23 décembre 2010

L'Hurluberlu, vin allégorique

Ca bouge, à Waterloo. La morne plaine (à ce qu'on dit) vient d'accueillir un nouveau supermarché totalement consacré au bio. En lieu et place d'un Go Sport.

Ce qui tendrait à prouver que les Waterlootois sont plus gourmands que sportifs, mais je digresse.

Le nouveau magasin s'appelle Séquoia, c'est le 3ème du genre, ils tous proches de Bruxelles, et on y trouve une foule de produits bio, aux marques souvent confidentielles sauf pour les inititiés. D'ailleurs, quand on entre là, on a un peu l'impression de changer de monde. Sensation d'espace, ambiance un peu zen, drôles d'emballages, et je ne vous parle pas du look de certaines clientes. Diversity, brothers & sisters. Le bobo, parfois, ça fait mal... aux yeux. Mais un mien copain qui affectionne les anoraks orange et les t-shirts aux motifs porcins me dit que je suis vieux jeu avec mes cravates et mes vestons, alors...

Bref, ce magasin possède un petit rayon vin, et c'est là que j'ai déniché L'Hurluberlu, un Saint Nicolas de Bourgueil que j'avais déjà croisé lors d'une dégustation IVV, mais dans un autre milllésime. Celui-ci, c'est le 2008. Bouteille bordealise légère, capsule à vis, look résolument jeune, on est guère dans les canons traditionnels de ce petit morceau de Loire bien tranquille, mais j'ai voulu vérifier ce qu'il y avait dedans. Bien m'en a pris, car j'aime ce vin, et bien au delà de sa présentation.

Hurluberlu.jpgLe vin de terrasse par excellence (enneigée, la terrasse, s'entend).

Pour son fuit très pur (fraise, cerise, framboise groseille, on croirait une confirure aux 4 fruits, sauf que ça n'a rien de confituré), sa vivacité, son petit côté espiègle aussi, en bouche - du genre: tu m'as mls sur ta langue, tu ne vas pas en avoir de regrets, j'y suis j'y reste. Et un joli grain. Comme on dirait d'un grain de peau, si vous me passez l'allégorie rudement érotique pour une veille de veillée de Noël.

Bref, beaucoup de présence, de prestance, un vrai seigneur en habits de maraud. Un vin vrai qui vous fait chaud à l'âme et même au reste, si vous voyez ce que je veux dire.

Je l'ai dégusté bien frais, pourtant - il faut dire qu'actuellement, j'ai agrandi mon frigo aux dimensions de ma terrasse, c'est l'avantage de ce joli début d'hiver... En plus, comme ma rue n'est pas déneigée, je ne suis pas tenté de rouler. Et donc je bois. Allez-gorique!

 

 

 

 

 

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Loire | Tags : vin, vignoble, loire, bourgueil, saint nicolas de bourgueil | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

22 décembre 2010

Pas de bulles en IGP de Loire

Le Journal du Vin publie cet entrefilet qui me laisse songeur: "Les producteurs de vins de pays du Val de Loire ont fait machine arrière, et ont finalement abandonné leur projet de mettre sur le marché des vins de pays effervescents, avec la mention Loire sur l’étiquette. Le projet avait fait beaucoup de bruit dans le vignoble ligérien, et avait notamment soulevé l’hostilité des vignerons d’appellation. Le syndicat des vins de pays a donc décidé de ne pas l’inscrire dans son cahier des charges, qui sera en vigueur pour les vendanges 2011."

A ma connaissance, il n'y a plus de vins de pays en France ni en Europe, juste des IGP et des AOC/AOP, ou bien des vins sans indication de provenance.

Si le Journal du vin fait allusion aux IGP du Val de Loire (dont la "raison sociale" reste à définir), je ne vois pas en quoi le fait qu'ils soient ou non effervescents change quoi que ce soit à leur provenance (l'IGP reconnaissant un territoire, pas un terroir, et ce territoire ayant démontré depuis des lustres qu'il était propice à la bulle).

Si leur syndicat (ODG?) s'oppose à ce qu'on inclue des effervescents dans leur cahier des charges au nom d'une concurrence possible avec les AOC de la région, je trouve ce scrupule bien curieux: pourquoi juste les effervescents? Et puis, se rogner ainsi volontairement les ailes n'est-il pas contraire à la philosophie du nouveau système européen qui prétendait libérer les vins hors AOC des contraintes qui pesaient sur eux, afin de les aider à concurrencer les pays tiers?

Vraiment, je ne vois aucune raison objective à ce revirement, mais plutôt la marque d'un marchandage entre opérateurs.

 

22:45 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Tags : vin, terroir, territoire, igp, loire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |