22 septembre 2012

Matignon au régime Muscadet

Selon mes confrères du Parisien, Jean-Marc Ayrault préfère le Muscadet et le cidre au Champagne pour les réceptions officielles à Matignon. Il s'en vante, même: "Pas une goutte de Champagne n'a coulé à Matignon  depuis un mois", précisait en juillet son cabinet. Faut-il y voir la marque des origines nantaises du premier ministre? C'est vrai que s'il doit un jour redevenir député, il lui faudra séduire ses électeurs dans le Vignoble Nantais...

Que nenni: la vraie raison,  c'est  l'austérité.  La France normale régale comme elle peut.

Et les invités, qu'en pensent-ils? Sans faire injure au Muscadet (j'adore les vins de La Louveterie) ni au cidre (ah, le Cambremer!), quand nos hôtes étrangers pétris de respect pour nos grands vins débarquent à Matignon, ils ne trouvent pas ça un peu chiche? Et qui voudrait faire des affaires avec un pays aussi ostensciblement fauché?

Donner l'image d'une gestion rigoureuse, pourquoi pas, mais attention de ne pas tomber dans le sordide!

D'autant qu'actuellement, le Champagne Comte de Perrey est à 8,95 € chez Auchan...

Mais j'espère au moins que M. Ayrault achète son Muscadet et son cidre chez des propriétaires...


00:32 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, France, Loire | Tags : muscadet, champagne, matignon, ayrault | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 août 2012

A la garde!

J'ai souvent dit que vos commentaires étaient au moins aussi intéressants que mes chroniques. Ce n'est pas de la fausse modestie, juste un fait encore confirmé hier par les réactions de MM Gosselin et Charlier à propos de ma dégustation un tantinet iconoclaste d'un Muscadet de 6 ans.

Je ne pense pas qu'il faille systématiquement essayer de garder les vins, par principe. J'ai juste observé, empiriquement, que certains blancs ou rosés dont on nous dit qu'ils sont à boire jeunes ("on" étant la rumeur publique autant que les experts) pouvaient se transformer avec la garde; deviennent-ils forcément meilleurs, c'est discutable, car ils perdent la plupart du temps le côté joyeux de leur fruit jeune; mais dans le meilleur des cas, ils deviennent autres, ils montrent une autre facette de leur personnalité - confusément, je crois que le côté cépage s'estompe. Quant à dire que c'est le terroir ou la vinification qui prend le dessus... et il y a tellement de variables!

Pour ce muscadet, c'était flagrant: on était passé du côté complexe de la force. Je me rappelle aussi du cas d'un Grüner Veltliner du Kamptal de 20 ans. Bien sûr, ça ne marche pas à tous les coups, il y a aussi le risque de l'oxydation. D'ailleurs, dans le cas du muscadet de 2006, il y a un début d'oxydation, mais qui pour moi apporte quelque chose d'intéressant, une trame. Là, on touche à un autre grand débat: qu'est-ce qu'un défaut? J'y reviendrai...

11:01 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Loire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |