24 novembre 2012

Mauvais goût intégral (c'est la faute à Bruxelles)

Attention, ceci est de très, très mauvais goût. Mes excuses anticipées à la famille de la victime d'un accident bien malheureux. Je sais qu'on ne doit pas rire avec ce genre de choses. Mais c'est plus fort que moi.

Jeudi, un viticulteur gardois qui taillait ses vignes près d'Uzès a été tué d'un coup de fusil de chasse.

La dépêche AFP évoque une balle perdue lors d'une battue organisée aux environs.

 

Beretta_UGB-25-Xcel_004.jpg

 

Mais deux explications beaucoup plus plausibles viennent immédiatement à l'esprit.

A l'UMP, la querelle entre Copéziaces et Fillonaces atteint des proportions sans précédent. On ignore la tendance de la victime, mais l'élimination physique est bien dans la manière d'un parti dont certains responsables, semble-t-il, n'hésitent pas à adopter des comportements mafieux (M. Fillon le redoute, en tout cas).

Mais il y a une autre piste encore plus sordide. Non contente de vouloir tuer la vitculture de qualité avec des réformes néo-libérales (notamment la fin des droits de plantation, qui sont à la viticulture assistée l'alpha et l'omega, le parachute des sousmariniers, bref, a garantie du vin d'exception), la Commission européenne commanditerait des portes-flingues pour éliminer les vignerons dans leurs vignes, dans l'espoir de réduire le budget de ses aides.

C'est assez mesquin de sa part, non?

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Languedoc, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

21 novembre 2012

Aujourd'hui, je suis impertinent (et merci à Andrew Jefford)

"95% of wine drinkers take it for granted that wine is inseparable from hilarity, I suspect that almost all of us (wine writers & communicators) take it too seriously, too earnestly, too reverently".

Cette citation est de mon confrère britannique Andrew Jefford. Britannique, certes, mais qui se soigne, puisqu'il vit dans un petit village du Languedoc.

Pour en revenir à sa citation, je pense qu'il a tout à fait raison. Un peu d'humour, de légèreté, d'impertinence ferait beaucoup de bien à la critique vineuse.

vin,jefford,citation

Et en plus, Issan bon, ce vin!

Commençons dès à présent. Avec un conseil d'ami:

"N'achetez jamais un vin au dessus de 80 euros. Quel qu'il soit, il ne mérite pas ce prix. N'oubliez pas qu'il ne coûte jamais plus de 30 euros à produire et à transporter; rajoutez la marge des intérmédiaires, vous ne devriez pas dépasser 50 -60 euros. Le reste est le prix de votre bêtise, ami consommateur".

Et ne me parlez pas d'offre et de demande, de rareté: si le vin est à ce point rare, laissez-le aux spéculateurs et buvez autre chose. Car il n'y a pas de vin assez sacré pour ne pas devoir être bu. Non, correction, tout vin digne de ce nom doit être bu. Ceux qui ne le sont pas, soit parce qu'il sont trop chers, soit parce qu'il et plus rentable de les garder pour les revendre, ne méritent pas le nom de vin.

Leur prix va à l'encontre d'une dimension essentielle du vin: celle du partage. La différence entre un grand gru surcoté et une grande toile ou une grande sculpture (autres biens également prisés des collectionneurs, à des niveaux également indécents), c'est que dans le cas du vin, on ne  peut trouver de reproductions qui permettent au commun des mortels d'apprécier l'oeuvre.

En conclusion, je me refuse à faire la promotion de grands crus impayables et que je n'ai jamais l'occasion de déguster. Rien ne me dit qu'Yquem, Latour, Angelus, Haut Brion, la DRC, soient tellement bons - je demande à voir et à boire. Et tout me dit que le supplément de prix qu'ils exigent par rapport à d'autres domaines de leur zone de production n'est pas justifié. Une bouteille de Château Margaux ne vaut pas 15 fois une bouteille de Château d'Issan. Poutant, à 900 euros contre 60, c'est à peu près le différentiel de prix que l'on constate ces temps-ci sur les sites de vente en ligne. Mon conseil: si vous aimez vraiment le vin qui se boit, achetez donc plutôt une caisse de Château d'Issan.

J'irai même plus loin: à l'heure où le gouvernement cherche désespérément de l'argent, je trouverais normal qu'on applique une taxe de 100% sur le prix de vente des vins au-delà de 80 euros la bouteille.

Bon, Andrew, ça va comme ça, c'est assez irrévérencieux?

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne, Pour rire | Tags : vin, jefford, citation | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |