25 décembre 2015

Mon rouge de Noël: Herdade do Peso Reserva 2013, Alentejo

C'était le rouge d'hier soir (si je ne compte pas le Champagne rosé de Veuve Olivier, qui mériterait le nom de rouge, tellement il est foncé). C'était un vin de l'Alentejo, du Sud du Portugal, l'Herdade do Peso 2013.

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Je n'étais pas très sûr de moi, pour l'accord avec le plat - une roulade de veau. Ce sont les épices qui m'ont décidé, car ma femme proposait une sauce à l'italienne, au poivron fumé. Et puis, quoi, j'avais envie de déboucher cette bouteille, reçue quelques jours plus tôt. J'ai de très bons souvenirs de l'Alentejo - même si je peste parfois sur les nouveaux vignobles irrrigués dont on se demande bien ce qu'ils apportent à la planète vin, et à la planète bleue tout court.

Celui-ci provient, non pas de la plaine reconquise sur les champs de blé, mais de Vidigueira, une zone viticole ancienne, bien adaptée à la vigne avec son relief varié, accolé au flanc de la Serra do Mendro, et ses sols volcaniques - le nom de Vidigueira dérive d'ailleurs sans doute de videira, la vigne, en portugais. Et pour la petite histoire, Vasco de Gama a été comte de Vidigueira.

Herdade do Peso, qui appartient à Sogrape (oui, celui de Mateus), est un peu le fleuron du groupe au Sud du Portugal. Il apporte pas mal d'attention à cette propriété (et aussi de l'eau...), ainsi que les soins jaloux d'un oenologue venu du Nord - enfin, du Nord du Portugal, j'ai nommé Luis Cabral de Almeida.

S'il doit certainement avoir des affinités avec la Touriga Nacional, le cépage du Douro qui compose 20% de cette cuvée, Luis travaille ici surtout l'alicante Bouschet (70% de l'assemblage). Ce cépage souvent décrié en France (notamment parce qu'on l'a laissé trop produire) m'a souvent surpris au Portugal; je n'oublie pas qu'un des très grands vins du pays, Quinta do Carmo, en était jadis issu. Il était d'ailleurs meilleur à l'époque.

Mais venons-en à ce vin - à voir sa robe presque noire, on se dit qu'on va en avoir pour son peso d'extrait et de tannins; et pourtant, le nez est étonnamment ouvert, plein de fruits noirs bien mûrs, de myrtille, notamment. Et puis d'épices, de thym, de poivre noir,; en bouche, ces fruits se prolongent, avec en plus un peu de cuir et de réglisse, un poil de cacao, aussi. Le vin nous fait sa roue des saveurs, comme un joli paon. Les tannins sont marqués, mais excessivement bien enrobées, aussi l'impression reste suave, juteuse, jusqu'au bout. Et grâce à une acidité tout à fait correcte (que j'espère naturelle), le vin n'est jamais pesant...

Il y a 14,5° d'alcool, sur l'étiquette, mais aucune sensation de chaleur intempestive. Bref, un beau bébé, mais racé.

Je ne suis toujours pas sûr d'avoir fait le bon choix pour la viande, mais je vous avoue que je m'en fiche un peu, car j'ai repris du vin en digestif, tout seul. Et c'était très bon. Il m'en reste un peu, je finirai ce soir.

 

10:41 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

22 décembre 2015

Viniportugal: et pour les francophones, la même chose

Les années se ressemblent, chez Viniportugal, en ce qui concerne la promotion en France, en Belgique et en Suisse. Rien en 2014, rien 2015, rien en 2016.

Il faut croire qu'il ne s'agit toujours pas de marchés prioritaires pour les vins portugais.

D'ailleurs, s'il existe bien une version francophone du site de l'association, c'est uniquement pour nos amis québécois.

Tant pis pour nous.

10:09 Écrit par Hervé Lalau dans Canada, France, Portugal, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |