09 décembre 2014

Les dix commandements du vigneron français

Tu ne tueras point.

Tu ne voleras point.

Tu ne frauderas point.

Tu ne feras point de publicité sur ton vin.

Si tu fais quand même de la publicité, elle ne devra point être vendeuse. Tu pourras éventuellement participer à des émissions télé ou radio mettant en garde le consommateur contre les pesticides, ou contre l'alcoolisation massive des jeunes à la vodka ou au whisky, phénomène auquel tu es associé malgré toi par d'éminents chercheurs sponsorisés par l'industrie pharmaceutique.

Tu mettras ton terroir en avant, tes cailloux, dans l'espoir que le consommateur les suce puisque tu ne peux pas les montrer en train de boire.

dix-commandements-du-salariat-a-domicile.jpgLes tables de la loi... Evin?

 

Quand tu verras Novak Djokovic faire de la pub pour Jacob's Creek, comme c'est permis à l'étranger, tu ne t'offusqueras point.

Tu seras fier d'être Français, producteur d'un produit potentiellement dangereux sur un marché intérieur qui décline mais exportable et curieusement encore prisé par de pauvres étrangers inconscients.

Tu paieras régulièrement à l'Etat français et à ses agences tes cotisations, tes taxes, tes impôts sur la base de la production de ton poison légal.

Tu ne convoiteras pas le vignoble de ton voisin étranger.

Ou alors tu l'achèteras, tu le développeras en profitant du foncier plus abordable, des charges plus faibles, d'un code du travail moins contraignant, et alors, tu pourras concurrencer les vins français sur les marchés tiers.

00:33 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : bible, vigneron | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 décembre 2014

Compte pénibilité: qu'en est-il pour les dégustateurs professionnels?

En France, le compte pénibilité du travail entre en vigueur le premier janvier 2015.

Dans les arrêtés d'application, je n'ai pas trouvé de critères qui concernent directement mon activité.

On parle bien de travail à la chaîne, mais je ne suis pas sûr que le fait de déguster une série de 50 vins dans la foulée puisse entrer en considération.

Il y a aussi la position debout, mais c'est en fonction des endroits - parfois, c'est assis.

Le travail en soirée; les heures de transport. Déjà que je fais plus que mes 35 heures par semaine...

J'ai aussi pensé à la répétitivité du lever de coude, mais la charge soulevée est sans doute insuffisante.

Non, ce qui devrait me valoir des points pénibilité, ce sont les vins à défauts que je dois m'enfiler régulièrement; les bouchonnés, les brettés, les réduits, les oxydés avant l'âge, les goûts de poire blette; l'accumulation de soufre, aussi. Ou même, le flot de vins inintéressants, sans vice ni vertu, sans véritable raison d'être.

Heureusement, il y a aussi pas mal de vins qui me plaisent, les vins qui me parlent, les vins qui entretiennent ma passion autant que mon aliénation de travailleur du verre et de la plume. Est-ce que le législateur va en tenir compte et diminuer mon compte pénibilité d'autant? 

Mais je suis bête: les indépendants sont certainement exclus du système. Et les journalistes en vins salariés sont plutôt rares, de nos jours.

Alors tant pis pour le compte pénibilité! 

08:40 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |