18 décembre 2009

Les très "Baux" rouges de Provence

Vous connaissez sans doute tous ce superbe village des Alpilles - au moins de nom. Mais peut-être pas ses vins. Moi pas, jusqu'à hier.

Ils sont une quinzaine de vignerons qui se partagent cette petite appellation de 350ha; une appellation relativement récente, car avant le grand gel de 1956, les gens du cru se consacraient presque exclusivement à l'olivier.

Et hier, à la faveur d'un voyage sur place, j'ai pu faire connaissance avec eux et leurs vins.

Baux

Dans les Baux, la vigne a deux concurrents: la pierraille et l'oiivier (photo H. Lalau)

Impression globale: les rouges sont plius intéressants que les blancs, et présentent une assez belle homogénéité. En moyenne, j'ai été surpris par la fraîcheur du fruit qui émane de ces vins pourtant résolument méridionaux par leur cépages et par leur localisation. L'explication: sans doute le microclimat des Alpilles (avec deux versants, nord et sud) et l'influence du mistral..., mais aussi une prise de conscience des vignerons, qui évitent la surmaturité.

Bon, je suppose que vous voulez des noms. Alors voici mes préférés de ce soir:

Terres Blanches Cuvée Aurélia 2007
Très syrah au nez, riche, réglisse, griotte explosive, dense, mais de la fraîcheur sous le fruit, bois, amertume légère. Un des plus nordistes de l’appellation. 15/20

Château Romanin Cuvée Château 2007
Nez discret, bouche très ample de fruit noir, fumé, cerise de Bâle, bois de santal, encens , beaucoup de classe 15/20

Mas de la Dame "Coin Caché" 2005
Menthol, zeste d’agrumes, boisé, fraîcheur finale, de l’éclat, superbe 15/20

Mas Sainte Berthe Cuvée Louis David 2005
Gelée de cassis au nez et en bouche, quelques épices et herbes du maquis, pas mal de fraîcheur sous le fruit, très élégant, 15/20

Autres belles bouteilles: L'Affectif 2005, Mas de Gourgonnier 1998 (sur une noisette d'agneau aux olives, je ne vous dis que ça...). Demain, on s'attaque à de plus jeunes millésimes...

22:07 Écrit par Hervé Lalau dans Provence | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

30 septembre 2009

Provence: tradition et modernité

Au printemps dernier, les vignerons provençaux (ou à tout le moins leurs représentants) ont rappelé leur attachement à la tradition, avec le succès que l'on sait, en dénonçant le projet européen visant à légaliser l'assemblage de rouge et de blanc pour les vins hors appellation. Ce fut une belle victoire.

Janus-Vatican.JPG

Janus, héros provençal

 

Comme ils sont dotés d'une formidable souplesse intellectuelle, cela ne les empêche pas de se situer en pleine "modernité": depuis un certain temps, en vrais Janus, ils réfléchissent au lancement d'une version effervescente de leur vin, au sein même de l'AOC Côtes de Provence. On parle déjà de "méthode provençale". Une demande en bonne et due forme devrait être déposée sous peu auprès de l'INAO. Compte tenu des difficultés de la filière viticole, et de la bonne orientation des mousseux, on se dit que celui-ci ne devrait pas être trop regardant. C'est oublier le poids des autres régions à bulles, qui pourraient bien bloquer ce projet par trop concurrentiel. Ca s'est vu dans d'autres cas, c'est ce qu'on appelle "la grande famille viticole".

Tradition, modernité, patrimoine, opportunisme... Et les principes, me direz-vous? C'est bon pour les gogos, les journalistes. Tout ce qu'on leur demande, à ceux-là, c'est  d'effacer leur disque dur à chaque nouveau communiqué...

07:12 Écrit par Hervé Lalau dans Provence | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |