26 janvier 2014

Closer avait raison

La presse de vin souffre. "Et on a mal a la tête", comme dit mon ami Philippe. Le nombre de titres spécialisés a chuté, le nombre de pages vin dans les journaux et les magazines aussi.
Parallèlement, un autre type de presse s'est beaucoup développé: la presse people.

photos-de-hollande-dans-closer-il-ne-faut-pas-s-etonner-du-retour-de-baton,M137554.jpg

Business model

D'où une réflexion toute simple.

Vu que Closer avait raison.

Attendu que ce magazine fait et défait les premières dames de France.

Attendu que la presse dite sérieuse, elle, n'a pas fait le boulot.

Attendu que la vie privée a bon dos: quand la concubine a un bureau à l'Elysée, aux frais du contribuable, celui-ci a le droit de savoir pour quoi il paie.

Attendu que le lecteur a toujours raison même quand il est vulgaire.

Je me propose donc de démarrer un magazine trash de la viticulture.


On cherchant bien, je devrais bien pouvoir trouver une Gayet* aux Abymes, reclasser Trierweiler comme 52ème Grand Cru d'Alsace, repérer la nouvelle Nabila dans les bulles de Champagne (Non mais allo, Krug!), un Bieber dans la bibine, un Ribéry dans la Ribera, une Zahia dans ce que vous voulez. Une Gouinette Pastrop chez les Donne del Vino. Une Kardashian à la DRC. Ou au moins, un Kurniawian. 

Pour vous, cher public, j'écumerais les boîtes de nuit branchées. En commençant par Castel (Frères). Et je jouerais les oursins dans caviar.

J'ai déjà un titre: "Wine Closet".
J'ouvre donc une souscription.
Envoyez vos dons. Il me faut un scooter.

* Les noms propres ont tous un sens, souvent perdu. L'étymologie du nom Gayet est assez claire: elle vient du lorrain Gaillet, qui veut dire chevreau (néerlandais Geit, la chèvre). Le mot a pris le sens péjoratif de "mauvais cheval". Espérons que ce ne sera pas le cas pour notre président. La gaillette peut aussi désigner une brique de houille. Un caractère de feu!

09:38 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

22 janvier 2014

Le Paterfamilias, la syrah, le grenache et autres vieilleries

Actualité brûlante en France: depuis l'adoption de nouvelles lois sur la famille, ou ce qui en tient lieu, se pose la question d'adapter le langage à la nouvelle réalité. La novlangue ne peut plus concilier des notions comme "je vous déclare femme et femme", par exemple, et la référence à un comportement de "bon père de famille". Et ne me dites pas que ça vient du latin: le latin connaissait le neutre, lui, au moins. Templum, templi. Linoleum, linolei. Popodum, popodi.

Mais va-t-on assez loin?

Bon nombre de langues ont carrément aboli la notion de genre - l'anglais, par exemple, ne la possède plus qu'à l'état de trace: presque tous les mots sont neutres: "the dog, it gives milk. The cow, it barks".

Je connais même une langue qui, ces 400 dernières années, a abandonné masculin, féminin et neutre: c'est l'afrikaans. Le tour de passe-passe a constitué à remplacer les articles "sexués" par un seul et même démonstratif.

On ne dit plus "het kind" et "de man" ou "de vrouw", comme en néerlandais, mais "die kind", "die man" et "die vrouw". Voila pour ceux qui douteraient encore de la modernité des Afrikaners...

 

Chanson_de_roland.png

L' chanson de l'Roland"

En Français, on pourrait aussi abolir la et le, au profit de li - un vieil article défini disparu au 14ème siècle.

On disait la dame et li mur au nominatif singulier, les dames et les murs au pluriel.

En fait, notre système actuel dérive curieusement des formes accusatives, qui sont inchangées (je vois la dame, je vois le mur).

Le choix serait donc entre le modèle n°1:

"La mourvèdre et la grenache sont des belles cépages adaptées à la climat méditerranéenne" (tout au féminin, donc, ce qui constituerait en sorte de revanche pour tous les siècles de domination linguistique des mâles).

Ou bien le modèle N°2, avec éventuellement élision du li en l' (l'élision étant à la castration ce que Laurent Ruquier est à Patrick Sébastien).

"Li mourvèdre et li syrah sont des beaux cépages adaptés à li climat méditerranéen". Ou "L'mouvèdre et l'syrah".

Je penche plutôt cette dernière forme, qui aurait l'avantage de ne pas avoir l'air de reprendre des articles actuellement sexués, ce qui pourrait être perçu comme de la discrimination pour ceux qui préfèrent ne pas se déterminer.

Autre problème, mais qui toucherait un moins grand nombre de mots: il faudrait songer à supprimer des vocables ci-devant sexués comme père ou mère (même dans "Père Noël", "père la vertu", "mère patrie" ou "la mère du vinaigre"), au profit de mots comme "parent". Idem pour "étalon", "poulinière", "vache", "taureau", "cane" ou "chatte". Surtout chatte.

Exemple: "L' parent Noël est descendu par l'cheminé". Ou encore, pour reprendre un fait divers dont je vous parlais hier: "En 1994, Loren' Bobbitt a été acquitté après avoir coupé l' sexe de s' mari avec l'couteau de l' cuisine".

On croirait un peu dans Bienvenue chez les Chti, c'est sympa.

A terme, aussi, il conviendra ne plus choisir de prénoms sexués, qui influencent sans doute de manière dissimulée la perception que les enfants peuvent avoir d'eux-mêmes. On pourrait généraliser des noms du genre Camille ou Dominique, ou désexuer des prénoms existants: Jul plutôt que Jules ou Julie. Franci plutôt que François ou Françoise.

Tout ça va demander un peu de boulot, et un certain temps d'adaptation, mais moyennant quelques incitans fiscals, ou éventuellement des amendes fiscals pour les récalcitrans, on devrait pouvoir aboutir à l' résultat escompté. C'est l'petit prix à payer pour un vrai changement de l' société.

A l' passage, on réglera l' problème de les mots comme "procureure", "vigneronne" ou "écrivaine". Plus besoin de se poser l' question de l' accord, puisque que les genres auront été supprimés.

Surtout, dans l' domaine de l' vin, plus de doute à avoir entre "la syrah" ou le "syrah", "la grenache " ou  "le grenache". Ce qui est quand même l' grand avantage de l' changement.

 

10:12 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |