03 janvier 2012

La citation du jour (une histoire de piastres)

La citation du jour est signée de mon confrère canadien John Szabo, sur Twitter (et oui, on peut être puissant et court - euh, pardon, John). Bon, la voici. Je la laisse en version originale, mais je pense qu'il n'y a pas de difficultés à traduire, c'est une concept assez universel. C'est Marc André Gagnon, de Vinquébec, qui me l'a fait connaître.

"Question: What's the difference between a $15 Aussie Shiraz and a $50 Aussie Shiraz? Answer: $35 dollars."

Au fait, j'apprends incidemment que la SAQ augmente tous ses vins de 15 cents cette année, pour améliorer ses marges.

Alors une petite question, Marc André: de combien augmentes-tu le tarif de tes billets sur ton excellent Vinquébec?

Le modèle économique des blogs (ou des blouies, comme vous dites au Québec) reste à inventer...

 

00:49 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Canada, France, Pour rire | Tags : vin, vignoble, blog, blogue | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

02 janvier 2012

Fêtons dignement 200 ans de sucre de betteraves

Le 2 janvier 1812, il y a donc très exactement deux cents ans, Napoléon Ier rend visite à Benjamin Delessert, heureux propriétaire d'une nouvelle sucrerie située près du Champ de Mars, à Paris. Originalité: celle-ci fonctionne, non à partir de canne à sucre, mais de betterave. C'est une des toute premières du genre en France.

L'Empereur des Français reçoit un pain de sucre des mains de Delessert, qu'il décore immédiatement de la Légion d'honneur. C'est qu'il entend marquer l'importance de cette nouvelle industrie métropolitaine illustrant si bien l'indépendance nationale et le génie industriel de la France qui se lève très tôt - mais aussi, de manière un peu moins pompeuse, ses difficultés de communication avec ses colonies, du fait de la suprématie anglaise sur les mers.

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A Benjamin Delessert, la Patrie reconnaissante

 

On sait quel développement a connu cette industrie en France - même si certaines raffineries sont à présent dans des mains étrangères. Ach! Das gross Kapital!

On sait aussi que la viticulture est devenu un client important de ces sucriers. Certains vignobles, comme le Beaujolais, ont même été au delà des possibilités pourtant généreusement offertes par la loi et les dérogations dans ce domaine. L'affaire a fait grand bruit, même si les condamnations ont été assez légères.

Mais chaptaliser, n'est-ce pas un devoir civique, à l'heure du produire français?

Saluons donc l'effort de ceux qui continuent à sucrer leurs moûts malgré le réchauffement climatique!

A votre attention, et pour l'édification des jeunes consommateurs,  j'ai reconstitué le dialogue entre un successeur lointain du Petit Caporal et un viticulteur bien français, lors d'un déplacement en province.

L'Hyperprésident (à qui rien n'est étranger): "Alors, comme ça, mon brave, vous chabala-bala-tisez votre vin?"

Marcel Glucauze-Méjean, vigneron: "Ben oui, qu'est-ce que vous voulez, M'sieur l'Président, un degré d'alcool, ça coûte moins à produire avec du sucre qu'avec du raisin!

L'Hyperprésident: "Mais c'est du sucre français, au moins?"

Marcel Glucauze-Méjean: "Ah ça oui, pour sûr, je l'achète chez Inter."

L'Hyperprésident: "C'est bien, mon brave. Mais dites, au niveau du goût, de l'effet terroir, ce n'est pas moins bien?"

Marcel Glucauze Méjean: Ah bah non, M'sieur l'Président, moi j'suis en AOC. En Appellation d'Origine Chaptalisée. Vous en voulez-t-y une goutte?

L'Hyperprésident: "Non, sans façon, je suis au régime sans sucre..." Mais dites-moi, et si vous produisez trop?

Marcel Glucauze-Méjean: "Ca arrive, ben sûr, mais maintenant, z'ont inventé un truc au poil, les savants, y font du sucre avec le moût. Comme ça, nous autres, les vignerons, on va  pouvoir chaptaliser avec le sucre du raisin des copains. C'est comme qui dirait d'l'autosuffisance. A terme, on d'vient totalement indépendant du marché, on produit pour nous, en cuve close - j'veux dire, en vase clos."

Toute ressemblance avec un hyperprésident, un vigneron, un sucre ou une connerie existant ou ayant pu exister serait totalement fortuite.

Quoi qu'il en soit, pour marquer dignement ce bicentenaire du sucre pas cher, je lance un concours exclusif doté d'un espace rédactionnel gratuit sur ce blog; sera déclaré gagnant le plus gros chaptaliseur de France, en termes de kilos de sucre rapportés à la production. Les bordereaux d'achat de sucre feront foi (j'accepte également les tickets de supermarchés).

J'attends les candidatures!

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |