10 juin 2012

Les paysages viticoles de Champagne officiellement candidats au classement Unesco

On doit encore me prouver que ça sert à quelque chose, mais au moins, ça ne fait pas de tort. Les paysages viticoles de Champagne sont officiellement candidats pour être classés au patrimoine de l'Humanité de l'Unesco.

C'est vrai qu'il y a de jolis villages vignerons en Champagne. Mais aussi pas mal de terroirs à patate. Pas mal de pesticides dans les nappes phréatiques. Est-ce que ça entre en ligne de comte, quand on doit faire la preuve de la Valeur Universelle Exceptionnelle d'une zone à classer? L'Universalité de la pollution, c'est une idée qui se défend, effectivement.

En Champagne viticole, y a aussi pas mal de caves boîtes-à-chaussures, de chancres visuels et de terrains plats comme ma main.

Et si je demandais qu'on classe ma main?

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

08 juin 2012

Chronique amère: un grand rouge dans le grand bleu

Aujourd'hui, c'est chronique amère. Et salée. C'est l'actualité qui veut ça.

Je me réfère à la dégustation de Bordeaux immergés en mer, dont l'AFP (Agence France Pêche) nous régale dans une longue dépêche.

En définitive, on ne sait pas trop si c'est vraiment intéressant pour le vin. Par contre, c'est sûr, ça en fait parler. C'est pour ça que je ne citerai pas le nom du domaine. Suis pas payé pour ça.

Et puis je m'inquiète des répercussions que pourrait avoir une généralisation de cette brillante idée: si demain, tous les vignerons en quête d'excellence (et de notoriété) se mettent à immerger leurs bouteilles, on n'aura bientôt plus assez de côtes, et il faudra immerger des gendarmes pour empêcher les baigneurs d'écluser gratis.

Je sais de quoi je parle; il y a 10 ans, en baie de Banyuls, j'ai dégusté des vins immergés. Pas profond, notez bien. On les avait juste accrochés à une bouée. On voulait seulement les rafraîchir. Sacrée bonne idée.

Attention, je ne jette pas la pierre (ni l'ancre) au producteur bordelais et à son excellent service de relations publiques. Avec une telle histoire, les échos étaient quasi-garantis (et pas seulement radar). Alors pourquoi se priver? C'est si difficile, aujourd'hui, en France, de faire parler du vin.

Ce qui m'agace vraiment, c'est plutôt qu'une certaine presse ne s'intéresse au vin qu'au travers de ce genre de gadgets.

Je trouve pitoyable qu'on confonde à ce point l'anecdotique et l'essentiel, l'accessoire et le principal.

Serait-ce le mal du siècle, dans notre métier, que de prendre l'info par le petit bout de la lorgnette?

Je sais, il m'arrive de succomber à cette tentation. En général, sous l'ironie, c'est pour soutenir une idée. Mais là, quelle idée soutient-on? Pourquoi parle-t-on de ce non-événement, et pas plus des éléments qui influencent vraiment la qualité et l'authenticité des vins, aujourd'hui? L'osmose inverse. La chaptalisation. La cryoextraction. La réacidification. La désalcoolisation. Le goût de bouchon. La mort des terroirs sous les herbicides. C'est moins sexy, comme histoire, mais tant qu'à parler de vin dans la presse grand public, autant écrire utile...

Vous le savez, je milite activement pour que le bouchage n'influence plus la qualité du vin, que ce soit le travail du vigneron qui s'exprime lors de nos dégustations; alors si le lieu de conservation du vin, son altitude, ses conditions de pression deviennent des critères déterminants dans la critique des vins, je pense que je vais me reconvertir. Passer mon brevêt d'homme-grenouille et ne plus vous emmerder avec mes commentaires de vin, plus ou moins superficiels. Je me contenterai de vous parler de la profondeur de mes plongées.

Mais c'est mon ami Marc qui aura le dernier mot. En exclusivité, il nous livre sa réaction par rapport à l'opération: "Ouais, c'est super, on a même remonté une perle..."

08:21 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |