11 février 2012

Salon des Vins de Loire 2012

Comme j'en rentre, vous me permettrez de donner un avis personnel sur la "contre-performance" du Salon des Vins de Loire, édition 2012.

Tout d'abord, il faut s'entendre sur ce que l'on appelle une contre-performance - si on ne la mesure qu'en termes d'affluence, alors, c'est sûr, elle est manifeste: l'édition 2012 a attiré moins de visiteurs qu'en 2011 (7000, environ, au lieu de 9000). Mais on ne saura sans doute jamais quelle incidence cette baisse aura eu sur les transactions - les visiteurs "utiles", eux, se sont-ils abstenus?

Surtout, il me semble qu'on a tôt fait de mettre sur le compte du froid et des intempéries cette relative désaffection.

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L'Anjou sous la neige à notre arrivée, dimanche après-midi... mais ça roule.

 

C'est la version que donnent mes confrères de Terre de Vins, sur la foi d'une dépêche AFP. L'explication est un peu sommaire. Pourquoi n'avoir pas évoqué la baisse du nombre de stands (560 cette année, au lieu de 592 en 2010)?

La neige n'a vraiment perturbé la circulation que le dimanche matin, avant le salon. Les deux jours qui ont suivi ont été froids, certes, mais pas de nature à décourager ceux qui auraient réservé un hébergement dans la région - ce qui se fait bien à l'avance, compte tenu des capacité hôtelières angevines. Pas sûr qu'il y ait eu tellement d'annulations - en tout cas, mon hôtel était loin d'être vide. Quant au trafic, je suis arrivé en voiture, depuis le Jura, et je n'ai guère eu de problème. Côté rail, il y a bien eu quelques perturbations, mais rien d'exceptionnel.

Par contre, on peut s'interroger sur l'image de division que donne aujourd'hui la région au travers de ses associations de vignerons (la sécession de Bourgueil, la démission de François Chidaine des instances d'Interloire, les oppositions entre négoce et caves particulières, entre bio et conventionnels, entre petits et gros producteurs), qui transparaît jusque sur les salons. Le découplage entre le salon Renaissance des Appellations (organisé les 28 et 28 janvier), La Dive Bouteille (les 29 et 30) et le Salon des Vins d'Angers ne profite sans doute à personne. En ce qui me concerne, j'ai dû choisir, et compte tenu de mes autres engagements en Alsace et à la Percée du Vin Jaune, le choix était vite fait, je ne pouvais me rendre qu'au Salon des Vins de Loire.

Mais d'autres en auront sûrement décidé autrement; et d'autres encore seront restés chez eux. C'est dommage pour les trois salons, qui ont chacun leur intérêt, et qui, lorsqu'ils sont simultanés, démultiplient l'intérêt global pour une région au demeurant fort sympathique. Une région assez variée, assez complexe pour mériter qu'on s'y attache, qu'on prenne le temps de la comprendre, et qu'on y revienne chaque année, compte tenu de la force de l'effet millésime dans ces contrées septentrionales.

Ceux qui ne sont pas venus ont eu tort, mais le savent-ils? Je ne pense pas spécialement aux journalistes, mais plutôt aux acheteurs. Je ne m'en fais pas pour eux, ils achèteront leur sauvignon ou leur chenin ailleurs, et se passeront de muscadet. On mettra ça sur le compte de la versatilité des consommateurs, de leur envie de nouveauté, d'originalité. Pourtant, des nouveautés, des Unique Selling Propositions, il y en avait à Angers.

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Ne pouvant être partout à la fois, j'ai manqué cette désenvoûtante occasion

2010 est vraiment un beau millésime, les vignerons bios étaient bien représentés, les petites appellations comme les Coteaux du Vendômois, les Côtes Roannaises, Châteaumeillant ou les Fiefs Vendéens proposaient pas mal de vins susceptibles d'intéresser les défricheurs, les explorateurs; quant aux AOC plus classiques, elles ne manquaient pas d'arguments non plus. J'ai trouvé mon lot de belles surprises du côté de Bourgueil, d'Anjou Brissac, de Chinon, notamment en Cabernet-Franc, un cépage auquel je veux consacrer un dossier... encore fallait-il avoir fait le déplacement.

Puissent les instances de la Loire réfléchir aux dangers de la dispersion - affirmer sa diversité, c'est bien, mais se rassembler pour bien la faire connaître, c'est encore mieux.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

10 février 2012

King David (and Lord Jim)

Le Wine Blog Trophy est une compétition qui se joue entre blogueurs de vin, à Angers.

Et à la fin, c'est David Cobbold qui gagne.

Le voici recevant son prix en 2011, au côté de Jim Budd.

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Et ici (au nom des 5 du Vin), en 2012. Plus ça change...

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Jim, par contre, a pas mal changé... surtout côté chemises.

13:36 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |