22 mai 2013

Changez de braquet, buvez du Bellet!

Nantes a le Muscadet, Toulouse a le Fronton, Nice a le Bellet.

Une AOC qui a bien failli disparaître, victime de l'expansion de la ville. En marge du dernier Mondial du Rosé, j'ai pu y visiter une cave, le Domaine de Toasc. J'ai particulièrement apprécié son rosé.

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La vue du domaine de Toasc

Bellet Domaine de Toasc Rosé de Braquet 2012

Le Braquet, c’est  LE cépage de Bellet, le petit vignoble de Nice.

Un cépage qui, même en rouge, ne donne pas énormément de couleur. Par contre, il est très parfumé. Fraise écrasée, agrumes, beaucoup d’épices au nez, et comme une note d’iode. Épicé en bouche, assez long, salin, un vin plein de vivacité. Changez de rosé, prenez le large, essayez le Bellet!

Domaine de Toasc, 211 Chemin de Crémat F-06200 Nice, +33 4 92 15 14 14

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Provence | Tags : bellet, toasc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

14 mai 2013

Quelques idées reçues sur le rosé

Je ne vous ferai pas l’injure, amis oenophiles, de croire que vous partagez les a priori et les fausses croyances, les légendes urbaines qui entourent le rosé...

-Non, le rosé n’est pas un mélange de blanc et de rouge (en Europe, en tout cas, et à la curieuse exception du Champagne rosé). Notez que la frontière est ténue: on peut assembler des moûts de blanc et des moûts de rouge, ça oui, mais pas des vins ayant terminé de fermenter.

-Non, le rosé pâle n’est pas plus qualitatif que le rosé intense. C’est juste une question de vinification (macération pelliculaire ou non, longueur des cuvaisons…) et de cépages. La mode est au pâle, certes, mais comme toutes les modes, elle n’a pas de fondement.

-Non, un rosé pâle n’est pas forcément plus léger qu’un rosé soutenu – essayez de les déguster dans des verres noirs…

-Non, il n’y a pas encore de définition du vin rosé – compte tenu des variations de couleurs, on passe du blanc tâché au rouge clairet, et la plupart des normes douanières ne parlent que de vin blanc ou de rouge. Tout est question de point de vue : en 1854, Victor Rendu parle du Tavel comme d’un vin de teinte très claire. Il fait référence au rouge, bien sûr…

-Non, il n'est pas facile d'identifier les teintes du rosé - le nuancier du Centre du Rosé en recense une quinzaine, sans compter les demi-tons. Du litchi au grenat en passant par l'abricot, la framboise... le Centre a quand même fait l'économie des couleurs de type poétique, comme "la Cuisse de Nymphe Émue"...

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Cuisse de nymphe émue (photo Marc Vanhellemont)

-Non, le rosé n’est pas forcément un vin pour néophyte. Ce qui est vrai, par contre, c’est que beaucoup de consommateurs occasionnels de vins, de consommateurs peu exercés, osent le rosé en se disant que ce vin exige moins de connaissances. C’est souvent dans le même public que l’on recrute les amateurs de «produits aromatisés à base de vin» (vade retro satanas). Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de grands rosés, de nature à séduire l’oenophile.

-Non, le rosé ne demande pas les glaçons. Le bon vigneron vous livre généralement un produit fini, il n’est pas besoin de le diluer.

Et pour finir, oui, la consommation de rosé a doublé en France et en Belgique ces 20 dernières années. Il est curieux de constater que cette progression s’est faite sur un marché du vin en forte baisse, dans le premier cas, et en forte hausse, dans le second. Le rosé semble donc avoir sa propre logique. Peut-être parce que son mode de consommation est plus "décontracté"?


00:26 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Provence, Vins de tous pays | Tags : rosé, roses de coupage | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |