16 avril 2011

Chez Paço do Conde, au Sud du Portugal, quantité rime avec qualité

J'ai découvert cette quinta lors de mon dernier voyage en Alentejo, grâce à mon confrère et ami Anibal Coutinho. Deux choses m'ont frappé ici: la qualité de fruit du vin de base et la modestie du propriétaire, à l'écoute des commentaires, ouvert sur les autres.

Il s'agit pourtant d'un grand domaine (110 ha de vignes et 1000 ha d'oliviers); comme la plupart des quintas de la région, les plantations sont relativement récentes (14 ans). Elle coincident avec l'arrivée de l'irrigation.

Sa production avoisine le million de bouteilles, dont une bonne partie prennent le chemin de l'étranger, et notamment du Québec et de l'Ontario. Bref, retenez ce nom.

vin, vignoble, alentejo

Ma bouteille du jour (Photo H. Lalau)


Herdade das Albernoas 2009 Branco
Superbe palette aromatique au nez, du floral aux agrumes en passant par les pêches mûres. Belle minéralité, fraîcheur, bonne acidité, sans doute grâce à l'Arinto. L'ensemble reste vif, léger, le vin de terrasse. Antao vaz, arinto, roupeiro. Sols de schistes pas de bois 15/20

Paço do Conde 2009 Branco
Sélection des meilleures parcelles d'antao vaz et arinto.
Plus pointu, plus fermé, bouche très directe, vif mais assez fluide 13/20

Paço do Conde Rosado 2009 Touriga Aragonez
Léger, aimable, correct, un peu d'amertume en finale, épices 13/20

Albernoas Trincadeira Aragonez 2009
Lisse, facile, au nez, on retrouve la violette de la trincadeira; la bouche est assez ronde. Pas très long mais très plaisant. Un petit côté Fronton et Beaujolais. Pas de bois 15,5/20

Paço do Conde 2008
Trincadeira, aragonez, merlot, cabernet, alicante, élevage en foudre
Épices douces, fumé, tannins bien fondus, bel équilibre malgré l'alcool qui ressort un peu (14,5%) 15/20

Colheita Especial Touriga et syrah 2007
Petits fruits noirs, bien typé, épicé, mais bien balancé, tout est en harmonie. Super rapport qualité prix 16/20

 

vin, vignoble, alentejo

Alentejo

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Tags : vin, vignoble, alentejo | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

10 mars 2011

Amorim wants you

Comme chaque année depuis 20 ans, la prestigieuse Académie Amorim fait appel à candidatures pour son Grand Prix annuel. Il s'agit de récompenser "des travaux de recherche qui concourent à l'amélioration des conditions d'élaboration et de conservation des vins, ainsi que des travaux de nature juridique, économique et sociologique sur la filière viti-vinicole".

Cette Académie abrite pas mal de "pointures" du vin (Jacques Puisais, Michel Bettane, Ezio Rivella, Louis Havaux, Robert Tinlot, Jocelyn Tremblay...). Des gens d'expérience, à la compétence reconnue. 

Académie-Amorim-2011.jpg

 

Mais iraient-ils jusqu’à récompenser des travaux mettant en avant les avantages qualitatifs de la capsule à vis, dont le président d'Interloire nous rappelait récemment qu'il était le système de bouchage qui mettait le mieux en valeur les Chinons blancs de son domaine? Ou bien, des études étayant les atouts de ces mêmes capsules en matière environnementale? Ou pire encore, des études sur le goût de bouchon, dont on sait qu'il a disparu. Sauf chez quelques petits producteurs sans le sou ne mettant pas un prix décent dans un bon bouchon, au fin fond des petits terroirs français, comme à Saint Julien, chez Léoville Las Cases.

Non, bien sûr. Récompenser ce genre d'études, pour Amorim, ce serait aussi incongru que de voir une quelconque Académie Bayer primer un travail sur les dangers des traitements phyto...

Et sans faire injure à ses membres, cela décrédibilise un peu ce genre d'organisations.

Pourquoi existent-elles, d'ailleurs? Pourquoi ces missions-là ne sont elles pas remplies, et de manière plus indépendante, par les Etats, les Universités, les Facultés? Ah, j'oubliais, faute de liquidités, les Facultés, les Universités, les Etats recourent aussi à des "sponsors", aujourd'hui. Amorim bouche des bouteilles. Le service public, lui, bouche des trous.

Il y a au moins deux traductions pour ce mot de sponsor, en bon français. D'abord, il y a le terme de mécène. C'est  celui qui s'applique aux plus désintéressés, à ceux qui aiment l'art pour l'art, ou la science pour la science, bref, une race presque aussi éteinte que le dodo de la Réunion ou que le salarié dans la chronique vineuse.

Et puis il y a l'autre acception: le parrain. "Il padrino," comme on dit de l'autre côté des Alpes. Et à celui-là, il ne faut jamais manquer de respect.

 Tiens, il y a peu, un certain Alain me traitait de "Lou Ravi de la presse vineuse". Mais jusqu'à présent, tout benêt que je sois, je suis un des premiers à m'occuper de ces moulins-là. Ca vous en bouche... un coin, non?

10:24 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |