01 septembre 2011

Un Champenois pouvait-il dire autre chose?

Suite de notre grand feuilleton sur le bouchon...

Henri Gasco, de Vranken-Pommery, m'a fait bien rire: "Le liège a su garder toute l'herméticité nécessaire pour le vin", déclare-t-il à qui veut l'entendre.

Tant pis si les faits infirment cette jolie prise de position (le liège n'est pas si hermétique que ça s'il laisse passer le TCA, notamment). Tant pis si la citation est de commande (pour le site des Liégeux de Planète Liège).

Sans doute M. Gasco est-il sincère. Je lui laisse le bénéfice du doute, en tout cas.

Moi, ce qui m'amuse, c'est le non-dit.

Imaginez un peu que le chef de cave d'une Grande Maison nous dise de brut en blanc (ah ah) quelque chose du genre:

"Oui, mes bouchons fuient, c'est problématique, mais que voulez-vous, le Champagne est une industrie où l'on doit avoir l'air vieux jeu.

C'est pas qu'on soit contre le progrès: on est même très modernes dans le domaine de la chimie, demandez aux vendeurs de produits phyto; et puis on augmente régulièrement nos rendements à l'hectare, ce qui prouve bien qu'on progresse dans la maîtrise de la matière première; on a robotisé le remuage, aussi. L'oenologie de pointe, on adhère: on chaptalise et on soufre copieusement, on refroidit, on mélange du rouge et du blanc, on essaie de bien contrôler la prise de mousse... C'est très technique, vous voyez.

Et ça, bien sûr, c'est seulement la partie émergée de l'iceberg. Parce que parfois, il y en a qui échangent des vins clairs ou des bouteilles sur lattes avec la concurrence; on dit même, qu'il y en a qui importent des vins d'ailleurs. Je ne dis pas que c'est bien, tout ça, juste que ce sont des pratiques plus ou moins admises. C'est qu'on a toute une planète à fournir, vous comprenez!

Mais mettre une capsule sur la bouteille, alors ça non, ce serait bien trop voyant".

Evidemment, ce ne serait pas bien, de dire ça. Ce serait peut être un petit peu vrai. Mais ce ne serait pas correct. Au sens de respectable, je veux dire.

Sur les quarts aviation, quand même, parfois, certaines maisons osent le bouchon de plastique, je crois. Evidemment, les gens ne vont pas descendre de l'avion en vol pour ça...

En attendant le grand coming-out du négoce champenois, je me permets de saluer trois producteurs qui, bien que de la région, sont à des années lumière de la conception mercantile (caricaturalement?) dénoncée plus haut: j'ai nommé Francis Boulard, Franck Pascal et Xavier Gonet. Courage, les gars!

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

24 août 2011

Osoyoos Reserve Wine

C'est la nouvelle de la semaine (il faut croire que les agences de presse sont en mal de scoop). Les Indiens Osoyoos font faire du vin. Et ils seront les premiers. Indiens. On parle des Indiens d'Amérique du Nord, bien sûr; parce qu'en Amérique latine, il y a déjà des précédents.

Le scoop, ce n'est pas qu'ils cultivent de la vigne - les Indiens sont propriétaires de grands territoires, au Canada, et en particulier les Osoyoos, en Colombie Britannique. Alors depuis assez longtemps, ils vendent leur raisin à d'autres. Non que la tradition indienne du vin remonte à Pocahontas, mais bon, il faut vivre avec son temps. Pe,da,t que pas mal de fFrançais désapprennent le vin, les Chinois et les Indiens s'y mettent. On appelle ça les verres communicants. 

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Depuis 2002, les Osoyoos ont même leur propre chai, et ils vendent donc leur propre production, dans leur propre réserve (ce sans doute ça qu'on appelle un Reserve Wine) et dans leur propre complexe hôtelier. C'est que les Indiens d'aujourd'hui ont le sens du marketing. D'ailleurs, les grands piliers qui annoncent les supermarchés et les pompes à essence, au bord de nos routes, ne s'appellent-ils pas des totems? Mais c'est une autre histoire.

La nouveauté, et ce qui justifie l'encre (et même les videos) que l'on déverse à ce sujet de Kanaal Z à Facebook, en passant par Afrique Expansion, c'est que c'est un Osoyoo qui va faire le vin.

Et s'il était meilleur que l'Osoyoos Larose, le vin de la "joint venture" franco-canadienne, dans cette même région de l'Okanagan?

C'est en tout cas possible de faire autre chose. Espérons d'abord que les Osoyoos, qui sont très doués dans la sculpture sur bois, auront la bonne idée de faire des statuettes avec les trop nombreuses barriques importées dans la région.

Prochaines étapes, et prochains scoops: des vins de glace faits par de vrais Inuits. Des vins parisiens faits par de vrais emmerdeurs. Des vins danois faits par les chiens du même nom. Des vins de Lesbos faits par des vrais Lesbiens.

Vous voyez, les grandes premières, moi, ça m'inspire.

00:50 Écrit par Hervé Lalau dans Canada, Pour rire | Tags : indiens, vins, scoop | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |