04 septembre 2012

J.-C. Pellegrin, nouveau président pour Intervins Sud-Est

A l’issue de l’Assemblée Générale d’Intervins Sud-Est,  tenue le 20 juillet dernier, Jean-Claude Pellegrin a été élu à la présidence de cette interprofession. Il succède à Denis Roume (directeur général des Vignerons Ardéchois), dont le mandat de 3 ans arrivait à son terme (et qui devient vice-président).

Extrait du communiqué faisant suite à cette assemblée:

"L’assemblée a réaffirmé les orientations générales données à Intervins:

-Consolider la catégorie IGP qui, dans notre région, représente un segment majeur apportant de la valeur à l’ensemble des entreprises.

Il s’agit de faire savoir que cette catégorie IGP appartient pleinement aux vins à indication géographique, et proposer à l’ensemble des professionnels des outils pour bien installer ce segment.
L’importance de donner de la visibilité, du sens aux IGP pour les consommateurs et les distributeurs paraît une évidence en France, mais également sur l’Union Européenne: dans ce sens un outil de gouvernance dédié aux IGP de notre grande région (PACA – Rhône Alpes) est indispensable.

-Faire émerger notre dénomination régionale "Méditerranée" est également un objectif pour notre interprofession.

Au travers de notre mosaïque de territoires, c’est créer une identité forte pour "Méditerranée" en ayant

une offre différenciée.

-Assurer la qualité des produits tant en amont qu’en aval en travaillant en partenariat avec les ODG des dénominations de la compétence d’Intervins et bâtir ensemble un plan de communication pertinent. -Permettre aux entreprises volontaires d’élargir leur gamme avec un effervescent de Méditerranée, et mobiliser les énergies nécessaires pour le construire et le mettre en valeur.

Les actions d’Intervins s’inscrivent en parfaite collaboration avec les différents organismes de la filière, les interprofessions d’AOC (Inter Rhône et CIVP) et également les ODG des dénominations de la compétence d’Intervins".

Plus d'info: Michèle Piron Soulat, michelepiron@vinconnexion.com

 

18:26 Écrit par Hervé Lalau dans France, Midi, Provence | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 août 2012

Uzès ou le mirage de l'AOP

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Prenez les producteurs de vin du Duché d'Uzès. L'an dernier, ils ont demandé à la Commission Européenne d'entériner leur demande d'IGP. Mais voila qu'ils préféreraient une AOP.

Se seraient-ils découvert un terroir?

C'est, on le sait, la véritable différence entre les deux mentions. Alors que l'IGP sanctionne une origine, un territoire de production, l'AOP garantit un lien au terroir. C'est cette différence que nous avons tellement de mal à expliquer aux estrangers qui ne maîtrisent pas bien notre langue, ses subtilités, voire sa merveilleuse aptitude à habiller le vide.

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Tout est au Duc d'Uzès (Jimmy44)

Bon, admettons que les braves gens d'Uzès parviennent à prouver ce nouveau lien au terroir tombé du ciel (on a vu de plus grands miracles dans l'administration); il reste un obstacle, et de taille: la candidature initiale à l'IGP n'a pas encore été examinée. Soit Bruxelles est devenue très regardante, mais cela me surprendrait, soit elle a d'autres chats à fouetter. Toujours est-il qu'avant qu'elle puisse examiner une demande d'AOP, il faudrait donc qu'elle annulât la première demande.

"Mais ils n'ont qu'à arrêter ce qu'ils n'ont pas commencé" diraient les esprits simples.

Et là je dis "stop". D'abord, ce serait médire de cette superbe et méticuleuse autorité supranationale. Ensuite, il y a contradiction des termes. On ne peut pas arrêter ce qui n'a pas été commencé. Enfin, rien ne dit qu'il n'ont pas commencé. Cela fait tout de même un an. Je suis sûr que la traduction slovène est en cours.

J'entends déjà votre objection: "D'accord, alors, qu'ils arrêtent en cours". Ouh là là, pas si vite! Quand le train public est lancé, on ne l'arrête pas comme ça, que ce soit le TGV ou un tortillard de banlieue, il y a la force d'inertie.

Et puis, ce serait un dangereux précédent: imaginez que tous les producteurs fassent de même, il faudrait engager du personnel supplémentaire pour examiner les demandes et les contre-demandes, les accepter puis les rejeter sans se donner l'air de se déjuger.

Je rigole, vous le comprenez bien, et les producteurs ne m'en voudront pas, j'espère, pas plus que les ronds de cuir. Car chacun fait de son mieux, j'en suis sûr.

Si je rigole, en définitive, c'est parce que c'est le mieux que je puisse faire, comme journaliste, comme buveur, et comme contribuable. Cette histoire prouve, s'il en était encore besoin, que les mentions sont bien peu de choses, que la garantie qu'elles sont censées apporter ne vaut bien souvent que par la crédulité de ceux qui leur font confiance. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient.

J'attends encore que Bruxelles annonce à la face du monde qu'elle a refusé une seule demande d'AOP. Ou qu'elle en a invalidé d'anciennes. Ou seulement suspendu, quand il est prouvé que des mentions ont été usurpées.

Qui peut avoir peur d'un gendarme qui n'utilise jamais son bâton? Quel est ce guignol?

A lui seul, le cas de la Feta (qui couvre le territoire entier de la Grèce, îles comprises, et ne saurait donc être lié à un quelconque terroir) prouve que les "décisions" de Bruxelles en la matière sont souvent plus motivées par la politique que par l'examen rationnel des éléments qu'on lui apporte. Et il y a d'autres exemples: l'IGP Méditerranée, par exemple, dont le nom prête tellement à confusion... 

Mais qu'importe: je dégusterai les vins du Duché d'Uzès, et boirai à la santé du Duc, que ces vin soient AOP ou IGP, indifféremment. La vérité est dans le verre, à bon vin pas d'enseigne, et sus aux faux semblants!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Midi | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |