12 novembre 2007

Le Bio progresse en Loire

Les surfaces viticoles cultivées selon les méthodes de l’agriculture biologique poursuivent leur progression dans le Val de Loire.  "Selon les chiffres de l’Agence Bio, elles représentent un total de 1903 ha en bio ou en cours de conversion dans les régions Centre et Pays de la Loire en 2006, en progression de 12 % par rapport à 2005. 69 exploitations en région Centre et 87 en Pays de la Loire, ont opté pour la viticulture biologique".

Plus d'info: http://vinsdeloire.info

06:42 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 octobre 2007

Tracy, la classe, la vraie

Parler vin avec Henri d'Assay (Château de Tracy), c’est un vrai régal. Quand un domaine est dans votre famille depuis le 16ème siècle, le souci premier n’est pas de fourguer à la presse le dernier millésime en date, mais de perpétuer une tradition, et de transmettre aux générations futures un domaine dans le meilleur état possible. Façon de parler, Monsieur le Comte n’a rien «à vendre», il ne veut pas vous convaincre, il fait son travail de vigneron, il le fait bien, et ses vins sont plus «vendeurs» que lui.

 

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Henri d'Assay 

Depuis la fin des années 90, à Tracy, on n’utilise plus de pesticides, on enherbe, on leurre, on rogne, on ébourgeonne, on effeuille, on taille en vert, on trie par parcelles. Bref, on ne se simplifie pas vraiment la vie, mais c’est pour la bonne cause; l’expérience menée avec des replantations à haute densité va aussi dans ce sens – pas vraiment celui du mercantilisme, car les rendements à l’hectare ne font que  baisser.

Moi, ce genre de considérations, ça me rassure sur le genre humain. Bref, j’ai apprécié le discours, mais aussi sa traduction dans le vin.

D’abord, il y a la cuvée jeunes vignes, le «Mademoiselle de T» 2005.
Le Comte est plutôt modeste à son endroit; j’ai pourtant aimé ses notes de citron, légèrement pétrolées, au nez ; surtout, en bouche, la touche grillée, mais pas vanillée, est très bien fondue, l’équilibre gras/acidité est remarquable et la finale minérale lui redonne du punch.

Ensuite, il y a le Château de Tracy proprement dit ; en version 2006, cela donne un Pouilly très structuré, les arômes primaires de fruits frais commencent à s’équilibrer avec le côté pierre à fusil ; la bouche est complexe
La version 2005, étonnamment, est assez vive pour une année aussi chaude: notes d’agrumes au nez, avec une touche de silex ; en bouche, retour du fruit (avec un côté poire mûre). Apothéose finale avec des notes de pêche, soutenues par une acidité bien fondue.

Enfin, il y a la nouvelle cuvée Haute Densité. Le vin est issu d’une parcelle d’un petit hectare de sols calcaires, planté à raison de 17.000 pieds. Les vignes ont huit ans, c’est l’histoire d’une intuition, d’un pari, d’une recherche des limites. L’idée était que des vignes mises en forte concurrence plongeraient plus profondément dans le sol.
Le 2004, présenté en février 2007, est le premier millésime produit (à Tracy, on prend son temps, je vous dis). Objectivement, cela donne un vin assez… intéressant. Au nez, la citronnelle et l’ananas dominent ; en bouche, l’acidité est marquée, la matière importante ; mais rien de monstrueux, non, de l’élégance malgré le volume. Bref, un vin de classe. 4.200 bouteilles produites, à peine 30 hectos à l’hectare.

Tracy, c’est la classe, la vraie.

                        (c) Hervé Lalau

Contact : Château de Tracy, 00 33 3 86 26 15 12

06:21 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |