14 janvier 2014

Vous avez du vin multi-dimensionnel?

C'est un des mots qui fait fureur dans le petit lexique de l'amateur de vin (notamment anglophone): multi-dimensional.

Son succès, je suppose, est à la mesure du flou de sa définition. Un peu comme la minéralité. Moins c'est précis, et plus c'est facile à employer. Car qui vous contredira? Si on l'osait, vous pourriez toujours dire que vous n'avez pas la même définition du mot.

Qu'est-ce qui peut bien avoir plus qu'une dimension dans un vin? A part la bouteille, au sens physique, je veux dire. Est-ce une façon plus moderne de parler de complexité? Est-ce que ça veut dire que ses arômes ne sont pas seulement primaires, mais secondaires, tertiaires... ou plus encore?

Parle-t-on de la texture? De la structure? 

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Entrons dans l'espace inter-dimensionnel, M. Spock!

Je ne crois pas avoir jamais employé ce mot de multi-dimensionnel. Multi-couches, peut-être, et encore, pas souvent.

Au fait, certains vins n'ont-ils pas une dimension de trop? Le pourri, le vert, les bretts, le soufré, le vieux bois, par exemple. Autant de replis de la galaxie du vin qu'on préfère ne pas explorer. Trous de verre ou pas.

Bref, je crois que j'en resterai à l'uni-dimensionnel. M. Spock, enclenchez la vitesse lumière!

00:45 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire, Vins de tous pays | Tags : multi-dimensional | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

12 janvier 2014

La morte avait dix ans de moins

Extrait du site du Figaro, pour les besoins d'une petite démonstration des méfaits du copier-coller sur le journalisme moderne:

"Une femme d'une soixantaine d'années a été retrouvée hier morte, égorgée, dans son appartement à Tarascon et son mari, blessé également au poignet, a été placé en garde à vue à l'hôpital, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

L'alerte a été donnée par une voisine intriguée par la dispute entre un père et son fils vers 21h30. A leur arrivée, les secours ont découvert une femme marocaine d'une cinquantaine d'années, égorgée, qu'il  (sic) n'ont pu réanimer."

En à peine un paragraphe, la morte avait rajeuni de dix ans!

Ma question: les rédacteurs de journaux (et de l'AFP) se relisent-ils?

Sur le même site, je lisais hier l'article d'un confrère du Figaro... de 1914, qui relatait une attaque survenue voici 100 ans devant le palais de l'Elysée. Quelle belle langue! Quelle précision! Et dire que tout ça était tapé à la machine, puis envoyé au plomb...

La technologie, c'est bien, mais la qualité de l'information a-t-elle vraiment gagné au change?

 

09:45 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |