16 avril 2015

Fiefs Vendéens Clos Saint André blanc 2013

Voici quelques jours, je vous ai dit tout le bien que je pense de la cuvée Grenouillère, la jolie Négrette de Jérémie Mourat; entretemps, j'ai reçu le blanc du même domaine, le Clos Saint André.

Comme à mon habitude, j'ai essayé de faire abstraction de ce que je sais du producteur pour me focaliser sur le vin. Le plus facile, ce fut d'identifier le cépage principal- le chenin, en l'occurrence, avec ses notes de mirabelle, de poire bien mûre et de miel d'acacia; mais il y a plus dans ce vin que du variétal:  du citron, de l'ananas et une pointe de pierre à fusil. L'acidité est soutenue, mais pas mordante, car on perçoit comme une pointe de sucre - ou si ça n'en est pas, de glycérol, comme une enveloppe de gras qui tapisse le palais. Bien sûr, tout ça favorise la longueur en bouche. D'autant que la finale ajoute un soupçon de salinité - un peu comme dans un caramel au sel.

mourat,clos saint andré

Quelques mots propos du domaine: nous sommes à Mareuil sur Lay. Le Clos Saint André a longtemps été la propriété de la famille Taittinger (ainsi que le château). Ce dernier est devenu un hôtel de luxe, où l'on vous sert le Champagne des anciens propriétaires; mais les vignes sur rhyolites et schistes pourpres (les géologues apprécieront) sont bien aux mains de Jérémie Mourat, qui les cultive en bio. Comme les vignes sont encore jeunes (6 ans), on peut s'attendre à voir encore ce vin progresser en termes de densité.

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : mourat, clos saint andré | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

12 avril 2015

Patrick Baudouin, Les Saulaies ou Les Gats?

A Chaudefonds sur Layon, Patrick Baudouin est un des plus ardents défenseurs de l'Anjou blanc (sec). Et il prêche par l'exemple.

En témoignent deux cuvées dégustées sur le Salon d'Angers, et qu'il m'a été bien difficile de départager.

D'ailleurs, je vous les présente toutes les deux. Baudouin © H. Lalau 2015.JPG

La première, c'est la cuvée les Saulaies (dans le millésime 2013)

Fruits jaunes bien mûrs et fleurs blanches, miel, badiane, poivre, le nez est très riche; on s'attend à une bouche co-confortable, voire molle, et c'est la surprise: une belle structure acide et beaucoup de matière; fraîcheur et fruit se complètent et se répondent, joli dialogue qui allonge les sensations. Un vin très intéressant, complexe, et pourtant accessible. Belle finale épicée, très fraîche aussi. Juste une touche de bois.

Le seconde, c'est la cuvée Les Gâts - un nom local pour les cailloux - des schistes, en l'occurrence.

Je les aime bien d'emblée, ces Gâts de la narine, avec leurs notes affriolantes de de pamplemousse et de cédrat confit; et en filigrane, de la pierre à fusil; cette ci-revient en bouche, associée à une belle acidité et à de la noix fraîche; c'est vif, mais solide, charnu; une petite pointe de fruit jaune très mûr évoque une sucrosité qui n'existe sans doute pas à l'analyse, mais qui prolonge le plaisir. Et le grain de sel en finale ne gâte rien.

Patrick Baudouin aime son Layon, son  Anjou, ses schistes et son métier, et ça se sent dans les vins.

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |