02 avril 2014

Vive Beaucaire quand même!

Les dernières élections municipales ont porté à la tête de Beaucaire un maire front national.

Je n'y vis pas, je n'y vote pas, je n'ai aucune compétence pour juger le choix des Beaucairois; je suis démocrate, je respecte donc le verdict des urnes; et quand bien même, a priori, il me déplairait, ce blog n'est pas le lieu pour vous le dire, alors que vous ne me demandez rien. Alors que je n'ai aucune autorité sur la question.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est qu'il se trouve que j'ai visité cette ville à plusieurs reprises. La ville, et plusieurs de ses domaines viticoles. Je n'ai pas demandé eux vignerons leur couleur politique. Ce n'était pas l'objet. Bien sûr, je j'ai pas pu ne pas entendre que certains d'entre eux sont amers devant le chômage, les incivilités, les vols ou les agressions dans la région; mais c'est loin d'être un phénomène isolé. Et si certains désignent un peu vite des boucs émissaires, cela n'a rien de typiquement beaucairois. Et ça ne se traduit pas forcément par un vote.

Lundi, j'ai lu que des communes de gauche suspendaient leurs jumelages avec les mairies FN. C'est dommage pour les habitants. Les habitants des deux parties, je veux dire.

Et si l'idée est de "punir" les électeurs de leur vote, c'est une mauvaise idée. Les mettre au ban de la société ne peut, à mon avis, que les braquer encore plus. Jouer une France contre l'autre, je trouve ça moche. Et contreproductif: en faisant preuve d'ostracisme, on justifie en quelque sorte celui de l'autre. A l'heure où l'on nous vante tellement le vivre ensemble, c'est pour le moins paradoxal. 

En ce qui concerne le vin, je ne me vois pas faire des recommandations en fonction de la couleur politique d'un vigneron, a fortiori celle de sa ville, à laquelle il n'adhère peut-être même pas.

Je continuerai donc à déguster les vins de Beaucaire, Costières de Nîmes, Clairette de Bellegarde, IGP, Vin de France ou internationaliste. Domaine des Chardons. Mas des Tourelles. Cave de Bellegarde. Les Mourgues du Grès... D'où qu'ils viennent, s'ils sont bons, je les vanterai.

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A Beaucaire, au Domaine des Clos, ancien domaine viticole transformé en chambres d'hôtes

Cela va sans dire, mais apparemment, encore mieux en le disant.

Non seulement c'est ma conviction intime, mais c'est surtout ma mission de journaliste.

J'ai entendu ce soir Marc-Olivier Fogiel interviewer le Frontiste Florian Philippot sur RTL, à propos du nouveau gouvernement. Je n'ai guère pas senti d'empathie entre les deux hommes. Le journaliste semblait un peu sur la défensive. Peut-être n'avait-il pas envie d'être là. Il n'a pas servi la soupe, non; il n'a sans doute pas convaincu non plus les partisans de M. Philippot. Mais au moins l'interview a-t-elle eu lieu. En Belgique, ce serait impossible puisque l'extrême droite est interdite de micro, en vertu du "cordon sanitaire". Je le regrette car je pense que les électeurs ont le droit de tout entendre.

A fortiori les buveurs, parce qu'on ne doit pas mélanger les genres. 

 

 

19:31 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

10 février 2014

Pour toi, chérie, ces quelques fleurs d'automne...

J'ai déjà eu l'occasion ici de vous dire tout le bien que je pense des vins de Pierre Gaillard.

Et notamment de ses Condrieu secs.

Et en doux?

Comme il n'y a pas de vendanges tardives à Condrieu (enfin si, il y en a, mais la mention est réservée en France à  l'Alsace, à Gaillac et Jurançon); donc, comme on ne peut donc pas le marquer sur une étiquette, cela s'appelle Fleurs d'Automne.

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Quel que soit son nom, c'est irrésistible!

Ce vin, c'est du Viognier et beaucoup de patience. C'est délicieux comme des lèvres chaudes aux frimas, comme une promesse d'été dans la grisaille.

D'abord, l'oeil  s'étonne devant la belle robe entre l'or et l'orangé, profonde et brillante. Sexy, comme une robe de soirée joliment échancrée. On a envie d'en savoir plus. La narine frémit devant le panier de fruits qu'on lui propose (oranges amères, raisins secs, pêche et coing) et puis les fleurs du Sud (lavande, rose de Damas); la bouche entre dans la danse, avec des bonbons au miel, de l'ananas, un peu de sirop d'érable, et un empilage impossible de couches d'acidité et de douceur, qui semblent se répondre. Si j'étais poète, je dirais que le soleil a rendez-vous avec la lune, le citron avec la cerise, que les fils de novembre nous reviennent en mai... ou en février.

Chérie, pour ta Saint-Valentin, voici ces quelques fleurs...

PS. 34 euros pour cette bombe, cordon compris, c'est pas cher.

11:36 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : condrieu, gaillard, fleurs d'automne, saint valentin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |