21 octobre 2011

Première soirée à Pic Saint Loup - pourquoi choisir?

La scène se passe à l'Auberge du Pic Saint Loup, aux Matelles, en prélude au voyage de presse organisé à l'occasion de la Vente aux Enchères du Grand Pic Saint Loup.

Pour accompagner l'excellente cuisine de l'établissement, et notamment un juteux pavé de boeuf de la Serranne aux morilles, nos hôtes, les dirigeants de la Communauté de Communes (je n'ai malheureusement pas retenu leurs noms) ont sélectionné quelques vins du cru.
Je flashe littéralement sur le deuxième, le Mas d'Auzières, Cuvée Les Eclats 2008. Pour son joli fruité, d'abord, cassis, mûre, fruits des bois, et puis ses notes, fumées en bouche, sa texture très soyeuse, sa buvabilité et sa surprenante salinité en finale. 15/20.

Et puis dans un registre différent, peut-être plus travaillé, le Clos des Augustins Cuvée Sourire d'Odile 2008, un vin très typé, aux notes de Garrigue, épicé au nez et en bouche, avec un petit côté moka; côté texture, c'est plus granuleux, c'est un vin très plein qui se mange presqu'autant qu'il se boit. 15/20 également.

image.jpegClos des Augustins 2008

Vous le voyez, entre les deux, mon cœur balance. Faut-il choisir quand on aime pour des raisons différentes, mais tout aussi respectables?

Le père de deux filles répond non. Le dégustateur itou. Choisir, c'est renoncer, et ce soir, en si bonne compagnie, j'ai décidé de ne pas renoncer. En passant, merci à Sarah Hargreaves pour l'invitation...

01:32 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi | Tags : pic saint loup | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

30 septembre 2011

69.970 exploitations viticoles en France

C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.

Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.

Deux petits commentaires de mon cru:

1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.

2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.

Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.

La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.

J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.