18 octobre 2011

Dites-moi comment vous aimez votre Saumur et je vous le copeaute aux petits oignons

Intéressante chronique de mon confrère Marc André Gagnon qui ne goûte guère les copeaux dans le Saumur...

C'est ICI

Au fait, moi, l'astringence, dans le Saumur, j'aime plutôt bien. Le problème pour les producteurs, c'est peut-être qu'ils ne visent pas les bons consommateurs?

Une AOC qui se respecte ne devrait pas recourir à de tels artifices, elle dénature son lien au terroir - et l'INAO garante de la qualité ne devrait pas le leur permettre. Comme Marc-André, je m'interroge aussi sur la valeur d'une appellation qui n'hésite pas à adapter sa "recette" au goût des clients étrangers, ceux-là même qui ne connaissent rien de sa prétendue typicité. Pourquoi vouloir leur vendre du Saumur AOC quand ils n'en attendent rien? Pour les vins commerciaux, pour rappel, il y a les IGP.

Et quant à concurrencer les Chiliens sur leurs vins copeautés, que Saumur n'y pense même pas, les coûts de production sont nettement plus bas chez Neruda que chez Rabelais, et la technologie mieux maîtrisée.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Chili, Loire, Vins de tous pays | Tags : saumur, copeaux, export, typicité, dévoiement | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

14 octobre 2011

Bientôt autant d'AOC que de jours dans l'année

Grâce au renfort des anciens VDQS (presque tous promus dans la catégorie supérieure), la France compte à présent 357 Appellations d'Origine Contrôlée (et bientôt Protégées).

Comme certaines sont réunies dans un même cahier des charges (à l'image de Poully-Fumé et Pouilly-sur-Loire, il n'y a que le cépage qui change), cela nous donne 303 cahiers des charges à faire homologuer dans le nouveau cadre de la réforme européenne de 2007. On le sait, ces cahiers des charges doivent être validés par l'INAO avant la fin de l'année. 260 ont l'ont déjà été et 60 ont déjà été publiés au Journal Officiel.

Logo_AOC.jpgEncore un petit effort et on arrive à 365...

Mais comme rien ne se perd au pays de Xerox, ces cahiers des charges s'inspirent en tout ou partie des décrets antérieurs; c'est  le cas, par exemple, du Décret n° 2009-1253 du 16 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées "Touraine", "Coteaux du Vendômois", "Montlouis-sur-Loire", "Orléans-Cléry", "Touraine Noble Joué", "Orléans" et "Jasnières".

Il ne semble pas que l'on ait profité de la révision de ces textes pour descendre sensiblement les plafonds de rendement.

Ainsi, pour l'AOC Touraine, on y lit que le rendement maximum de production est de

"85 hectolitres par hectare, pour les vins blancs ;
80 hectolitres par hectare, pour les vins rouges et rosés ;
92 hectolitres par hectare, pour les vins mousseux et pétillants (vins blancs et rosés)".

Les pratiques oenologiques ne semblent pas non plus avoir été vraiment fortement restreintes:

On y lit ainsi que:

"Pour les vins rouges, les techniques soustractives d'enrichissement sont autorisées et le taux maximum de concentration partielle par rapport aux volumes mis en œuvre est fixé à 10%". Pour les néophytes qui ne connaîtraient pas toutes les possibilités de l'oneologie moderne ni son vocabulaire, les "techniques soustractives d'enrichissement" font essentiellement référence à l'osmose inverse, un outil qui permet de pallier, indûment à mon sens, les carences d'une nature ingrate. Car cette nature ne se plie pas à la règle non écrite qui veut qu'un terroir d'AOC valablement homologué doit produire bon tous les ans.

Quant à l'irrigation, elle ne fait pas l'objet "de disposition particulière" (elle est donc autorisée). 

Par contre, et ceci rassurera les consommateurs épris de qualité, "Le nom de l'appellation d'origine contrôlée est inscrit sur les étiquettes en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu'en largeur, ne doivent pas être inférieures à la moitié de celles des caractères de toute autre mention y figurant."

Source: Légifrance

00:17 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |