27 décembre 2010

W-Anibal

Vous vous intéressez au vin portugais, comme moi?

Alors rien de mieux que les conseils d'un autochtone. Je vous en suggère un bon: Anibal Coutinho, auteur de guides, organisateur de voyages, passionné de vin.

Celui-ci vient de lancer son site: w-anibal.

Et si vous le visitez régulièrement, vous profiterez de sa sélection de vins, remise à jour chaque semaine.

C'est ici

Muito prazer!

 

 

18:46 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Tags : vin, vignoble, portugal | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

10 décembre 2010

C’est la saison des bulles pas pâles

Le grand retour de l'ami Eric Boschman, avec sa sélection de bulles de tous horizons... tiens, sauf la France, cette fois.

"Et même s’il s’en va tiquant, le consommateur se délecte de plus en plus des effervescences planétaires. C’est que la bulle s’est mondialisée ces dernières années.

C’est grâce à la maîtrise presque absolue du processus d’élaboration que les choses bougent si bien et vite depuis une grosse décade. Quand je dis presque, c’est juste parce qu’il reste encore quelques cochonneries effervescentes en vente libre, mais le progrès est en marche, et, surtout, la sanction du marché est généralement sans appel. Même si nous sommes souvent panurgiens (ou panurgiques, allez savoir) dans nos comportements de consommations, il s’avère que les vins les plus médiocres ne se maintiennent en vie que grâce à quelques failles spacio-temporelles provisoires. C’est quand même une bonne nouvelle. Mais n’allez pas pour autant croire que tout soit rose au pays des bisounours; le monde du vin n’a jamais été autant globalisé qu’aujourd’hui. Le goût, cette fameuse affaire définitivement indéfinissable, n’a jamais autant été formaté de par le vaste monde. Surtout si l’on consomme des vins à base de variétés internationales. Au bout du compte ce qui différencie un chardonnay premier prix (on ne dit jamais bas de gamme dans ce monde) d’Australie d’un chardonnay premier prix chilien, à part les couleurs de l’étiquette, c’est le prix et puis c’est presque tout. il en va de même pour les vins effervescents courants. D’autant plus que la technique dite de la méthode traditionnelle, que vous connaissiez mieux sous le nom de méthode champenoise*, a une certaine tendance à unifier les saveurs des vins.

Les vins qui piquent sur la langue ont le vent en poupe, surtout dans le dernier trimestre de l’année, même si en Belgique il s’en consomme plus de quinze millions de bouteilles chaque année. C’est que chez nous tout est prétexte à décoincer la bulle, le petit n’a que douze échecs ? vas-y fait péter ! Bart n’est plus triste parce que l’on se moque de lui dans le Soir ? Ouvrons vite deux boutanches ! Il n’y a pas que les sapins qui attirent les vins qui moussent. Les spécialistes de la question s’esbaudissent rien qu’a la vue des statistiques du marché national. A voir l’explosion de consommation du Cava chez nous en moins de dix ans, alors que rien de particulier n’a été fait par les producteurs, on peut se dire que les nos ressources sont inépuisables. Même si cette mode ne concerne que le Nord du rideau de pommes de terre ou presque, avec plus de quatre-vingt cinq pour cent des ventes, alors que le Sud reste nettement plus fidèle au Champagne.

A voir les prix des ces deux boissons, il y a de quoi se poser quelques questions quand a ce que nous racontent les économistes. A moins que ce ne soit tout simplement tout l’argent noir de la Wallonie qui ne se transforme en bulles. Quoi qu’il en soit, il est temps d’entre dans le vif du sujet, des vins de différents horizons, de différents cépages, pays, parfums, bref des vins d’un peu partout pour vous cette semaine. Oui, on élabore des bulles de qualité sur au moins cinq continents, mais si vous voulez vous faire frissonner les neurones, il faut faire un petit effort. L’accès à l’orgasme dévastateur demande un peu de travail, ne fut ce que de préliminaires. Après les fabuleux conseils du docteur Ruth, voici les avis du docteur Burp !

*Lorsqu’il s’agit de vin qui pétille, tout ce qui a rapport au champagne, s’il ne s’agit pas de champagne est totalement interdit de mention. Un peu comme dans Happy Ploteur, celui dont on ne peut pas dire le nom. Donc, même la méthode d’élaboration, qui est pourtant tout à fait la même, voire qui est développée par de grandes maisons de Champagne à travers le monde, ne peut être nommée champenoise. C’est un peu compliqué, mais dans un vin où le marketing entre en ligne de compte pour une grande partie du prix de vente final, il est fondamental de boucler complètement son image.


Perles de Sambre « Le Coude à Coude » 100% Chardonnay (Belgique) Mig’s 12,5 €

Indéniablement l’étiquette la plus moche du monde, le genre de bouteille que l’on conseille a ceux qui souhaitent arrêter de boire. Mais s’ils cessent, c’est qu’ils se limitent au plumage et ne sont pas vraiment interêssé par le ramage, parce que là, franchement, c’est une belle illustration du potentiel qualitatif national lorsqu’il s’agit de bulles. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais c’est dans la lignée de l’illustre Ruffus du domaine des Agaises. Une bulle de fête qui, si on cache la bouteille, en bluffera plus d’un par son élégance et sa finesse.

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Amalia Brut (Grèce) Canette 11,60 €

Ce vin, issu du cépage moschofilero à 100%, est le reflet du progrès technique des vins effervescents dans des régions nouvelles, ou, a tout le moins récentes pour la production de ce type de produit. La bulle est fine, régulière, le nez est très floral, marqué par un côté tilleul et cognacier. La bouche est bien vive, avec une petite touche de rondeur en milieu de palais et une belle fin relevée par une touche d’amertume. Ce qui donne une belle longueur toute en élégance. Un vrai chouette vin, parfait pour accompagner quelques ruines, une ou deux colonnes doriques, voire, mais aux beaux jours seulement, une corinthienne.



greekchampagne.jpgConde de Vimioso (Portugal) Sol Ar 10 €

Une grosse tendance au Portugal depuis cinq ans que la bulle. Malgré la crise économique grave que vit le pays, les prix restent stables et raisonnables. Ce vin est une très très belle réussite, une de plus belle bulle produite dans le coin depuis longtemps. C’est fin, peu dosé, délicat en bouche et plutôt floral. La bouche est bien structurée, on a l’impression de mordre dans du fruit frais, avec un beau gras. C’est une bulle qui accompagnera un disque de fado non millésimé ou encore un peu de fromage de brebis de Serra d’Estrela avec juste un peu de pain de maïs et hop et hop.

Borgoluce Prosecco di Valdibiane (Italie) Winery 10 €

Dans les bulles ritales, il y a bulles et bulles, surtout lorsqu’il s’agit de prosseco. Il n’y a qu’a confier sa vie et son foie à l’un ou l’autre restaurateur pour s’en rendre compte. Combien de saleté digne d’une nuit de bunga bunga silviesque pour un vin digne de ce nom ? Mais quand c’est digne, c’est digne d’un don du ciel ! Celui qui vient est tout en légéreté, en élégance et en finesse. C’est presque de la dentelle tant c’est fin et léger. Parfait pour arroser un soir d’élection et de victoire des bons, ou encore pour fêter le premier rayon de soleil qui pointera son nez dans les prochaines semaines.

Jane Ventura «Reserva de la Musica» Cava (Espagne) Winery 9 €

Comme pour le Prosecco, il y a cava et cava. Et même que parfois cava pas du tout, c’est même du genre qui déchire mais pas en bien. On s’en souvient un peu partout dans l’organisme. Mais quand les producteurs bossent bien, c’est le genre de vin qui fait plaisir longtemps. Ce vin est marqué au départ par le côté un peu rôti du Xarel-lo, un de ses trois cépages. La bouche est un rien crémeuse, ronde, avec des notes de noisette et de torrefaction en fond. C’est bien balancé et, surtout peu dosé ce qui tend le vin et le rend fort agréable à la dégustation. A boire avec les deux oreillettes et la queue. Quoi que pour accompagner une jeune paella sauvage, c’est encore faisable.

Bird in Hand Pinot Noir Adélaïde Hills (Australie) Aux sens larges. 9€

Nos amis qui vivent la tête en bas sont un peu favorisés lorsqu’il s’agit d’élaborer des méthodes traditionnelles. En effet, vu leur position, il est plus facile pour eux de mettre les bouteilles sur pointe pour le vieillissement des populations de levures. Cela dit, ceci n’explique pas tout, car en plus dans ce cas précis, le vin est super bien fait, avec une touche de rondeur qui fait plaisir a boire. On est dans le gras, dans le fruité, mais toujours brut hein. C’est mûr en fait. Pour accompagner un koala sevré de son eucalyptus ça le fait, ou alors un crocodile à l’écossaise, comme on le fait à Dundee, c’est assez top.

Santa Julia Extra Brut (Argentine ) Mig’s 10€

L’Argentine vient, il y a peu de proclamer très sérieusement que le vin était sa boisson nationale. C’est vrai qu’à Mendoza, au pied de la Cordillère des Andes, a plus ou moins quinze cent mètres d’altitude, tout est réuni pour élaborer de grands vins, dans toutes les couleurs. Et chez Santa Julia, on ne badine pas avec l’amour ni avec la qualité. S’il fallait un genre de maître à chats pour cette fois on pourrait dire que c’est celui-ci. J’ADORE véritablement, c’est bon, un peu court comme les extra bruts peuvent l’être, mais c’est super net, tendu comme une corde de violon et plein de matière. Et puis, on vous le confirmera souvent, ce n’est pas la longueur qui compte. Pour accompagner un civet de vigogne, voire, pour les chanceux, à l’apéritif avec madame Kirchner, c’est le top !


Prosecco « Ita » Treviso (Italie)   Mig’s 8 €

Si vous avez de la chambre, heu, pardon de la chance, vous savez ou se trouve le TRéviso à Bruxelles. Si pas, rendez-vous donc rue de la longue haie et vous saurez. Lors de votre prochain passage dans le quartier, munissez vous d’une de ces bouteilles, pour faire plaisir à votre accompagnatrice, ou teur, c’est selon, attention au supplément de 15 € pour la troisième personne. Bref, c’est un vin qui donne envie de faire la fête, de s’amuser et déguster sans se casser la tête. Il ne pose pas de question, mais il donne bien du plaisir. Son attaque est souple, tranquille. Il évolue vers des notes de fruits blanc, d’ananas et de poire mûre. Mais c’est juste le nez. La bouche est pleine, bien ronde avec une longueur moyenne. La fin est marquée par une petite touche pomme verte bien rafraîchissante".


Adresses :

Ces vins proviennent de cavistes. Il y a de plus en plus de bons cavistes près de chez vous, le phénomène gagne du terrain, n’hésitez pas à les contacter pour savoir s’ils peuvent vous procurer ces flacons. S’ils sont bons, ils feront le geste. Sinon, il ne vous restera plus qu’à vous adresser à ceux-ci. 

Canette
28, Rue De Witte De Haelen - 1000 Bruxelles -Tel : 02 223 13 82

Aux sens larges, route de Namur 156  4280 Avin (Hannut)
Tel : 019 69 60 51

Mig’s
Chaussée de Charleroi 43 1060 Bruxelles Tel 02 534 77 03

The Sol Ar
52 Avenue Brugmann 1190 Bruxelles. Tel : 0476 81 29 98

The Winery
Place G. Brugmann, 18 - 1050 Bruxelles - Tel : 02 345 47 17