25 août 2012

A la garde!

J'ai souvent dit que vos commentaires étaient au moins aussi intéressants que mes chroniques. Ce n'est pas de la fausse modestie, juste un fait encore confirmé hier par les réactions de MM Gosselin et Charlier à propos de ma dégustation un tantinet iconoclaste d'un Muscadet de 6 ans.

Je ne pense pas qu'il faille systématiquement essayer de garder les vins, par principe. J'ai juste observé, empiriquement, que certains blancs ou rosés dont on nous dit qu'ils sont à boire jeunes ("on" étant la rumeur publique autant que les experts) pouvaient se transformer avec la garde; deviennent-ils forcément meilleurs, c'est discutable, car ils perdent la plupart du temps le côté joyeux de leur fruit jeune; mais dans le meilleur des cas, ils deviennent autres, ils montrent une autre facette de leur personnalité - confusément, je crois que le côté cépage s'estompe. Quant à dire que c'est le terroir ou la vinification qui prend le dessus... et il y a tellement de variables!

Pour ce muscadet, c'était flagrant: on était passé du côté complexe de la force. Je me rappelle aussi du cas d'un Grüner Veltliner du Kamptal de 20 ans. Bien sûr, ça ne marche pas à tous les coups, il y a aussi le risque de l'oxydation. D'ailleurs, dans le cas du muscadet de 2006, il y a un début d'oxydation, mais qui pour moi apporte quelque chose d'intéressant, une trame. Là, on touche à un autre grand débat: qu'est-ce qu'un défaut? J'y reviendrai...

11:01 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Loire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

24 août 2012

Muscadet de Pineau.. et de garde

Peut-on garder ses Muscadet, il y at-il une vie pour eux au delà des deux ans et de l'expression citronnée de la jeunesse? That is the question.

La réponse est oui, et je le prouve avec ce Muscadet de Sèvre et Maine sur Lie du Domaine de la Roche, millésime 2006. 6 ans déjà!

IMG_1483.JPG

Invitation au voyage... (photo H. Lalau)

A la palette florale (citronnelle, menthe, églantier), toujours présente, mais un peu estompée, s'est ajoutée tout un panier de fruits secs, amandes, noisettes, et du chutney de mangue. La bouche, elle, est complexe, les épices surnagent d'une texture assez  grasse. C'est riche, souple, mais pas mou. La finale est longue, elle nous emmène assez loin du Pays Nantais, vers l'Inde et son curry, ou encore la muscade, ses poivres et ses piments...

Logiquement, voila un vin qui devrait s'aparier à merveille au poulet-curry (avec ou sans ananas), au poulet thaï (riz au jasmin, lait de coco); mais aussi, au couscous de poisson ou encore, pourquoi pas, à la piperade basquaise.

Le Domaine de la Roche est aux mains de Vincent Pineau (non, il ne met pas de pineau d'Aunis dans son Muscadet); il l'a repris de son père il y a une dizaine d'année. Il englobe 32 ha autour du lieu-dit La Roche, au Loroux Bottereau.

Le plus étonnant, c'est que ce secteur est généralement connu pour donner des vins qui se révèlent très vite. On peut quand même les attendre.

Comme je me doute bien que vous ne l'avez pas expérimenté avec le 2006, pensez peut-être à le faire avec les prochains millésimes. Gardez une bouteille ou deux par caisse, juste pour voir. Vous m'en direz des nouvelles.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |