13 mars 2013

Au Château de Sancerre

"Passe avant le meilleur". Telle était la devise immodeste du Connétable de Sancerre (celle des Comtes de Champagne, dont les Sancerre sont une branche cadette). Redoutable homme de guerre, le Connétable était aussi l'heureux propriétaire d'un vignoble près de sa bonne ville de Sancerre. C'est ce qui nous intéresse aujourd'hui.

Propriété du groupe Marnier-Lapostolle, le domaine mentionne toujours fièrement cette devise sur les bouteilles de la Cuvée du Connétable. Oui, mais, quid du contenu?

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Gérard Cherrier nous explique le vignoble du haut de la tour du château de Sancerre

Le château possède 55 ha de vignes, réparties entre les trois principaux types de sols (silex, caillottes, calcaire). Ces trois types sont assemblés, dans l'optique d'une plus grande régularité dans la qualité.

Le château produit 400.000 bouteilles, dont 10% de rouge.

Ses vins possèdent généralement une bonne garde, et s'apprécient souvent mieux après deux ou trois ans, quand tout est mieux fondu.

Le directeur du domaine, Gérard Cherrier, est un homme aussi sincère que ses sancerres. Il ne se paie pas de mots. Loin de regretter pas le bon temps jadis, il pense que la qualité n'a jamais été aussi bien maîtrisée qu'aujourd'hui: "La thermorégulation a été pour nous un progrès technologique déterminant. Elle nous permis de mieux préserver les arômes; nous avons pu diminuer les doses de soufre, sans rien perdre en termes de conservation."

Et en homme pratique, il le prouve de manière fort sympathique, en alignant les bouteilles sur le comptoir...

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Cuvée du Connétable 2008
(Silex, calcaire, un tout petit peu de  caillottes)

Fruit tropical, maracuja, pamplemousse, un peu d'amertume, arrondie par le bois. La bouche est riche, ce qui lui confère une certaine rondeur; on a une sensation de maturité, d'équilibre; la finale reste vive, comme si l'acidité était enrobée dans la chair du vin. Très belle bouteille. 17/20

Cuvée du Connétable 2006
Tilleul, camomille, abricot, un nez bien expressif. La bouche, élégante, toute en retenue, évoque la poire. A boire. 14/20

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Le château vu du parc


Château de Sancerre 2011
Equilibré, floral, fruit jaune, pomme, pamplemousse, miel, plein d'élégance et de
vivacité, un peu de bitter, très agréable, en finale. 14,5/20

Château de Sancerre 2003
De la concentration et de la maturité - rien de surprenant pour cette année atypique. Du miel, de la pâte de coing, du tilleul, un petit côté marsanne du Sud, mais la minéralité en bouche, le fumé sont bien sancerrois. 15/20

Château de Sancerre 1996
Citron, pomelo, miel d'acacia, fleurs blanches, délicat au nez. La bouche est vive, assez fluide, étonnante de fraîcheur pour un vin de cet âge. Retour du pamplemousse en finale. 15/20

Château de Sancerre Rouge 2009
Framboise, griotte, cassis, jolis tannins, concentré, tannins mûrs. 14,5/20


05:42 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : sancerre, château de sancerre, gérard cherrier | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

11 mars 2013

Lalau lave plus blanc (suite)

En complément du billet précédent, je me permets d'ajouter le "dialogue" suivant, à savoir, un nouveau commentaire sur le même article de Vitisphère, et ma réponse:


Cerise - Le 10 mars 2013 à 12:48:27


Florent Baumard est un excellent vinificateur et reconnu sur la planète comme une personne sympathique. Vous les journalistes , avez vous déjà été dans les vignes pour travailler non pas 2 heures dans l'année mais sur plusieurs années? Quand vous aurez fait ce travail, faites nous signe.

Hervé LALAU - Le 10 mars 2013 à 14:47:30

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Alors ça, c'est l'argument massue, Mme Cerise!

Chaque journaliste doit maintenant avoir fait tous les métiers à fond pour écrire! Me demanderez-vous d'être président de la république avant de pouvoir parler de MM Hollande ou Sarkozy? La personnalité sympathique de M. Baumard n'est pas en cause, ni ses talents de vinificateur (que Jim Budd lui reconnaît, d'ailleurs), mais le respect d'une réglementation, d'un décret, et au-delà, de l'idée que le consommateur se fait d'un grand terroir. Et pour parler de ça, a-t-on besoin de faire les vendanges avec M. Baumard? Le consommateur qui achètera le Quarts de Chaume 2012 les a-t-il faites? Non, lui croit ce qui est sur l'étiquette.

A vous entendre, nous ne serions que des fouille-merde ou des incompétents. Même si c'était vrai, méfiez-vous quand même d'un monde sans journalistes, sans contre-pouvoirs, où seuls les communiqués de presse et les dépêches officielles auraient cours...

Et j'ajoute que les vignerons qui sont censés gérer ensemble le bien commun que constitue leur appellation ne sont pas toujours très regardants sur les méthodes des leurs voisins; j'en veux pour preuve l'affaire du concassage de Gevrey-Chambertin. Voila quelque chose de très visible, tout à fait interdit par la réglementation (à tort ou à raison, là n'est pas la question) et qui a été révélée... par une journaliste, ma consoeur Florence Kennel.

Peut-être devrions-nous donner aux vignerons quelques tuyaux en matière d'investigation?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |