16 juin 2014

Vendéen et Méridional… le rosé de Mourat

Moi, dans ma réforme des régions, j'aurais bien vu la Vendée avec le Poitou.

Non que je sois nostalgique des provinces du ci-devant Royaume de France, mais je trouve qu'elle y a plus sa place que dans les Pays de Loire et le Centre, avec la Loire Atlantique, qui, elle-même... 

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Je l'aurais même vue autonome. Comme la Corse. Les Vendéens ont un côté insulaire. Irréductible ou indécrottable, selon vos opinions.

Qu'importe, puisque l'excellente maison Mourat a choisi pour cette cuvée de rosé la bannière de la Loire Méridionale. Un concept amusant - à ce compte-là, Sancerre est encore plus méridional!

La composition du vin aussi est étonnante: le pinot bourguignon y côtoie le gamay beaujolais... et la négrette frontonnaise. Où peut-on bien trouver ce genre d'attelage, si ce n'est à Mareuil?

Mourat en tire un chouette rosé à la fois floral (violette) et fruité (groseille et fraise garriguette, avec une bouche croquante et très vivante, pleine de sève et et de jus, et de jolis tannins qui craquent sous la langue. 

Un coup de coeur. Le coeur vendéen, bien sûr.

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

26 mai 2014

Fesles en sec

Vous connaissez sans doute le Château de Fesles pour ses excellents liquoreux (Bonnezeaux, Coteaux du Layon). Peut-être vous rappelez-vous que ce domaine à un temps appartenu au grand pâtissier Lenôtre - quoi de plus normal que de vouloir apparier ce type de vins à des desserts?

Puis le château est entré dans la famille Germain; enfin, voici quelques années, dans l'orbite de Lacheteau, la filiale ligérienne du groupe Grands Chais de France. Les propriétaires passent, les vignes demeurent. Et l'équipe technique.

Ce n'est pas par esprit de contradiction (quoique), mais je vous parlerai aujourd'hui du vin "sec" produit ici - en Anjou blanc, donc, puisque que Coteaux du Layon et Bonnezeaux sont réservés aux doux. 

Et plus spécifiquement du Chenin Sec Cuvée la Chapelle 2010 "Vieilles Vignes".

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Ce qui est remarquable, avec ce vin, c'est qu'il commence comme un grand liquoreux de Loire, avec toute sa palette d'arômes très riches - camomille, coing, miel - mais que la transition vers le sec se fait sans à coup, tout naturellement, au travers d'un léger voile fumé; en bouche, on entre d'emblée dans le vif, dans la partie plus acide du sujet, mais les arômes du nez ne nous quittent pas, aussi le vin n'a-t-il rien de dissocié. La finale, sapide, est presque aussi longue que celle d'une liquoreux, avec en prime petite touche d'amertume sympa et de réglisse.

Un grand coup de chapeau au chef de culture, aux vendangeurs et aux vinificateurs, à toute la chaîne de patience et de soins qui a permis de faire de ce vin autre chose qu'un sous-produit: un grand produit, mais sec.

 

 

07:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |