22 mars 2011

Le koan, la bouteille et la chanson du jour

Pour bien commencer la journée, voici un de ces "koans" qui témoignent de la subtilité de la pensée orientale.

"Lorsqu'il n'y a plus rien à faire, que faites-vous?"

Il paraît qu'il y a des moines au Tibet qui passent leur vie à étudier ce genre de phrases. Etudier, pas résoudre. Car un vrai koan n'a pas de solution, ça défie la logique et notre pauvre sens de l'utile. Une bouteille de Baron de Lestac 1966 à celui qui peut me dire ce que c'est vraiment, d'ailleurs...

vin,vignoble,bonnezauxLeonard Koan

 

Je ne sais pas vous, mais moi, ça me donne le tournis. Mais à tout prendre, je préfère encore un Bonnezeaux.

Comme celui du Domaine de Terrebrune, dont j'ai ouvert une bouteille hier. Un 1996.

Quelle robe! Ambre, avec des reflets de feu. Et quel nez! Du miel, mais aussi de l'abricot, et puis de la résine, et un peu de fougère. Et puis des agrumes, et même un soupçon d'ananas. Je vous fais un prix sur le tout. En bouche, sous la séduction du sucre se profile une acidité encore très mordante, et puis de la pierre à fusil. La finale n'a rien de pâteux, elle est fraîche, au contraire. Ce vin est un ado, à la fois vif, espiègle et ombrageux.

Et malgré cette richesse d'arômes, c'est drôle, il y a comme du dépouillement dans ce vin. Je veux dire, dans sa structure, franche, tout d'un bloc. Voila un paradoxe digne de la sagesse asiatique. Mais ce qui fait la grandeur d'un vin, c'est ça. Il n'y a pas plus grand qu'une idée juste.

Pour accompagner ce Juste entre les vins, j'ai servi un foie gras du Gastronome (le meilleur traiteur du centre de Waterloo). Sans gelée, sans confit d'oignon ni de figues. Sans rien.

Ah si, une chanson de Léonard Koan. Je veux dire Cohen. "You know who I am".

Ce type ne chante pas, il parle sur la musique. Et en parlant de musique, ses mélodies et ses arrangements sont aussi spartiates qu'une maison de pêcheur sur le port d'Hydra. Une guitare sèche. Une guimbarde. Ses textes sont à la limite de l'abscons. L'ambiance, pas vraiment gaie. Mais quelle voix peut vous donner de pareils frissons? Dylan, peut-être. Ou Ferrat, dans "Camarades". Ou Higelin, dans "Alertez les Bébés!...".

Bref, cette austérité, c'était tout ce qu'il fallait à mon Bonnezeaux.

Comme dit le koan: "quand le vin est grand, la chanson est simple". Ne m'en demandez pas plus, je ne suis que l'inventeur.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : vin, vignoble, bonnezaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 mars 2011

Le Sauvignon en V.O...

Un court extrait d'un dossier écrit à 4 mains avec mon ami Marc Vanhellemont et publié dans le dernier IVV. Le sujet: les blancs du Centre-Loire.

Juste pour vous mettre le silex à la bouche...

sauvignon, loire, sancerre, pouilly, roumet, In Vino VeritasA droite ou à gauche, des vignobles

LES TERROIRS DE SANCERRE ET DE POUILLY

Pourquoi fait-on du Sancerre à Sancerre et pas à Marlborough ? Sans doute un peu à cause des sols. Révisons donc ceux du Sancerrois.

 

• Les Silex: Les "cailloux", comme on les appelle ici, se trouvent surtout en bord de Loire.
Ils accumulent facilement la chaleur et la restitue aux raisins, qui mûrissent plus vite. Les vins issus de ces terroirs sont généralement assez durs et fermés pendant leur première année, mais s’ouvrent ensuite ; ils sont puissants, tranchants et présentent un bon potentiel de vieillissement. Le sauvignon de silex présente souvent des notes épicées et de pierre à fusil.

• Les Terres Blanches: Ces sols mêlant argiles et calcaires sont assez froids et ralentissent la maturation des raisins ; ce qui n’a pas que des inconvénients, car les raisins récoltés plus tard sont généralement très sains. Les vins de terres blanches ont besoin de temps pour s’ouvrir ; ils présentent généralement des nuances florales et végétales au nez, mais des bouches assez rondes. Ils sont élégants. Leur potentiel de garde est important.

• Les Caillotes: Ce sol de pierre calcaire est une couche de surface (40 cm au maximum). Les vins qui en sont issus sont à la fois vifs et fruités, avec une certaine tendresse. Ce sont souvent les premiers prêts à boire.

• Les Marnes Kimméridgiennes: Assez rare à Sancerre (la Côte des Monts Damnés en est un bel exemple), les marnes produisent des vins assez longs à s’ouvrir, mais équilibrés, fruités et suaves.

Et merci à Benoit Roumet pour la matière première...

01:52 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : sauvignon, loire, sancerre, pouilly, roumet, in vino veritas | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |