07 février 2017

Vous avez dit "alcool"?

Lu sur le site Passion Santé:

"En fonction de la consommation d’alcool, à quel risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) s’expose-t-on ? Il semble que la limite se situe à deux verres quotidiens.

Cette équipe internationale a passé en revue une trentaine de travaux réalisés sur le sujet à travers le monde, et conduit deux études en Suède (74.000 adultes). L’intention consistait à déterminer dans quelle mesure l’alcool, en fonction des quantités, pouvait influer sur le risque d’AVC, et de quel type : ischémique (un caillot bloque la circulation sanguine dans une artère cérébrale) ou hémorragique (rupture d’une artère cérébrale).

Les résultats concernent tant les hommes que les femmes, en ajoutant que d’autres paramètres peuvent intervenir et compliquer - encore - la situation : l’hypertension artérielle (principal facteur de risque d’AVC) et le tabac, en particulier.

Que constate-t-on ?

Consommation faible à modérée (un ou deux verres par jour). Le risque d’AVC hémorragique n’augmente pas, alors qu’il pourrait y avoir une petite diminution du risque d’AVC ischémique.

Consommation importante (trois ou quatre verres par jour). Le risque d’AVC ischémique augmente de manière significative, et plus légèrement pour l’AVC hémorragique.

Consommation très élevée (plus de quatre verres par jour). Le risque d’AVC ischémique et hémorragique (aussi) augmente très sensiblement.

La limite à ne pas dépasser, pour ce qui concerne le risque d’AVC, semble donc se situer à deux verres par jour, en insistant sur le fait que si d’autres facteurs de risque sont présents, il est préférable de limiter davantage sa consommation."

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Juste deux petites questions: à quel type d'alcool fait-on allusion, à quel degré? Et à quelle taille de verre?

La précision est une vertu cardinale, dans la communication... surtout scientifique.

 

14:02 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 janvier 2017

Les anti-alcool flamands cassent le thermomètre

Cassandre a des nouveaux émules en Belgique: le VAD (Centre d'expertise flamand pour l'alcool et les autres drogues). Rien que son intitulé situe bien la réflection: pour ses membres, l'alcool n'est rien d'autre qu'une drogue.

Mais alors, me direz vous, pourquoi ne pas s'appeler Centre d'expertise flamand sur les drogues, tout simplement? Peut-être parce qu'il est toujours mieux d'avoir un bouc émissaire déclaré qui ait une base légale - ben oui, le VAD aurait du mal à assigner au tribunal des marques de cannabis, et s'il s'attaquait aux revendeurs, cela ferait ringard. Et qu'il y a-t-il de pire que d'avoir l'air ringard, de nos jours?

Finalement, langue mise à part, le VAD n'est pas si différent de notre ANPAA: la même dialectique, les mêmes têtes de turc, la même sélectivité dans la dénonciation et dans l'action.

Si j'évoque cette officine aujourd'hui, c'est qu'elle vient de sortir une belle statistique, bien alarmante, comme on les aime du côté des hygiénistes:  "Un travailleur belge sur sept consomme plus de dix (verres de) boissons alcoolisées par semaine" - ce sont les chiffres d'une enquête RH Securex, menée auprès de plus de 1.600 travailleurs belges. Et pour le VAD, "cette consommation peut affecter leur rendement au travail".

Vous auriez abordé la question l'année dernière, on aurait haussé les épaules. Jusqu'en novembre, en effet, on considérait que la consommation hebdomadaire de 21 verres de boissons alcoolisées pour les hommes et de 14 pour les femmes était sans danger. Mais paf, en novembre, changement de thermomètre, la limite a été descendue à dix boissons alcoolisées par semaine; et là, plus de différenciation homme/femme, curieusement (à croire qu'en un an, le volume sanguin des hommes s'est aligné sur celui des femmes).  

Faisons les comptes: 10 verres par semaine, cela fait un peu plus d'un verre par jour. Si c'est du vin, alors c'est trop peu pour pouvoir boire en mangeant, à raison de 2 repas chaud par jour.

Encore un effort: abaissons la recommandation à 0, et tous les buveurs seront donc en danger, quelle que soit leur consommation. Dans le doute, abstiens-toi!

Mais au fait, qu'est-ce au juste qu'une boisson alcoolisée? Ne fait-on donc aucune différence entre une bière à 5 degrés, un vin à 13 degrés et une vodka ou un whisky à 40?

Ne serait-il pas plus judicieux de s'attaquer à l'ivrognerie (que je réprouve), aux vrais comportements à risques, plutôt que de mettre tous les buveurs dans le même panier de bouteilles, sous prétexte d'une sorte de principe de précaution dévoyé, du genre "qui a bu boira plus"...

Le VAD ne semble pas s'en préoccuper. Pas plus que l'ANPAA, en France. 

08:47 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |