09 août 2015

Un viognier ardéchois signé Chapoutier

Pour le commun de oenophiles, Chapoutier, c'est un des grands noms du Nord du Rhône. Mais saviez-vous qu'il exploite un vignoble au Sud de l'Ardèche? Et ce, depuis 1995? Son nom est celui du lieu-dit: Les Granges de Mirabel. J'ai goûté cette semaine son Viognier 2014.

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Est-ce l’altitude (350m) ou les sols volcaniques des Coirons, mais ce Viognier est non seulement expressif, comme on peut l'attendre de ce cépage aromatique, mais aussi assez vif, ce qui est moins courant.

Est-ce de la mirabelle au nez? En tout cas, du fruit blanc bien mûr, complété d’agrumes. La bouche est à la fois fraîche et pleine; tout est bien en place - c'est riche (mais l'alcool ne domine pas), c'est gras (un peu de miel de de coing viennent compléter le nez), mais pas mou. Même la pointe d’amertume en finale est bienvenue, elle relance l’intérêt des papilles de notre langue quelque peu… alanguie par tant de sensations.

La morale de l'histoire? Elle est double.

Primo, avec ce vignoble, Chapoutier a fait une excellente acquisition.

Secundo, moi aussi. Car oui, j'ai acheté la bouteille - je rédige en ce moment même un petit papier sur le viognier d'Ardèche, et cette cuvée manquait à mon panel. Elle figurera en bonne place dans ma sélection. 

09:35 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

03 août 2015

Retour à Jonquières

Une petite digression personnelle, tout d'abord. 

J'ai habité Jonquières, près d'Orange, pendant quelques mois, en 1985.

A l'époque, cependant, je ne travaillais pas encore dans le domaine du vin - mon premier boulot m'avait conduit à exporter... du concentré de tomates. Il n'y a pas de sot métier. Surtout quand, par un de ces détours dont la vie a le secret, il m'a amené à m'exporter moi-même, en Belgique, et à pouvoir redécouvrir le vin, de France ou d'ailleurs, avec des yeux neufs.

Quelques années plus tard, je suis retourné à Jonquières, et c'était justement pour visiter le château dont je vais vous parler aujourd'hui.

Malijay, puisque c'est son nom, faisait à l'époque partie des joyaux de la couronne des Salins du Midi.

Depuis 2007, ce grand domaine de 130 ha appartient à la famille Deltin. Et fait mentir deux fausses vérités. Primo, qu'un vignoble d'un telle taille ne peut produire du bon (car on peut trier, c'est tout l'intérêt d'une gestion familiale); en deux, son nom: Malijai, du latin male jacet, mal situé. A moins qu'il s'agisse d'un mauvais gué, va savoir.

Quoi qu'il en soit, les Deltin ignorent probablement tout de mon petit ancrage local, et m'ont récemment envoyé leur vin à déguster.

Une cuvée de Syrah. La Part des Anges 2013. Joli nom, qui évoque plutôt les alcools.

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De l'alcool, il y en a 14% dans cette cuvée, mais il se fait très bien oublier derrière un fruit charmeur (prunelle, cerise, mure), des notes florales (violette) et épicées (poivre et romarin); ajoutez y un peu de cuir et de réglisse, une pointe de sel en finale, et vous avez le portrait d'un vin complet. Un Méridional bien charpenté. Bonhomme, certes, mais sérieux.

Et maintenant, la question qui fâche: faut-il encore attendre ce 2013?

Trop tard, il est ai déjà bu! J'ai bien dit bu. Parce ce que les bonnes bouteilles que je déguste, je les bois en famille, dans la foulée. Et sur le coup, aucune plainte, aucun regret, aucun remord. Un "tiens" vaut mieux que "deux tu l'auras", et mes amitiés aux collectionneurs!

13:01 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |