01 août 2014

Quinta da Foz 2009

Nombreux sont les beaux domaines de Porto qui ont trouvé un nouveau débouché, voire une nouvelle vie dans la production de vin non mûté. Comme la Quinta da Foz, à Gouvaes.

Ce domaine historique, ancienne propriété de la famille Cálem, étage ses 7 ha de vignes en forte pente au confluent du Fleuve d’Or et du Rio Pinhao, face à la petite bourgade du même nom. Endroit magique au sein d'un vignoble parmi les plus spectaculaires au monde.

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Au nez, son Douro 2009 nous offre une explosion de framboise et de mûres. Ces fruits prennent le relais en bouche, sans aucun temps mort.  Le boisé sous-tend l’édifice mais ne domine pas (malgré 18 mois passés en barriques de chêne français). Les tannins sont très soyeux, la puissance (15°, tout de même) se fait presque oublier sous l’élégance. Quelques notes d’eucalyptus en finale.

Assemblage: Touriga Nacional, Touriga Franca et Tinta Roriz, alias Tempranillo - trois des principaux cépages du Porto, aussi ne s'étonnera-t-on pas trop de trouver quelques similarités...

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Tags : douro, portugal, porto, quinta da foz | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

18 juillet 2014

Une question de rendement

Le CIVC vient d'annoncer la limite officielle du rendement pour la récolte 2014 - celui-ci reste à 10.500 kilos de raisin par hectare. 

La Champagne est un des rares vignobles français à exprimer ainsi ses rendements, et il faut une bonne calculette pour le transposer en hectolitres: le ratio retenu par la profession est de 0,006375.

Si on l'applique, les 10.500 kilos se transforment en 66,93 hectos à l'hectare.

Rien ne dit, bien sûr, que le ration soit exact pour chaque producteur: en fonction de la date de récolte et de l'année et même du cépage, un kilo de raisin peut fournir plus ou moins de liquide. 

Plus généralement, les chiffres de rendements sont à prendre avec beaucoup de pincettes.

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Et l'irrigation? (Photo (c) H. Lalau)

Qu'ils soient exprimés en kilo ou en hectolitres, plusieurs facteurs peuvent fausser l'analyse: la densité de plantation à l'hectare; les cépages (et notamment la couleur, le rendement étant en général plus élevé en blanc qu'en rouge); le type de vin (avec notamment le cas des vendanges tardives, des VDN et des mistelle). La possibilité ou non d'irriguer (un élément déterminant dans les zones du Sud de l'Europe) .

Une mesure au pied de vigne serait plus exacte. Mais les habitudes ont la vie dure.

Certains utilisent le rendement (et plus précisément, la faiblesse des rendements) comme argument qualitatif.

C'est exagéré.

Certaines zones sèches du Sud de l'Europe, et à faible densité de plantation ont naturellement de faibles rendements, qui ne confèrent pas forcément à leurs vins un avantage qualitatif, par exemple. Par ailleurs, si l'on compare les chiffres officiels entre différents pays, on s'aperçoit que les plus faibles rendements ne sont pas focément associés aux pays et aux vignobles les plus prestigieux.

Ainsi, les rendements les plus bas en Europe sont relevés à Chypre (13 hl/ha), et les plus élevés au Luxembourg (122 hl/ha). La France et l'Italie se situent en situation médiane, avec respectivement 58 et 68 hl/ha. 

L'Espagne est nettement plus bas, à 33h/ha, la Suisse plus haut, à 81 hl/ha.

 

14:58 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France, Portugal, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |