04 février 2016

La vigne, chimique et poétique

Voyage de presse dans le Sud de la France.

Je marche dans la garrigue, avec un groupe de confrères et un chef de culture. Un vent vif m'apporte ses mots. "Cathionique", "fercal", "pH", "réductif", "chlorotique", "niveau d'altération de la roche mère"...

D'habitude je m'intéresse, je tente de déchiffrer. Moi qui n'ai aucune formation scientifique, j'aimerais tant comprendre!  

Le comment, le pourquoi, la vie de la plante vigne. C'est sûrement très important. C'est à la base de tout.

Malheureusement, à quelques pas de là, un collègue pérore; lui sait tout.

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Je décroche.

J'aime les paysages de vignes. J'aime les voir frissonner dans le vent de l'automne, ou bourgeonner au soleil du printemps. J'aime les cailloux qui roulent ou craquent sous mes pas. J'aime l'alignement des rangs lorsqu'ils épousent le relief et ses courbes, ou qu'ils le prennent d'assaut, au contraire. De face ou de biais.

J'aime les coteaux, les perspectives, le sentiment d'espace, le bel ordonnancement des vignes qui font comme un grand peigne au flanc des collines et jusqu'en lisière des forêts. Comment imaginer les Corbières sans vignes? Quelle nudité, quel désert ce serait! Comment imaginer la Bourgogne et ses Côtes sans vignes? Quelle tristesse ce serait!

Je ne sais rien de ce qui se passe dans le sol, ce qui apporte ou pas les nutriments ou les arômes au raisin.

Et vous savez quoi? A cet instant précis, je m'en fiche.

 

00:56 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

01 février 2016

Où sont les femmes?

La récente polémique (une de plus) sur l'absence de femmes dans la sélection du Festival de la BD d'Angoulême m'a incité à une sévère introspection. Je constate que les vins de femmes sont très peu présents dans ces chroniques.

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Comme dirait Juvet: "Où sont les femmes?" (photo Allan Warren)

Pourtant, aucune volonté de ma part. D'ailleurs, comme la grande majorité des vins que je vous présente ici ont été dégustés à l'aveugle, au cours de dégustations multi-sexes, multi-races, multi tout (il nous arrive même de mélanger Languedoc et Roussillon, c'est vous dire!), je ne pense vraiment pas faire de sexisme.

Oui, mais. Considérant qu'il y a toujours beaucoup plus de vignerons que de vigneronnes dans la viticulture française et européenne, ne me faudrait-il pas, au titre d'encouragement, et de lutte anti-discrimination, décréter un quota de vins de femmes? Un peu comme ça se passe aux Etats-Unis avec le quotas de minorités dans les films, par exemple.

J'ai comme un doute. Non, deux.

D'abord, il me faudrait être sûr de sélectionner des vins réellement vinifiés par des femmes; il existe pas mal d'associations de femmes vigneronnes, mais à y regarder de plus près, il y en a de deux sortes: les femmes qui font le vin, et les femmes qui vivent avec ceux qui font le vin. Bien sûr, seules celles qui se rangent dans la première catégorie pourraient m'intéresser.

Secundo, me faudrait-il, après dégustation, aller jusqu'à repêcher un vin non sélectionné par ce que c'est un vin de femme? Je ne pense pas que ce soit là un service à rendre à la gente féminine.

En attendant, je pense donc que je vais continuer à sélectionner les vins pour ce qu'ils ont. In vitro veritas.

Après tout, sans aucun effort de ma part, j'ai quand même déjà épinglé les vins de Pascale Rivière (Jasse Castel) , Hélène Thibon (Mas de Libian), Clothilde Legrand (Domaine Legrand), Pilar Rodrigo (Shadrapa), Marie Chauffay (La Réserve d'O), Catherine & Alix Roque (Clovallon/Mas d'Alezon), Anne Donnadieu (Domaine de la Salade), Françoise Sirot-Soizeau (Château Closiot), Alessandra Quarta (Claudio Quarta)... et j'en oublie sans doute pas mal...

 

 

 

 

00:44 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Europe, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |