05 août 2010

Lien au terroir

Tout le monde ne tire pas à boulets rouges sur la réforme de l'agrément, dans le vignoble français.

Ainsi de François Chidaine, à Montlouis, qui explique à nos confrères de Vitisphère quelques avantages du nouveau système: "La réforme incite le vigneron à plus réfléchir à ce qu’il va mettre en bouteilles, parce que le lot peut être retiré du marché, ce qui oblige à avoir une certaine rigueur dans la production. Parmi les gens qui étaient un peu fébriles par rapport au cahier des charges, quatre ou cinq ont quitté l’appellation. Ils n’avaient jamais joué la carte, ils ne voulaient pas de rigueur à la production, ni à la vinification. Ils font maintenant du vin de table ou du vin de pays.
Il n’y a plus d’obligation de faire de l’appellation, on le fait si on a envie, avant c’était tellement permissif que tout le monde en faisait. Finalement, tout le travail fait par notre appellation depuis des années est validé par la réforme."

Pour rappel, avec la réforme, les cahiers des charges des appellations doivent être réécrits pour que soit mis en avant le fameux "lien au terroir", socle de l'AOC/AOP.

08:39 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : terroir, odg, montlouis | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

25 avril 2010

Mon grain de sucre sur les Coteaux du Layon

Juste un grain de sel, non de sucre, à propos des Coteaux du Layon, dont j'ai pu déguster quelques échantillons lors du dernier Salon d'Angers.

N’y a t-il pas comme un problème de définition de cette appellation?

Pour moi, le Côteaux du Layon est l’archétype du grand liquoreux profond, botrytisé, de préférence – d'ailleurs, n’est-ce pas la principale promesse de l'appellation que son microclimat local? Sinon, on ferait du Layon ailleurs....

Pourtant, aujourd’hui, une fois sur deux, sous l'appellation, on se retrouve face à un vague demi-sec, plus doucereux qu’autre chose. Avec de l’acidité, souvent, mais du végétal aussi, et aucune complexité; comme si la buvabilité s'obtenait au prix d'une sous-maturité.

Et puis la buvabilité d’aujourd’hui, qu’est-ce que j’en ai à faire? Qui dit Layon ne dit-il pas des crus qui défient le temps, et qui, au fil des décennies, avaleront une bonne partie de leur sucre? J’ai encore des Rochefort 86 de Grosset dans ma cave, et je les garde précieusement.

 

Grosset

Mon idée du Coteaux du Layon: liquoreux... et déjà évolué


Oui mais en attendant, il faut vendre, me direz-vous. D’accord, mais pourquoi sous ce nom-là? Depuis 2002, le décret d’appellation prévoit bien un minimum de sucre (naturel) pour les vins déclarés en «Sélections de grains nobles» (234 g/L), sans enrichissement. Pourquoi ne pas élargir ce type d’information?


Si le Layon veut respecter son consommateur, je préconise de faire passer les versions «easy drinking» en Anjou blanc; ou à tout le moins, de segmenter l’appellation: demi-doux, moelleux ou liquoreux, avec mention sur l’étiquette. On pourrait aussi indiquer le taux de sucre via un petit picto, comme les Suisses le font avec leurs Amignes, de une à trois abeilles.

Il paraît que la France entière réécrit ses décrets d’appellation, actuellement.  Dans ce cadre, mieux informer le consommateur sur ce qu’il achète, voilà qui serait plus utile que les guerres pichrocolines des Chaumes. Quarts de Chaumes, qui ne profitent guère qu’aux avocats…

Bon, je n'ai pas la prétention de vous apprendre votre métier, alors chers amis vignerons du Layon, chers élus, votre avis m’intéresse.

00:23 Écrit par Hervé Lalau dans Loire | Tags : layon, loire, opinion | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |