26 mars 2015

Michelas St Jemms, Crozes-Hermitage

Michelas St Jemms se situe à Mercurol, près de Tain L'Hermitage. Ce vieux domaine familial (3 soeurs et un frère) produit des Vins de Pays, des Cornas, des Saint Joseph, des Hermitage et des Crozes-Hermitage.

C'est un échantillon de cette dernière appellation, la Cuvée La Chasselière, millésime 2011, qui vient d'égayer ma matinée. Comme le rayon de soleil d'un forsythia en fleurs.

mercurol,michalas st jemms

Je confesse un petit a priori favorable pour les vins du Rhône Septentrional, et pour la syrah en général. Difficile d'en faire abstraction quand tout, dans ce vin, me confirme dans mes préférences: son nez de fruit noir bien ouvert, sans chichis - du cassis et de la mûre; sa bouche épicée, mais aussi terreuse, animale, viandeuse, saucée, réglissée, complexe, ample, mais vive. Ses notes de moka et de cacao (le vin est resté 12 mois en foudres de plus de 4 ans); ses tannins bien fondus, comme une trame dans un tissu très lisse.

J'aime son côté paysan, authentique, qui n'exclut pourtant pas une dose d'élégance - la finale voit le retour du fruit noir, dans une ambiance veloutée; la glèbe s'enrobe de soie, pour notre plus grande félicité. Que demander de plus? 


Alors passons à la question qui fâche: faut-il encore l'attendre? "On peut", dira celui qui se projette dans l'avenir. "On n'est pas obligé", dira celui, comme moi, qui apprécie le charme de ce fruit, et qui craint de le voit d'estomper peu à peu au profit de notes plus évoluées.

Contact: michelas.st.jemms@wanadoo.fr

00:44 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : mercurol, michalas st jemms | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 mars 2015

Domaine Olibrius ou le charme des vins à valeur personnelle ajoutée

L'Olibrius qui donne son nom au domaine, c'est Marc Danielou, vigneron autodidacte et breton... Bref, un homme qui dénote dans le paysage des Côtes du Rhône gardoises. Un passionné, surtout.

Et les vins?

Goûtons-les sans a priori... 

La Cuvée ISKis 2012 (Côtes du Rhône) assemble carignan, grenache et counoise.

Ce fut ma préférée. Beaucoup de fraîcheur, du fruit noir (mûre, cassis), du cuir, des épices, la langue qui claque sur la finale, croquante à souhait, c'était sans doute aussi la cuvée la plus équilibrée, la plus joyeuse.

 

Olibrius © H. LALAU .JPG

La Cuvée ORISTAL 2011 présente plus qu'un air de famille avec la précédente. Je l'ai trouvée un peu plus concentrée, plus chaude, aussi. J'ai aimé ses épices de la garrigue, son ampleur, son côté animal, aussi.

Les autres vins (parfois les mêmes cuvées, mais dans d'autres millésimes), m'ont un peu moins inspiré.

Pas de défaut, non, mais un peu trop de bois pour mon goût, un peu trop d'alcool, parfois même beaucoup. Même le Carignan Diaoul, qui possède pourtant une belle structure, et de jolies notes animales, me semble un peu trop envahi par les notes torréfiées, à ce stade. Mais tout ça se discute. Car c'est plus une question d'emballage, de finish, que de fond.

Ce que j'aime chez cet Olibrius, c'est qu'il suit son instinct.

Manifestement, il aime les vins mûrs, l'extraction ne lui fait pas peur - c'est vrai que s'il avait voulu faire des vins légers, il ne serait sans doute pas venu dans ce coin du Gard.

Les mentions sur l'étiquette ne sont pas non plus sa principale préoccupation - d'une année sur l'autre, on passe du vin de France aux Côtes du Rhône.

Bref, Marc Danielou fait du Marc Danielou, et mon conseil, c'est qu'il continue. Ses vins ont de la personnalité, ils sont hors des modes, et c'est bien. Même si tous ne sont pas ma tasse de thé, je n'en dégoûterai certainement pas les autres!

Plus d'info: contact@olibrius.com

 

06:50 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : olibrius | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |