12 janvier 2014

La morte avait dix ans de moins

Extrait du site du Figaro, pour les besoins d'une petite démonstration des méfaits du copier-coller sur le journalisme moderne:

"Une femme d'une soixantaine d'années a été retrouvée hier morte, égorgée, dans son appartement à Tarascon et son mari, blessé également au poignet, a été placé en garde à vue à l'hôpital, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

L'alerte a été donnée par une voisine intriguée par la dispute entre un père et son fils vers 21h30. A leur arrivée, les secours ont découvert une femme marocaine d'une cinquantaine d'années, égorgée, qu'il  (sic) n'ont pu réanimer."

En à peine un paragraphe, la morte avait rajeuni de dix ans!

Ma question: les rédacteurs de journaux (et de l'AFP) se relisent-ils?

Sur le même site, je lisais hier l'article d'un confrère du Figaro... de 1914, qui relatait une attaque survenue voici 100 ans devant le palais de l'Elysée. Quelle belle langue! Quelle précision! Et dire que tout ça était tapé à la machine, puis envoyé au plomb...

La technologie, c'est bien, mais la qualité de l'information a-t-elle vraiment gagné au change?

 

09:45 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

09 janvier 2014

Vin, presse et politique: le cas Dassault

Comment la rédaction d'un journal doit-elle traiter son actionnaire de référence?

Non, ce n'est pas qu'un sujet pour école de journalisme, c'est une question d'actualité pour les journalistes du Figaro.

Depuis quelques semaines, Serge Dassault est sous le coup d'une demande de levée de son immunité parlementaire. La justice le soupçonne d'avoir acheté des votes dans son fief de Corbeil-Essonnes. L'info circule dans la presse... sauf au Figaro, "son" journal.

Hier, le bureau du Sénat a rejeté cette levée de l'immunité, par 13 voix contre douze. Curieusement, personne, à gauche, ne se rappelle avoir voté contre. Le résultat est pourtant là.

Mais même cette information plutôt favorable à l'avionneur de 87 ans ne se retrouve pas dans les pages internet du Figaro. Ah si: une petite brève, sans commentaire, dans le Flash info AFP, hier, à 14h17. Mais on ne la voit déjà plus ce matin.

Alors que ce matin, l'info est abondamment commentée en une de la version web du Monde, qui s'interroge sur les coulisses du vote. On la trouve aussi sur le site de Libération, de Ouest-France, de L'Humanité et plus discrètement, sur le site de La Croix.

Je trouve cela troublant. "Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur", lisait-on dans Le Mariage de... Figaro. Et sans la liberté d'en parler du tout?

Je vous ai mis les liens pour que les lecteurs du Figaro qui viendraient ici puissent quand même avoir l'info - je les rassure, surfer, de temps à autre, sur les sites de journaux d'autres obédiences, ça n'est pas pécher.

Maintenant, ma crainte est la suivante: les journalistes du Figaro vont-ils aussi devoir boycotter Château Dassault?

 

chateau-dassault.jpg

 Ce serait dommage, car jusqu'à présent, le "vin du patron" s'en tire plutôt bien dans les pages vins du Figaro; 16/20 pour le 2012, 16/20 pour le 2011, 16/20 pour le 2010, 16/20 pour le 2009.

Même le Rafale ne fait pas d'aussi jolis tirs groupés. Et pourtant, il n'y a pas d'effet millésime dans l'aviation.

07:04 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Tags : information, liberté, dassault, château dassault, figaro | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |