08 septembre 2014

A la Cité du Chocolat Valrhona, à Tain l'Hermitage

A la faveur d'un passage en Vallée du Rhône, pour l'AOC Saint Joseph, j'ai pu combiner une plaisir solide à ceux, liquides, ceux-là, que les syrahs et les marsannes de l'endroit m'avaient procuré.

Je profite de ce billet pour remercier Laurent Courtial et Claire Barnéoud, de Rouge Granit, pour cet aparté aussi instructif que gourmand, comme on va le voir.

En effet, juste en face de Tournon, petite capitale du vignoble ardéchois, au bout de la passerelle, se trouve Tain l'Hermitage. Et que trouve-t-on à Tain, outre d'autres vignerons? Valrhona, bien sûr!

 

LVCC0129.jpg

Photo: Laurent Vu

L'année dernière, ce chocolatier a ouvert les portes de la Cité du Chocolat, un lieu spécialement conçu pour la réception des touristes, des écoles, des néophytes et des passionnés - mais connaissez-vous beaucoup de gens qui n'aiment pas le chocolat?

Il y en a pour tous les goûts. Car cette Cité est un véritable parcours initiatique autour du chocolat. Pour les plus jeunes (et les autres), une cinquantaine d'animations, de bornes interactives, d'expériences gustatives, tactiles et audibles permettent de retracer l'histoire, et surtout les étapes de la fabrication du ou plutôt des chocolats.

LVCC0159.jpg

Photo: Laurent Vu

Des ateliers animés par des professionnels permettent aussi d'entrer dans le concret - j'ai ainsi pu toucher les fruits du cacaotier, les cabosses; les ouvrir, toucher les graines, les sentir...

Car à la Cité du Chocolat, tout est basé sur les sens. Une table permet même de reconnaître les principales odeurs présentes dans le chocolat (Ok, j'ai reconnu le citron et le torréfié, mais j'ai loupé le lait, par exemple).

LVCC0173.jpg

Photo: Laurent Vu

Ouverte seulement depuis octobre 2013, elle a déjà reçu près de 100.000 visiteurs. Devant ce succès, une nouvel étage va bientôt être ouvert au public, avec de nouvelles salles. Des dégustations vins et chocolat sont prévues, sommelier à l'appui.

 

Cerise sur le gâteau, on peut y goûter des chocolats, et on repart même avec une série de mignonnettes (c'est compris dans le prix). Et rien n'interdit de compléter la visite par un passage par la boutique ou vous attendent de belles tablettes (hmmm, le Chocolat blond Dulcey...)

LVCC0176.jpg

Photo: Laurent Vu

 

Alors, la prochaine fois que vous passez dans les Côtes du Rhône Septentrionales, faites d'une pierre deux goûts...

 

La Cité du Chocolat, Tain l'Hermitage, www.valrhona.com

PS. Et merci à Pascale Junique, responsable communication chez Valrhona

9684_1_304.png

 

07:21 Écrit par Hervé Lalau dans France, Gastronomie, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

30 août 2014

Saint Joseph "Grand Cru": La Sainte Epine

Bien que très étendue (une soixantaine de kilomètres le long du Rhône), l'appellation Saint Joseph n'a pas de hiérarchie à proprement parler, pas de crus. Tout juste des indications de lieux-dits appréciées des aficionados, mais guère au-delà.

Pour beaucoup, Sainte-Epine (le lieu-dit, le climat, comme on dirait en Bourgogne) est ce qui ressemble le plus à un grand cru pour Saint Joseph: une colline du village de Saint Jean de Muzols (au Nord Ouest de Tournon), aux sols particuliers, des sortes de granites décomposés - notamment du gneiss (un bon sol à vigne que l'on trouve aussi en Anjou et en Alsace, notamment). 

Sainte Epine 3.JPG

Vu de la Sainte Epine (Photo (c) H. Lalau)

Saint Epine, c'est aussi le Domaine de la Côte Sainte Epine, exploité depuis 2007 par Mikaël Desestret (5ème génération de Desestret sur le domaine).

Mardi dernier, à l'occasion d'un bref passage à Tournon, j'ai visité ce domaine. Veni, vidi, bibi.

Le vignoble compte 7 ha (dont 1 ha de cépages blancs); il s'agit de très vieilles vignes en terrasses (les plus anciennes syrah auraient près de 140 ans). Les rendements sont naturellement très bas. Les Desestret replantent chaque année quelques arpents (principalement en syrah); la colline retrouve ainsi peu à peu sa couverture de vignes, beaucoup plus étendue avant le phylloxéra.

Chez les Desestret, on aime les choses simples: pas d'inflation du nombre de cuvées, un blanc un rouge, deux vins intitulés "Vieilles Vignes". 

Les vins sont plaisants sur le fruit jeunes, mais gagnent à être attendus. Je me répète: on boit souvent les blancs trop jeunes, c'est encore plus vrai sans doute de cépages comme la Marsanne, qui, avec quelques années, gagnent en complexité.

photo.JPG

La cuvée Vieilles Vignes en blanc (Photo (c) H. Lalau)

Saint Joseph Blanc 2013

Très joli nez de fleurs blanches, de poire et d'abricot (on pense au Viognier et pourtant, il n'y en a pas à Saint Joseph), assaisonné d'une pointe de miel de de pâte de coing, la bouche, elle, est bien Marsanne, acidulée, pleine de sève, de jus, et avec une belle amertume finale. Rien à dire, tout à boire. A garder un peu, aussi.

Saint Joseph Rouge 2013

Robe sombre mais brillante. Joli nez de fruits noirs (cerise noire) et rouges (fraise), quelques notes de violette, des épices douces; tout ça a un côté sauvage, primesautier; la bouche, elle, est franche, directe, pas énorme, pas malingre non plus, juste ce qu'il fait de matière pour qu'on puisse parler d'élégance. Belle finale saline (je n'ose dire si c'est le gneiss qui parle...)

Saint Joseph Rouge 2011

Au nez, une belle giclée de cerises griottes à nouveau, accompagnée cette fois de légère notes fumées; tannins très fins. Plus corsé, tendu, minéral, c'est le type même du grand vin du Rhône Nord, conjuguant plaisir et complexité.

Sainte Epine1.JPG

Photo (c) Hervé Lalau

Contact: +33 4 75 08 85 35

PS. Ne pas confondre: l'excellente Maison Delas commercialise aussi une cuvée de Saint Joseph Saint Epine, produit à partir de parcelles de ce lieu-dit, qui n'est pas en monopole.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |