01 octobre 2011

Chinon, jeune et vieux

Voici un Chinon beaucoup plus jeune que ceux dégustés sur place voici quelques jours par mes copains Marc et Jim  le 2009 de Baudry-Dutour. Vieilles vignes, quand même.

Et j'aime ça.

Chinon-2009.jpg

Meilleur demain?

Parce que c'est mûr, mais pas trop - pas de poivron en vue, mais de la groseille. Pas d'écurie, ni de renard, mais une belle bouche suave, pleine de fruit rouge. Des tannins si soyeux qu'on croirait qu'il n'y en a pas, d'abord, mais ils sont bel et bien là pour tenir l'ensemble, comme la trame d'un bon drap des Flandres. C'est assez long, fluide, sans problème.

Aurais-je mieux fait de l'attendre? Pas sûr. J'en garde une bouteille et je vous en reparle dans 10 ans? Chiche!

Au fait, pour reparler des vieux vins, qu'est-ce que j'apprends? Que le Comme Chez Soi, l'un des restaurants les plus cotés de Bruxelles, une institution de la gastronomie belge, met en vente 3000 de ses vieux vins. Sans surprise, ce sont presque tous des grands Bordeaux. Y compris une verticale de 10 ans de Pétrus.

Non que ça m'intéresse tellement en qualité de buveur (ni d'investisseur).

Non, ce qui m'intéresse, c'est la raison invoquée par le patron: "Il faut faire de la place pour de nouveaux vins, les clients aiment les vins plus jeunes".

Si la clientèle d'un établissement aussi classique que le Comme chez Soi dit ça, on se demande où l'on pourra continuer à boire des vieux vins en restauration...

Et "Comme chez Moi", ce soir, ce sera donc du Chinon 2009.

Hervé

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : chinin, loire, baudry | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |

30 septembre 2011

69.970 exploitations viticoles en France

C'est officiel, ce sont les chiffres du recensement agricole 2010: la France compte 69.970 exploitations spécialisées en viticulture, totalisant une superficie de 789.000 ha. En 2005, elles étaient 77.660 et en 2000, 92.000. La baisse est donc de 24 % en 10 ans.

Les grandes et moyennes exploitations (celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 25000 euros par an) ont plutôt mieux résisté à l'érosion, puisqu'elles sont passées de 55.000 unités en 2000 à 47.000 en 2010, soit une baisse de 15%.

Deux petits commentaires de mon cru:

1° Moins de 25.000 euros par an, c'est bien peu pour faire vivre une famille. Il y a bien sûr des entreprises qui ne font pas que de la viticulture, mais tout de même, cela pose la question de la viabilité.

2° La surface moyenne de l'exploitation française est de 11 hectares. Ca peut être suffisant pour vivre dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux (il faut cependant tenir compte des impôts fonciers), mais c'est notoirement insuffisant pour les régions à faible notoriété.

Deux pistes diamétralement opposées s'offrent à ces petits exploitants défavorisés: d'un côté, la valorisation (le bio, la biodynamie, les efforts qualitatifs qui permettent de sortir du lot et de vendre plus cher); de l'autre, l'abaissement des coûts de revient par l'augmentation des rendements et la mécanisation, notamment.

La première me semble promise a plus d'avenir, compte tenu des charges qui pèsent sur l'entreprise en France, et que ne connaissent pas les pays concurrents. Ces charges pèsent encore plus lourd quand on vend à bas prix.

J'oubliais deux autres "solutions", mais qui ne permettent pas de pérenniser l'exploitation: l'arrachage des vignes et la revente à des structures plus grandes. Ce sont ces deux dernières pistes qui expliquent l'évolution enregistrée par le recensement.