20 juin 2015

Le Soleil Nantais des Frères Guilbaud

Vieille famille vigneronne du pays nantais, les Frères Guilbaud (la troisième génération est aux commandes) ont leur cave au lieu dit Beau Soleil, à Gorges. Pas étonnant, dès lors, qu'ils aient baptisé une de leurs belles cuvées du nom de Soleil Nantais.

Ce Muscadet de Sèvre assemble des jus provenant de différentes parcelles du domaine familial réparties entre Mouzillon, Vallet et le Pallet; côté sols, du schiste un peu de gneiss, un peu de gabbros. Bref, un bel aperçu des terroirs nantais.

Le vin n'a pas fait sa malo - on préfère garder un peu d'acidité.

Guilbaud © H. LALAU.jpg

J'ai apprécié ce vin pour sa nervosité; le nez évoque la pomme et la poire, un peu d'acacia et d'agrumes; la bouche révèle des épices, notamment du poivre, mais aussi, à nouveau, des agrumes (citron, cédrat confit); c'est assez mûr, concentré; en un mot comme en cent, le soleil nantais a joué son rôle.

Qui a dit que le Muscadet était un vin dilué?

Contact: Guilbaud Frères

14:08 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : muscadet | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

18 mai 2015

Ode au Saint Pourçain blanc, et au tressallier en particulier

Parmi les blancs de Saint Pourçain dégustés lors de l'opération Ici commence la Loire, au début de ce mois, bon nombre m'ont fait très bonne impression. Aurais-je un faible pour le Tressallier? Si c'est le cas, c'est totalement nouveau - je ne crois pas en avoir jamais dégusté auparavant. D'autre part, j'aurais du mal à vous dire dans quelle proportion ce cépage a pu influencer mes dégustations, puisqu'en théorie, il est toujours allié à une ou deux autres variétés, à savoir Chardonnay et Sauvignon. Et cet alliage n'est pas sans intérêt - même si, c'est vrai, j'aimerais bine savoir ce que le Tressalier donne in purezza, comme disent les Italiens.

Bref, s'il fallait n'en retenir que deux des vins qui m'ont titillé les papilles ce jour-là (ce qui est difficile), je prendrais les deux cuvées du Domaine Grobot-Barbara.

D'abord, Les Maltotes IPP 2013, pour ses arômes citronnés et floraux, sans oublier les fruits tropicaux (ananas), et le côté tranchant de sa bouche - vive, mais pas mordante, car de texture solide, sans oublier une touche de salin en finale.

GrosbotBarbaraMaltotes.jpg

Ensuite, la cuvée SAS Prince Charles Henri de Lobkowicz 2013. Ici aussi, les agrumes dominent, mais l'on part très vite vers le miel et les fleurs blanches, la bouche étonne par son gras, sa présence, la finale vous laisse sur une sensation de plénitude, et pourtant, le vin est très joyeux aussi. 70% chardonnay, 30% tressallier... et cent pour cent Saint Pourçain.

 

GrosbotBarbaraSAS.jpg

A noter qu'il d'agissait de vins de 2013 - comme pour la plupart de bons blancs, un peu d'attente permet à l'acidité de mieux se fondre.

 

Autres coups de coeur en Saint Pourçain blanc: Domaine de Bellevue (Cuvée Origine), Famille Laurent (Calnite) et Olivier Gardien (Le Nectar des Fées). 

Loin de moi l'idée de me faire passer pour un expert en matière de tressallier, ni de Saint Pourçain en général, après seulement quelques heures de dégustation; mon propos si limite à vouloir vous dire qu'il se passe quelque chose dans ces vins, au moins pour moi; qu'ils apportent une note originale au concert des jolis blancs de France, et qu'il serait dommage de ne pas préserver cette originalité, voire de la développer.

Cela passe sans doute par une remise à l'honneur du cépage particulier de l'Appellation. Un cépage qui n'est jamais qu'un des petits frères du Chardonnay, puisqu'ils ont les mêmes parents -Pinot et Gouais, tout comme l'Aligoté. Les passionnés de l'ampélographie auront d'ailleurs remarqué qu'on le retrouve ailleurs sous le nom de Sacy (dans l'Yonne), ou d'Aligoté vert. Cependant, les gens de Saint Pourçain ont beau jeu de faire remarquer qu'il ne s'agit pas tout à fait des mêmes clones.

S'ils sont fiers de leur tressallier - à juste titre - on ne peut que s'étonner que leur appellation ne prévoit pas de l'utiliser pur. Ce n'est pas qu'une question de matériel végétal, c'est une question d'identité; il est à noter que la tradition de la Loire, région de laquelle Saint Pourçain se revendique, n'est pas celle de l'assemblage, mais plutôr des mono-cépages (melon, chenin, sauvignon ou chardonnay, mais rarement ensemble); sans compter qu'un cépage original pourrait se révéler demain un bon levier pour la communication, notamment à l'exportation où les varietals restent une clé d'entrée importante pour le choix d'un vin.

Les Saint Pourçain blancs sont bons, il serait dommage de ne pas pouvoir mieux en affirmer et la qualité, et la différence.

Hervé Lalau

 

09:34 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : saint pourçain, tressailier | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |