.

Bravo Thierry, et merci.

Mes compliments au Papet, aussi! Respect aux anciens pour leur courage au combat... et pour leurs oeuvres du temps de paix.

12:45 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : châteauneuf du pape, papet, clos du mont-olivet | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |