29 juin 2010

Un homme de convictions

On peut ne pas être toujours d'accord avec ce qu'il dit, ni avec sa manière de le dire. Mais il faut lui reconnaître le courage de ses opinions, et un grand mépris du qu'en dira-t-on, trop rare de nos jours.

Lui, c'est Jacques Berthomeau, et voyez comment il flingue Paul Dubrulle, à l'occasion de ses vacances en Provence:

"Les champs de lavandin osaient le bleu lavande. Les cigales cancanaient. Route vers Bonnieux pour encore chiner. Je passe devant l’affreuse bâtisse du domaine de la Cavale; et dire que le propriétaire, Paul Dubrulle, le co-fondateur du groupe ACCOR, préside le CN de l’oenotourisme. Quand le geste se veut en rupture avec le lieu, encore faut-il qu’il soit audacieux. Ici, le minable se conjugue avec la prétention, c’est vraiment affligeant".

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Le reste de sa chronique est à lire sur le blog des 5 du vin, ici

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Provence | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 janvier 2010

Mas de Gourgonnier 2008

Vous connaissez mon intérêt pour la viticulture bio. Vous savez sans doute aussi, si vous lisez régulièrement ces pages, que je m'intéresse au vin dit "nature". Une mémorable dégustation chez In Vino Veritas, au printemps dernier, m'a fourni matière à réflexion, et je vous en ai déjà parlé...

 

Etat des lieux au 17 décembre

Pour ceux qui auraient loupé un épisode (je suppose que vous avez une vie en dehors d'internet), la conclusion était plus ou moins la suivante; je vous la redonne à la louche, vous ne m'en voudrez pas de faire court et réducteur:

- le vin "nature" est une piste éminement intéressante et sympathique, tout ce qui va dans le sens du "moins chimique" est a priori positif;

- certains producteurs dans cette démarche font des merveilles;

- on ne peut pas généraliser (comme l'ont fait récemment les journalistes de la RTBF, pour les quels il y a le bon vin à l'état de nature et d'innommables daubes en dehors).

La dégustation nous avait cependant alerté sur un point; la tendance de beaucoup des vins nature à se ressembler, indépendamment de l'origine; sans doute sous l'influence du procédé (pas d'ajout de soufre et levures indigènes peuvent se traduire par des fermentations mal maîtrisées, voire, dans le cas d'une hygiène un peu trop approximative, de l'oxydation et des faux goûts).

 

Gourgonnier

Baux comme un camion

 

Le goût du Baux

Bref, il me restait à déguster un vin nature vraiment emballant. Ce fut le cas lors de ma descente aux Baux de Provence, avec le Mas de Gourgonnier 2008. Mais trèves de bavardages, voici mes notes (prises sur le vif, brutes de cuves, ou mieux, "nature").

Ouah, quel fruit! Fraise, violette, cassis, légère note de carbonique; un énorme vin de plaisir, beaucoup de fraicheur acidulée, bonbon Pie qui Chante, réglisse, de l'élégance en bouche, juste ce qui faut de matière, très "digeste", et une touche de minéral en finale, comme une lauze sous le soleil après la pluie 16/20

Bon, rien que pour ce vin (totalement sans ajout de soufre, m'a dit la vigneronne), je pense qu'il est bon que le "nature" existe. Une telle pureté d'arômes a de quoi faire frémir le plus blasé des journaleux. Sauf, bien sûr, ceux qui pensent qu'un vrai grand vin est un vin difficile d'accès, limite hermétique. Et il y en a. Ne leur parlez pas de Dumas, de Verne ou de Maupassant, ils préfèrent Joyce. Vous vous esclaffez devant Bourvil et de Funès, ils préfèrent se prendre la tête avec les frères Dardenne. Comme les  jurés de Cannes qui priment les films que vous et moi n'avons pas envie de voir, mais jamais ceux qui remplissent les salles (trop évident, trop vulgaire), ils réservent leur notes maximales à des grands crus austères. Je caricature à peine.

Mais revenons au Gourgonnier. Le plus intéressant, à mon sens, c'est que ce vin est très Baux; il fait bien partie de la famille, il ne la renie pas. La preuve que le vin nature peut exprimer le terroir.

Bon, j'ai peut-être l'air de me dédire, mais qu'importe, il faut avoir l'honnêteté de reconnaître qu'on s'est trompé, ou qu'en tout cas, la vérité n'est pas aussi noir ou blanc que l'on veut bien le croire.

Pour en finir avec le vin nature

En résumé, et pour en finir avec le vin nature (jusqu'à la prochaine fois!) je pense aujourd'hui que cette voie est sacrément ardue, qu'il ne suffit pas de laisser le vin se faire tout seul, et que quand il est bien fait, un vin nature peut être vraiment grand, tout en restant agréable à boire.

Pour en savoir plus: http://www.gourgonnier.com/

 

Et merci à Laurent Courtial et Anne Georget (Rouge Granit), de m'avoir fait découvrir ce joyau.

 

06:22 Écrit par Hervé Lalau dans Provence | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |