21 août 2014

1855: pendant le redressement judiciaire, les affaires continuent

Mis sous administration judiciaire, 1855.com (alias Héraclès, puisque c'est sa raison sociale) continue à proposer des vins à sa clientèle.

Mais on ne peut que s'étonner, à la lecture de certaines pages du site, de voir à quel point l'offre disponible est faible.

Prenez Rayas, par exemple: aucune des 21 références de cette maison qui sont "offertes" sur le site n'est disponible, pas même un millésime aussi ancien que 2001. La formule employée est "bientôt disponible", mais elle prête à sourire.

1855.jpg

Au fait, comment peut-on mettre à la vente ce dont on ne dispose pas en stock? Et comment diable 1855 peut-il établir un prix exact pour des bouteilles qu'il doit encore acquérir?

Pour d'autres crus - notamment les grands crus de Bordeaux, le site de vente en ligne semble mieux pourvu, mais il s'agit le plus souvent de vieux millésimes, et la promesse de "livraison sous 48 heures" ne doit sans doute pas être prise pour argent comptant. Par ailleurs, pour les vins qualifiés de mythiques, comme Ausone, un délai de 15 à 20 jours est à prévoir. Serait-ce dû à l'isolement de Saint Emilion? Ou au temps nécessaire pour encaisser le chèque?

Avec 1855, on a parfois l'impression de tirer sur une ambulance accidentée. Mais qui annonce sur son site "Le plus grand choix de vins sur internet"?

Tiens, qu'en pense l'administrateur judiciaire?

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

30 juillet 2014

Racolage en Côtes du Rhône

C'est la guerre entre les coopératives des Côtes du Rhône et les négociants-vraqueurs. Les premières accusent les seconds de chercher à détourner leurs adhérents de la coopération en leur proposant des contrats d'achat de raisins en direct. 

Plus surprenant, le Syndicat Général des Côtes du Rhône et son président Philippe Pellaton semblent avoir pris fait et cause pour les coopératives. Un courrier commun du Syndicat et de quatre fédérations de coopératives a été adressé aux coopérateurs qui condamne «ces pratiques racoleuses induisant des risques de fraudes avérés et déstabilisant nos coopératives en les privant d’apports qui sont diviseurs de charge".

La surprise étant de voir un syndicat de producteurs déconseiller à ses membres d'accepter une meilleure valorisation de leur production. Mais la contradiction n'est qu'apparente, le syndicat optant pour les contrats pluri-annuels et vantant "la politique d'innovation" et "la représentation efficace" des viticulteurs par la coopération.

Les "racoleurs" visés sont les négociants Raphaël Michel et Maison Lavau.

Curieusement, Raphaël Michel a pourtant des liens anciens avec la coopération, et notamment avec la Cave de Visan, dont il exploite un site de production (Volabis).

Par ailleurs, je m'interroge: en quoi l'achat des raisins par le négoce présente-t-il plus de risques de fraudes que celui par des coopératives?

Le syndicat incite les producteurs à "se poser les bonnes questions". C'est tout à son honneur. Mais encore ne faut-il pas produire de mauvais arguments. 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : racolage, négoce, coopération | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |