16 décembre 2015

A Laudun et à Chusclan

La Cave Laudun-Chusclan Vignerons regroupe 200 viticulteurs de la rive gardoise du Rhône, qui produisent principalement des Côtes du Rhône et des Côtes du Rhône-Villages.

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Sur rive droite du Rhône

La structure est issue de la fusion, en 2008, des deux coopératives éponymes; elle dispose d'un outil de production moderne; comme dans bon nombre de coopératives à ambition qualitative, on y a mis sur pied une politique de rémunération différenciée en fonction de la qualité des apports et du respect d'un cahier des charges à la vigne; plus original, elle propose aux jeunes viticulteurs de se former sur le tas, au sein d'un domaine expérimental, le Clos de Taman. 

A noter aussi, la belle progression des blancs - Laudun possède indiscutablement des terroirs adaptés à cette couleur.

Mes préférés:

Terra Vitae bio Laudun blanc 2014

Poire, pêche anis, fleurs, du gras, pas énormément d'acidité mais une belle amertume qui réveille la bouche. Grenache et clairette. 15/20

 

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Laudun Clos de Taman 2013 

Grenache Syrah. Pas de bois. Un petite partie des raisins ont été vinifié avec macération carbonique.

Très fumé, réglisse, cuir, finesse, j'aime la finale sur la griotte et le noyau 15/20

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Chusclan Les Genêts 2014

Grenache Syrah Mourvèdre Carignan 

Plus fluide. Très aromatique (cerise, mûre, thym...). Tannins suaves, pas mal de souplesse, une pointe de sécheresse en finale, mais rien qui ne résiste à une bonne viande braisée...

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Et si l'on redécouvrait les charmes de la rive droite? Et des bonnes coopés...?

00:47 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Tags : laudun, chusclan, vignerons | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

14 décembre 2015

2014 dans le Rhône: un avis de producteur

Jusqu'à présent, rares ont été mes coups de coeur dans le millésime 2014, dans les vins du Rhône; Bien sûr, je n'ai pas tout goûté; bien sûr, aussi, l'esprit humain fonctionne souvent par opposition. Or, contrairement à ce qui s'est passé à Bordeaux, 2013 a été un bon millésime dans quart Sud-Est de la France. Plus irrégulier, 2014 a sans doute pâti de la comparaison.

Mais qu'en pensent les vignerons eux-mêmes, au moment où les vins débarquent sur les tables?

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Louis Barruol (photo (c) H. Lalau)

Louis Barruol (Château de Saint Cosme, à Gigondas), s'est exprimé sur le sujet: 

"L’enchainement de millésimes est un phénomène étrange. De 1991 à 1995, aucun millésime ne fut franchement très bon. Puis la nature offrit une succession de quatre très bons millésimes de 1998 à 2001, et encore une succession similaire de 2004 à 2007 inclus. Cette fois, la nature nous propose un enchaînement marqué par les différences d’une année à l’autre. 2010 fut un grand millésime, puis 2011 fut chaud et trop précoce, puis 2012 fut frais et tardif, puis 2013 fut le millésime le plus tardif et la plus petite récolte depuis 50 ans, puis 2014 fut la plus grosse récolte depuis très longtemps !...

De quoi y perdre son latin. Nous venons d’avoir, en cinq ans, un panel le plus large possible (et assez rare) de ce que notre climat est capable de proposer. J’aime profondément cela. En effet, je trouverais très ennuyeux de cultiver la vigne dans une région où la notion de millésime n’existe pas, ou peu. On pourrait en citer beaucoup dans l’univers viticole mondialisé d’aujourd’hui.

Nous avons donc retrouvé en 2014 une vendange avec une grosse récolte: nous en avions presque complètement perdu l’habitude ! Après une sortie de raisins pléthorique, des conditions de floraison idéales, il a fallu procéder à des vendanges en vert qui ont permis de tempérer les excès que la nature propose parfois. Malgré ces vendanges en vert, 2014 reste une année de bon rendement dans laquelle les vignes ont eu envie de pousser et de donner. Nous avons donc aussi fait un gros travail d’effeuillage qui a permis de pousser les maturités assez loin: fin des vendanges à Saint Cosme le 12 octobre.

Nous avons aussi effectué un tri sans concession, comme d’habitude. Il y aura en 2014 année une différence de qualité abyssale entre ceux qui auront fourni tous les efforts (rendement, travaux en vert et double tri sévère) et ceux qui auront fait de l’à-peu-près. Dans ce genre de millésime, la nature ne fait aucun cadeau au vigneron qui doit alors mériter beaucoup par lui-même. Les Gigondas 2014 de Saint Cosme sont colorés, ronds, tendres, équilibrés et expressifs. Ils sont très «Saint Cosme» et me rappellent beaucoup les vins du millésime 2000 qui se sont toujours bien dégustés tout au long de leur vie, jusqu’à aujourd’hui encore.

Dans le Nord du Rhône, la longue série des millésimes classiques continue, à croire que cela ne s’arrêtera jamais.. Mais cette fois, le Condrieu est d’une qualité exceptionnelle".

Louis Barruol

00:28 Écrit par Hervé Lalau dans France, Rhône | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |