29 septembre 2016

Non à la féminisation abusive des mots en -eur

Un petit rappel à nos confrères et consoeurs qui persistent à employer des barbarismes du genre "procureure, professeure, auteure", etc:

Dans sa mise au point du 10 octobre 2014, l'Académie française a tenu à dire ceci: "conformément à sa mission, défendant l’esprit de la langue et les règles qui président à l’enrichissement du vocabulaire, elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure,ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Le français ne dispose pas d’un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs. S’agissant des métiers, très peu de noms s’avèrent en réalité, du point de vue morphologique, rebelles à la féminisation quand elle paraît utile. Comme bien d’autres langues, le français peut par ailleurs, quand le sexe de la personne n’est pas plus à prendre en considération que ses autres particularités individuelles, faire appel au masculin à valeur générique, ou «non marquée».

Passe encore que certaines chiennes de garde s'obstinent à faire de la langue française un théâtre de leur guerre, quitte à tuer de très jolis mots et en en inventer d'affreux. Mais les membres des rédactions, mâles ou femelles, ne sont pas obligés de leur suivre sur cette pente.

00:24 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

21 septembre 2016

Presse et euphémismes

Je reçois ce matin un livret édité par le Centre de Déontologie Journalistique, contenant quelques recommandations en matière de vocabulaire; et plus précisément, sur la manière de parler des personnes étrangères ou d'origine étrangère - ainsi, en ce qui concerne celles qui sont en situation irrégulière, il ne faut plus parler d'illégaux, ni de clandestins, mais de migrants ou de réfugiés.

D'autres entrées dans ce glossaire sont plus techniques (asile, Islam, Eurodac, HCR...) mais les consignes en exergue sont d'éviter les généralisations abusives, les amalgames et le manichéisme, d'éviter de dramatiser des problèmes, d'utiliser les termes adéquats et de se méfier de la désinformation.

Qui ne souscrirait à un tel programme?

D'autant que dans ma partie, le monde viticole, les seuls illégaux que je connaisse sont des cépages encore non classés au catalogue, mis à part, peut-être, quelques vendangeurs itinérants venus manger le pain des Français en faisant le boulot qu'ils ne semblent plus avoir envie de faire, quand celui-ci n'est pas fait par des machines. Bref, je ne me sens pas trop concerné.

Tout de même, je me demande à quoi rime un tel ouvrage. La presse moderne me semble déjà regorger d'euphémismes - ce qui explique peut-être qu'elle soit en décalage avec la réalité sur pas mal de problèmes. Il faudra aussi que le Centre de Déontologie Journalistique m'explique comment aborder sereinement, sans dramatiser, un attentat à la bombe dans un aéroport, par exemple. Comment expurger un texte qui ferait état de l'origine des auteurs de l'attentat et de la revendication qui en est faite, de toute connotation péjorative.

Mais surtout, j'attends impatiemment son prochain glossaire, qui m'expliquera ce que je dois écrire en lieu et place de mots aussi polémiques que blanc, noir, jaune, indien, gaulois, libéral, communiste, fasciste, socialiste, sectariste, catholique, athée, sans oublier faillite, fraude, pédophilie, meurtre, condamné, radicalisé, fiché S, etc..., toujours dans le but de ne pas dramatiser le débat, d'éviter les amalgames et de ne pas désinformer.

Et si l'euphémisme était une forme sournoise de désinformation?

12:21 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |