26 mai 2009

Ca bouge à Beja

Une nouvelle sous-zone de la DOC Alentejo devrait bientôt voir le jour: Beja. Elle a pour elle une forte singularité au plan des sols (surtout des schistes, comme à Vidigueira). Mais aussi et surtout, c’est là que l’on voit émerger le plus de nouvelles caves, généralement de grande dimension: Herdade do Rocim, Herdade da Maladinha, Casa Santa Vitoria, Herdade dos Grous…

L’Alentejo est la région des extrêmes climatiques… et politiques. Dans ce vieux fief communiste, l’argent des Golden Boys et du tourisme de l’Algarve a coulé à flots.

Bon nombre de ces projets incluent hôtel, restaurant, initiation à la dégustation, certains proposent même sports mécaniques ou équitation. Bref, c’est de l’oenotourisme intégré.

Et les vins ? Ils sont souvent étonnants, surtout pour des vignes si jeunes.  L’Olho de Mocho blanc 2007 de Rocim, par exemple, d'une exceptionnelle complexité pour un blanc du sud (mais cette cave vise haut); le Monte Peceguina rouge 2007 de Maladinha; ou encore le Grous Branco 2007.

Beja a un petit air d’Australie, ces gens ont de l’argent, mais ils ont surtout oublié d’être bêtes. Certains ont même l’esprit terroir, alors, on en reparlera…

 

Rocim

Herdade do Rocim

 

Non loin de là, sur le terroir de Vidigueira, j'ai aussi visité Cortes de Cima.

Carrie & Hans Kristian Jorgenssen, un couple américano-danois qui a bâti à Cortes de Cima, près de Vidigueira, une propriété modèle. A la base, un coup de coeur, mais aussi beaucoup d'huile de coude et pas mal de matière grise. Ici, tout ne s'est pas fait en une fois, on n'avait pas les moyens, mais ce n'est peut être pas plus mal, les Jorgenssen ont eu le temps de la réflexion.

 

00:06 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 février 2009

L'autre mousseux portugais

Jusqu'à présent, lorsqu'on pensait "mousseux portugais" - enfin, pour ceux qui y pensent - on pensait d'abord "Bairrada".

Il faudra réviser son jugement, car il y a maintenant une joiie alternative venue du Nord du Portugal: Miogo.

C'est Patricia Marques qui me l'a fait découvrir hier au Sol Ar, avenue Brugmann, à Bruxelles. Une adresse à retenir pour tous les défricheurs de saveurs lusitaniennes, qu'elles soient liquides ou solides (ah, la gelée de coing, le queijo da Serra, la confiture de tomate...). On peut même y apprendre à cuisiner portugais.

Mais revenons à notre espumoso du Nord. Il s'agit d'un rosé, élaboré à partir du cépage Espadeiro - un cépage qui tranche dans la médiocrité des rouges de la région. Il est aromatique, en tout cas. Au nez, j'ai trouvé de la cerise, du cassis et une bonne dose de fraise. La bulle est forte, mais pas grossière, la bouche est directe, sans rugosité, mais sans mollesse non plus. La finale est assez longue, on perçoit même quelques beaux tannins. C'est le genre de mousseux rosé que j'aime bien, sensuel, mais pas trop. On manque bien sûr de points de repères, - que ceux qui connaissent l'espadeiro lèvent la main - mais qu'importe, c'est bon.

 

Miogo

Miogo rosé, Espadeiro Metodo tradicional

 

Tiens, si, je n'ai pas pu m'empêcher de penser en le dégustant à la bouteille de Cerdon Lingot Martin qui m'attendait, ouverte depuis la veille, à la maison. Le nez du Miogo était très approchant, une certaine rectitude en bouche, aussi; la finale par contre, n'avait rien à voir, le sucre du Cerdon lui donnant un tout autre aspect, plus exubérant. Mais c'est drôle de constater qu'à tant de distance, avec des cépages différents, dans des conditions différentes, deux vins peuvent avoir un profil aromatique très semblable.

Patricia, qui connaît bien ses produits, me confie que le contact avec cette cave, gérée par deux femmes, s'est fait sur base d'un simple échantillonnage; la dégustation a été probante, le courant est passé, et voici le produit sur la liste du Sol Ar. C'est facile, le vin - enfin, parfois.

Le prix est très doux (le Solar marge peu, l'idée étant de lancer les produits sur le marché): environ 12 euros. Pour une telle qualité, c'est plus que bien. Et comme dit Marc Vanhellemont, "Miogo, j'y go!"

 

 

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The Sol Ar: info@thesolar.pt

08:20 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Tags : sol ar | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |